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Le procès (1962) Orson Welles

par Neil 11 Novembre 2010, 09:31 1960's


Fiche technique
Film allemand, italien, français
Genre : On est tous fliqués
Titre original : The trial
Scénario : Orson Welles, d’après l’œuvre de Franz Kafka
Musique : Jean Ledrut et Tomaso Albinoni
Directeur de la photographie : Edmond Richard
Avec Anthony Perkins (Joseph K.), Jeanne Moreau (Mademoiselle Bürstner), Orson Welles (Maître Albert Hassler), Romy Schneider (Leni)…

Synopsis : Un matin, Joseph K, un employé de bureau sans heurt et sans reproche, voit débarquer chez lui deux policiers qui l'arrêtent. Traîné devant un tribunal, K ne sait pas de quoi il est accusé, et se retrouve prisonnier des engrenages d\une justice tentaculaire et absurde.

Mon avis
: Absurde, vous avez dit absurde ? Comme c'est absurde...

Avec le recul, qui d’autre que Welles aurait bien pu adapter Le procès ? Quel autre réalisateur aurait eu ce mélange de maîtrise et de folie pour mettre en images l’univers oppressant de Franz Kafka ? Bien peu sans doute. D’autant qu’en 1962, Welles est dans une situation délicate : son talent n’est pas reconnu par le public américain, les studios ne lui font plus confiance et il s’embourbe dans le tournage d’un Don Quichotte qui restera inachevé. Paranoïa, sentiment d’injustice, rébellion : sa vie privée semble alimenter le processus créatif.

Ce qui est drôle c’est que Welles aborde avec circonspection le tournage de ce film : il n’adhère pas forcément à l’ensemble du propos de Kafka et n’apprécie pas tellement cet antihéros qu’est Joseph K. Pourtant, il est d’une fidélité consciencieuse à la narration du roman, même s’il adapte quelques détails (le sublime prologue réalisé par Alexandre Alexeïeff par exemple, judicieusement avancé par rapport au roman). Il apporte aussi un traitement moderne et glisse quelques autoréférences amusantes, notamment à Citizen Kane ou à La dame de Shangaï. On est à la fois frappés par la froide construction des décors (le contexte de la guerre froide est tout proche) et leur surréalité oppressante qui confère une dimension cauchemardesque au film.

Anthony Perkins
colle parfaitement à un personnage principal complexe, à la fois pétri de culpabilité et épris de liberté. De la profusion de second rôles se détachent Orson Welles dans un rôle démesuré taillé … sur mesure et Romy Schneider en séductrice ambiguë. Le trop plein de personnages et d’intrigues renforce le côté baroque du film mais peut exaspérer un spectateur/acteur que la mise en scène met à contribution tout au long du film. On sort de la projection KO tant les aventures de K. trouvent des échos en nos propres expériences ; mais n’est-ce pas un des intérêts des plus grands films que de faire réfléchir sur le sens de notre existence ?

Ma note : ***

commentaires

Eeguab 11/11/2010 20:54


Ah la gare d'Orsay de Welles.Concernant O.W. je ne commente pas davantage, le tenant pour l'un des tenants du podium versant américain avec Chaplin et Stroheim. Stupéfiant sur Kane,frère d'armes de
Shakespeare,le seul,inquiétant sur Arkadin,etc...etc....J'en ai déjà,parlé plusieurs fois.


Neil 12/11/2010 09:51



Eh oui, difficile de parler de Welles tant tout ce qu'on pourra dire sera en deça de la réalité... un vrai monument !



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