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Videodrome (1982) David Cronenberg

par Neil 13 Mars 2015, 06:04 1980's

Videodrome.jpgFiche Technique
Date de sortie : 16 mai 1984
Film canadien
Genre : Pamphlet à tendance gore
Durée : 1h28
Scénario : David Cronenberg

Image : Mark Irwin
Musique : Howard Shore
Directeur des effets spéciaux : Rick baker
Avec James Woods (Max Renn), Debbie Harry (Nicki Brand), Peter Dvorsky (Harlan), Sonja Smits (Bianca O’Blivion), Lelslie Carlson (Barry Convex), Jack Creley (Brian O’Blivion)…

Synopsis : le patron d'une petite chaîne érotique sur le câble capte par hasard un mystérieux programme pirate dénommé Vidéodrome, qui met en scène tortures et sévices sexuels. Son visionnage provoque peu à peu des hallucinations et autres altérations physiques. La frontière entre réalité et univers télévisuel devient bien mince, et la folie guette... (allocine)

Mon avis : vous regardez trop la télévision

Tel est le message que semble vouloir nous transmettre David Cronenberg avec
ce long métrage. Le cinéaste, jusque là catalogué « virtuose de la série Z » va grâce à Videodrome accéder au rang d’auteur et de réalisateur culte. Il fabrique depuis ses débuts une filmographie étrange et fascinante obsédée par les mutilations corporelles et autre malformations (Chromosome 3, Scanners, La mouche) ainsi que par la dualité ou les fantasmes sexuels divers (Faux semblants, M. Butterfly, Crash). Videodrome combine ses thèmes avec les dérives technologiques modernes, tout comme dans eXistenZ plus de dix ans plus tard.

Le héros de Videodrome est un directeur de chaîne peu scrupuleux qui fait son beurre sur les pulsions les plus basses des téléspectateurs. Plus c’est trash, plus il aime. Déjà on est bluffé par la modernité du propos vingt ans après. Il va être pris à son propre piège en devenant le proie d’hallucinations diverses et variées après avoir maté ce qui s’apparenterait apparemment à un « snuff movie », film où l’on fait subir sans trucage aucun des sévices sexuels et physiques à des individus jusqu’à leur mort. Max devient alors obnubilé par Vidéodrome (le titre du programme) et va enquêter pour en connaître les tenants et les aboutissants.

Ce qui frappe tout d’abord dans Videodrome c’est l’absence d’objectivité : on est conditionné par le point de vue du narrateur pendant tout le film. On voit ce que ressent Max Renn, on suit pas à pas toute sa transformation psychique et physique. Une imagerie gore renforce le malaise du spectateur, toujours au bord de l’écœurement mais pourtant attiré inexorablement par les images (à noter d’ailleurs l’excellent travail de Rick baker sur les effets spéciaux). Cependant le film ne se contente pas de son esthétisme fantastique, il y adjoint une réflexion plus qu’intéressante.

Cronenberg s’interroge avec Videodrome, en cette période de développement du support VHS, sur notre relation à l’image. Ou plutôt à l’écran devrait-on dire. Quelle est cette fascination qu’exerce cette petite lucarne sur ses spectateurs ? Y a-t-il un danger à en abuser, des dérives à éviter ? Et bien vingt ans après on peut constater non sans un certaine tristesse que, si l'image est datée, les thèmes sont toujours d’actualité, et que Cronenberg était véritablement un visionnaire de l’intéractivité et de la télé réalité. Allié d’un James Woods habité par son personnage et de la toujours aussi attirante Debbie Harry (la chanteuse de Blondie : vous vous souvenez, Call me… bref), il nous emmène dans un voyage riche d’interprétations qu’on est pas près d’oublier.

Ma note : ****

Videodrome (1982) David Cronenberg

commentaires

Moskau 16/11/2007 15:27

Je tente de combler mon retard (je n'ai vu "que" A History of Violence, Existenz, Les Promesses de l'Ombre, Dead Zone, Crash) dans la filmographie de Cronenberg. Hier soir c'était Videodrome (seul dans mon canapé, apparemment c'est l'idéal). Du fond, de la forme. Excellent.

Neil 16/11/2007 21:34

Et moi je viens de voir Les promesses de l'ombre (un article devrait suivre). Et oui, Videodrome est vraiment excellent :-)

kfigaro 20/12/2006 16:24

Impossible d'oublier non plus l'inquiétante musique électronique d'Howard Shore qui fera beaucoup parler de lui par la suite ! ;)

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