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Gozu (2003) Takashi Miike

par Neil 7 Septembre 2014, 05:48 2000's

Fiche technique
Film japonais
Date de sortie : 14 juillet 2004

Genre : road movie ubuesque
Durée : 2h07
Scénario : Sakichi Sato
Image : Kazunari Tanaka
Musique : Kôji Endô
Avec Hideki Sone (Minami), 
Kimika Yoshino (La femme mystérieuse), Sho Aikawa (Ozaki), Shohei Hino (N’ose), Renji Ishibashi (Le parrain), Keiko Tomita (L’aubergiste), Harumi Sone (Le frère de l'aubergiste)…

Synopsis : Minami, jeune yakusa, est dévoué à Ozaki, son aîné qui lui a sauvé la vie. Malgré tout, le parrain, patron des deux, demande à Minami de tuer Ozaki car Ozaki semble, depuis peu, perdre la raison. Minami, ne sachant plus à quel parrain se vouer, emmène Ozaki au quartier général des yakusa à Nagoya, mais, sur la route, les tragédies se succèdent. Minami se retrouve propulsé dans un monde où il va vivre de nouvelles expériences…

Mon avis : la petite musique de Miike

Aucun doute à avoir, on est bien avec Gozu dans un film de Takashi Miike. Le facétieux réalisateur, après avoir dynamité les genres codifiés du thriller ou du film de yakusa dans Audition et Ichi the killer, réalise ici un film inclassable et très personnel qui surfe avec talent sur de nombreux genres. Miike s’amuse visiblement à perdre le spectateur et à le tenir en haleine d’une façon malicieuse et iconoclaste.

Dès la première scène de Gozu  on est pris à rebrousse poil : on assiste avec un humour à froid et une fantaisie de bonne augure pour la suite du film à une réunion de yakusa qui se termine pour le moins bizarrement. S’ensuit un voyage en voiture entre deux yakusa à la manière de Takeshi Kitano, où est développée non sans humour la relation quasi filiale entre les deux protagonistes. Arrivé à Nagoya pour tuer son comparse, Minami est alors projeté dans un monde étrange que David Lynch n’aurait sans doute pas renié (cf. le personnage de N’ose, sorte de clown blanc issu de nulle part). Une dernière partie assez proche de l’univers de David Cronenberg cloue littéralement le spectateur avec un final d’anthologie.

Cette fin surprend d’ailleurs d’autant plus que le reste de Gozu est traité avec une lenteur particulière, amenant le spectateur à s’ennuyer parfois. Miike confirme d’ailleurs bien volontiers son intention de prendre le spectateur à contre-pied pour mieux voir comment il réagirait à une telle fin. Le film est truffé d’humour (la scène chez l’épicière américaine est irrésistible) et on y retrouve bien sûr les obsessions tantôt scatologiques tantôt sexuelles d’un réalisateur qui assume franchement ses perversions voire son mauvais goût.

Tout ça dans une ambiance tendue jusqu’au paroxysme final : avec sa réalisation impeccable à couper au couteau, Miike nous laisse pendant tout le film dans un état de fébrilité tel que la moindre ouverture de porte nous rend paranoïaque. Si Gozu paraît totalement opaque pour certains (une autre source inspiration a d’ailleurs sans douté été Luis Bunuel pour une séquence onirique de toute beauté), de nombreuses pistes de réflexions peuvent cependant être amorcée quant à sa signification analytique, même si au final il reste un pur moment de divertissement, totalement jouissif et complètement déjanté.

Ma note : ***

Gozu (2003) Takashi Miike
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