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Tess (1979) Roman Polanski

par Neil 8 Mai 2013, 05:35 1970's


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Fiche technique

Film français, britannique
Genre : drame
Durée : 3h10
Scénario : Roman Polanski, Gérard Brach et John Brownjohn, d’après l’œuvre de Thomas Hardy
Directeur de la photographie : Ghislain Cloquet et Geoffrey Unsworth
Musique : Philippe Sarde
Production : Claude Berri
Avec Nastassia Kinski (Tess Durbeyfield), Peter Firth (Angel Clare), Leigh Lawson (Alec d’Urberville), John Collin (Mr. Durbeyfield), Arielle Dombasle (Mercy Chant)…

Synopsis
: A la fin du XIXe siècle, un fermier anglais ayant découvert ses origines nobles ne supporte plus sa triste condition. Il envoie aussitôt sa fille Tess dans la famille bourgeoise qui a récupéré le titre nobiliaire. Tess est séduite puis abandonnée par un aristocrate, sir Alec d'Uberville.

Mon avis
: Tess ou les infortunes de la vertu


L’éclectique Roman Polanski nous propose en 1979 une relecture assez fidèle et très classique du roman victorien Tess d’Uberville de l’auteur anglais Thomas Hardy. Il avait découvert le roman grâce à sa première femme Sharon Tate, morte dix ans auparavant et à qui le film est dédié. Exilé en France, il tournera le film non sans difficultés et sa ténacité sera récompensée puisque le film décrochera moult récompenses, dont trois Césars et tout autant d’Oscars.


C’est l’histoire d’une jeune fille, pauvre paysanne du dix-neuvième siècle, dont les parents se découvrent par hasard des ancêtres aristocratiques. Bien décidés à sortir de leur misère, ils envoient leur fille aînée à la rencontre d’un prétendu cousin, usurpateur qui profitera de l’occasion pour séduire la jeune ingénue. S’ensuivent des péripéties toutes aussi malheureuses qui vont petit à petit forger le caractère de notre héroïne. Il faut dire qu’à la base elle est très jeune quand on l’envoie faire l’apprentissage de la vie ; elle ne connaît quasiment rien de la vie et surtout des hommes. La chute n’en sera que plus douloureuse.


Il faut croire que Roman Polanski prend un malin plaisir à faire souffrir cette pauvre Tess : aux rares moments de bonheur qu’elle a l’occasion de profiter se succèdent obstinément le coup du destin qui lui fera cher payer son optimisme. C’est sans doute ce qui la poussera inconsciemment à vouloir se faire violence et presque accepter ce destin tragique qu’elle pense inévitable. La diaphane Nastassia Kinski porte le film tout à fait honnêtement, sans livrer de performance d’actrice phénoménale mais avec une lueur dans le regard qui ne laisse personne de marbre (la caméra de Polanski y compris, qui semble la regarder bien amoureusement).


La qualité indéniable de Tess réside sans aucun doute la rigueur et la fidélité qui est portée non seulement à l’œuvre littéraire, reprise dans ses très grandes lignes, mais aussi et surtout à l’époque : les costumes, les décors mis en valeur par une très belle photographie concourent à une quasi perfection esthétique. Le contrepoids de cet esthétisme est une certaine lourdeur dans la mise en scène : on dirait que Roman Polanski est lui-même coincé dans un corset trop serré qui l’empêche d’apporter à cette œuvre romantique les envolées lyriques qui lui auraient apporté son souffle. On obtient un film d’une qualité sans faille, un de ces beaux portraits de femme qui cherche sa voie dans l’Angleterre du siècle dernier dominée par les hommes, mais un film qui manque un tantinet de chaleur pour convaincre totalement.

Ma note : ***

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commentaires

D&D 09/06/2013 14:26


Je crois que je ne l'ai jamais vu, en fait. Ou alors, trop jeune à la télé, pas pour de vrai, quoi :-) 


C'est jamais désagréable de voir Nastassia...

Neil 10/06/2013 11:54



Le film ne marque pas vraiment, même si effectivement la Kinski est toujours agréable à voir à l'écran.



ideyvonne 08/05/2013 19:44


Je l'avais vu au ciné lors de sa sortie et le film m'avait paru long, mais long! Depuis je l'ai revu à la tv, et bien que l'on ai envie de suivre cette pauvre Tess, ça m'avait encore paru trop
long.

Neil 11/05/2013 13:31



C'est vrai que le film a pas mal de longueurs, malgré ses qualités.



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