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La cité de Dieu (2002) Fernando Meirelles

par Neil 27 Mai 2006, 09:40 2000's

Fiche technique
Film brésilien
Titre original : Cidade de Deus
Genre : Violences urbaines
Durée : 2h15
Co-directrice : Katia Lund
Scénario : Braulio Mantovani, d’après l’œuvre de Paulo Lins
Musique : Antonio Pinto
Directeur de la photographie : Cesar Charlone
Producteur : Walter Salles
Avec Alexandre Rodrigues (Fusée), Douglas Silva (Petit Dé), Darlan Cunha (Filé-Com-Fritas), Phelipe Haagensen (Bené), Seu Jorge (Manu Tombeur)…

Synopsis : Dans une favela qui a vu le jour à Rio de Janeiro dans les années soixante, Fusée est un gamin noir, pauvre, trop fragile pour devenir hors-la-loi, mais assez malin pour ne pas se contenter d'un travail sous payé. Il grandit dans un environnement violent, mais tente de voir la réalité autrement, avec l’œil d'un artiste. Il rêve de devenir photographe professionnel. Petit Dé, un enfant de onze ans, emménage dans la Cité. Il souhaite pour sa part devenir le plus grand criminel de Rio et commence son apprentissage en rendant de menus services à la pègre locale. Il admire Tignasse et son gang, qui arraisonnent les camions et cambriolent à tout va. Tignasse donne à Petit Dé l'occasion de commettre un meurtre, le premier d'une longue série... (allocine)

Mon avis : Qui sème le vent récolte la tempête

Au commencement était un livre, le livre de Paulo Lins, un « enfant de la balle ». Né dans une favela de Rio de Janeiro, il y passera 25 ans de sa vie. Devenu professeur à l’université, il racontera la vie dans ces bidonvilles avec son premier roman, La cité de Dieu. Le succès du livre met la puce à l’oreille de Fernando Mereilles, réalisateur brésilien jusqu’alors peu connu en dehors de son pays natal. Succès phénoménal, le film recevra les prix brésiliens du meilleur film et du meilleur réalisateur en 2002. Une série suivra, La cité des hommes, tandis qu’une suite au long métrage est déjà en préparation avec semble-t-il un autre réalisateur.

Le récit nous est raconté par Fusée, jeune homme passionné de photo dont le frère fait partie d’un gang. On va suivre les destins entrecroisés de plusieurs personnages de la favela avec comme toile de fond Fusée et ses velléités de quitter cet environnement hostile. Il se rend d’ailleurs très vite compte que ce n’est pas qu’une marotte, c’est une question de survie : entre les règlements de compte, la violence plus ou moins gratuite et les trafics de drogue, il ne trouve pas sa place dans cette communauté. Le problème c’est que quand il essaye de faire sa vie ailleurs, son passé le rattrape inexorablement : on ne s’échappe pas si facilement de La cité de Dieu.

Grâce à une réalisation à couper au couteau et à un montage frénétique, Mereilles fait de nous pratiquement des partie prenante de ce récit violent et sans concessions. Les trajectoires individuelles des protagonistes de La cité de Dieu sont ancrées dans une réalité édifiante mais pas misérabiliste. Le travail sur la lumière est particulièrement intéressant pour souligner les différentes ambiance au fil du temps au fur et à mesure que note « héros » grandit durant les années 1960 et 1970. Tous les acteurs, en majorité non professionnels au moment du tournage, sont étonnants de sincérité et d’une rage quasi animale. Un film authentique et fulgurant, nécessaire à une prise de conscience à l’heure de la mondialisation.

Ma note : ***

La cité de Dieu (2002) Fernando Meirelles
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