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Millennium mambo (2001) Hou Hsiao Hsien

par Neil 2 Juin 2006, 09:06 2000's

Fiche technique

Film taïwanais

Genre : jeune paumée

Durée : 1h59

Scénario : Chu Tien-Wen

Directeur de la photographie : Lee Ping Bing Mark

Musique : Yoshihiro Hanno et Giong Lim

Avec Shu Qi (Vicky), Tuan Chun-Hao (Hao-Hao), Jack Kao (Jack), Yi-Hsuan Chen (Xuan), Yun Takeuchi (Jun)…

Synopsis : Vicky est une jeune femme partagée entre deux hommes, Hao-hao et Jack. Le soir, elle est employée dans une boîte de nuit pour aider financièrement Hao-hao qui est au chômage. Hao-hao la surveille en permanence, qu'elle travaille ou non. Il vérifie ses comptes, ses factures de téléphone, les messages sur son portable et même son odeur, contrôlant ainsi ce qu\'elle fait en son absence. Vicky ne le supporte plus et décide de le quitter pour se réfugier chez Jack. (allocine)

Mon avis : Ah, les jeunes de nos jours…

Un des fils directeurs de la carrière d’Hou Hsiao Hsien (HHH pour les intimes) est la peinture du Taïwan d’hier (Le maître de marionnettes, La cité des douleurs) et d’aujourd’hui (Goodbye South, goodbye). Millennium Mambo fait partie de cette deuxième catégorie : le réalisateur avait initialement le projet de réaliser une trilogie sur la jeunesse fréquentant les boîtes de nuit à Taïwan. Il a également créé un site Internet qu’il compte alimenter d’images et de vidéos afin de montrer sa vision de son pays en temps réel .

En tout cas, les ambiances festives pour nyctalopes aguerris n’ont aucun secret pour le sémillant quinquagénaire. C’est en effet dans ce milieu qu’évolue notre héroïne, Vicky. Elle a à peu près vingt ans et a tout quitté pour vivre avec Hao-Hao, rencontré lors d’une de ces soirées. Elle se rend compte bien vite que cette relation ne mène à rien mais se trouve dans une situation inextricable : ayant arrêté ses études, elle n’arrive pas à se défaire de ce jeune homme qui l’entraîne dans la boisson et la drogue.

Autant dire que c’est un portrait statique de la jeunesse d’aujourd’hui qui nous est ici proposé. L’impression d’immobilisme est renforcée par la désynchronisation du verbe et de l’image : une voix off nous prévient de ce qui va arriver devant nos yeux, il ne nous reste plus qu’à suivre comme hypnotisés les événements fatidiques qui se déroulent dans une langueur moitié envoûtante moitié endormante. Gageons que le directeur de la photographie Lee Ping Bing Mark, qui avait aussi travaillé sur In the mood for love, n’est pas innocent dans la fabrication de cette douce torpeur qui accompagne le film.

Les qualités techniques du film ne sont absolument pas critiquables, et le choix de la sublime Shu Qi pour incarner Vicky n’en est pas moins judicieux. Elle nourrit son personnage d’une mélancolie et d’un mal de vivre qui la rendent très attachante, sorte d’apparition fantomatique dans cet univers moderne aux lumières et aux couleurs criardes. Seulement il faut bien avouer que le scénario de Chu Tien-Wen, fidèle de Hou Hsiao Hsien, n’est pas bien consistant. On est parfois à la limite de l’ennui à force de suivre les pérégrinations nocturnes des protagonistes en mal d’amour. C’est malgré tout un très réussi portrait universel d’une jeunesse en manque de repères et avide d’émotions.

Ma note : 7,5/10

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