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Le cuirassé Potemkine (1925) Sergeï M. Eisenstein

par Neil 2 Novembre 2014, 06:03 1920's

Fiche technique
Film russe
Date de sortie : 12 novembre 1926
Titre original : Kniaz Potiomkin
Genre : insubordination maritime
Durée : 1h10
Co-réalisateur : Vlamidir Barsky
Scénario : Nina Agadzhanova et Sergeï M. Eisenstein
Image : Vladimir Popov et Edouard Tisse
Musique : Edmund Meisel
Avec Alexandre Antonov (Vakulinchuk), Vladimir Barsky (Commandant Golikov), Grigori Alexandrov (Chef officier Giliarrovsky), Mikhail Gomorov (Un marin), Julia Eisenstein (Citoyenne d’Odessa), Sergeï Mikhailovich Eisenstein (Un citoyen d’Odessa)…

Synopsis : en janvier 1905, éclate la première révolution russe, suivie le 14 juin de la révolte des marins du "Potemkine". Ce qui au départ s'annonçait comme une petite protestation d'un équipage lassé et furieux de n'avoir à manger que de la viande pourrie a dégénéré en une véritable insurrection dans le port d'Odessa. (allocine)

Mon avis : debout les damnés de la terre

A la base du Cuirassé Potemkine, le Comité pour la Commémoration de la Révolution de 1905 confie à Sergeï M. Eisenstein le tournage d’un film pour le vingtième anniversaire des événements d’Odessa. Le réalisateur prévoit alors avec la scénariste Nina Agadzhanova huit épisodes dont la mutinerie du Potemkine ne serait qu’une partie. Les conditions climatiques vont finalement obliger Eisenstein à se concentrer sur le seul épisode du Potemkine. Une reconstitution minutieuse s’opère alors, agrémentée de séquences qui n’ont jamais eu lieu et ne figuraient pas dans le scénario, comme la descente des escaliers, rendue célèbre par les clins d’œil émaillés dans de nombreux films (Les incorruptibles, Brazil…)

Il dégage une force incroyable du Cuirassé Potemkine, réalisé par un tout jeune homme (Eisenstein avait 27 ans et un seul film à son actif). Dès le début on est scandalisés par la vision en gros plan de ces vers de terre grouillant dans la viande qui s’apprête à être servie aux marins. Un montage très habile nous montre ensuite comment un événement somme toute mineur va amener ces hommes à se révolter contre leurs oppresseurs et entraîner la population de leur côté. Un véritable souffle épique traverse le film accompagné d’images choc comme cet enfant touché par une balle sous les yeux effarés de sa mère et piétiné par la foule apeurée.

Ce qui frappe aussi dans Le cuirassé Potemkine c’est le caractère anonyme des protagonistes : on s’intéresse ici à une révolte collective, pas à des actes isolés. L’important est de montrer comment les opprimés peuvent s’unir pour combattre les tyrans ; c’est un film hautement politique qu’on pourrait presque prendre pour un documentaire tellement les images sont suggestives.

Le seul personnage du Cuirassé Potemkine qui est mis en avant est Vakulinchuk, alias Alexandre Antonov, victime symbolique puisque c’était un des artisans de la mutinerie. La séquence où des hordes d’anonymes viennent se recueillir sur sa dépouille est particulièrement fascinante. Rarement on aura vu un film muet avec une telle puissance et un tel potentiel émotionnel. On ne le célèbre d’ailleurs pas pour rien encore aujourd’hui comme l’un des piliers de l’histoire du cinéma.

Ma note : ****

Le cuirassé Potemkine (1925) Sergeï M. Eisenstein

commentaires

Matoo 02/11/2014 14:25

Moi j'avais été épaté par sa puissance narrative à un moment où le cinéma balbutiait. On n'a pas besoin du son ou de dialogue, et le film n'est pas chiant ou long, on est au contraire pris par ce qu'il raconte, son action et une drôle de modernité !! Sacrée prouesse pour ce mec de 27 ans !!

neil 06/11/2014 10:37

Oui, le film emporte le spectateur par sa narration, et sa mise en scène participe à la fascination. Une belle gageure en effet.

Benoît 09/04/2007 00:01

Et bien voilà, j'ai fait le tour de ton blog et je termine par LE film qui m'a donné envie de découvrir le cinéma... Et plus particulièrement par sa fabuleuse scène des escaliers ! Mythique. Eisenstein est un pilier du cinéma mais lui-même dira que D.W. Griffith était "un Dieu vivant" et que sans lui, le cinéma russe n'aurait pas connu de formidables lettres de noblesse...
J'aime beaucoup ton blog et je trouve tes avis très pertinents !
A bientôt, sans aucuns doutes !

kfigaro 20/12/2006 16:31

Je l'ai découvert sur le tard mais je n'ai pas été déçu du voyage, la photo et surtout les contrastes de lumière dans les scènes sur le bateau sont vraiment dune modernité renversante...

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