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Règlements de comptes à O.K. Corral (1957) John Sturges

par Neil 7 Mars 2012, 06:13 1950's

Fiche technique
Film américain
Titre original : Gunfight at the O.K. Corral
Genre :  western crépusculaire
Durée : 2h02
Scénario : Leon Uris, d’après l’article de George Scullin
Musique : Dimitri Tiomkin
Directeur de la photographie : Charles Lang
Avec Burt Lancaster (Wyatt Earp), Kirk Douglas (Doc Holliday), Rhonda Fleming (Laura Denbow), Jo Van Fleet (Kate Fisher), Dennis Hopper (Billy Clanton), Lee Van Cleef (Ed Bailey)…

Synopsis : Après une longue carrière au service de la loi, Wyatt Earp décide de se ranger et de se mettre en ménage avec Laura Denbow. Mais ses plans de retraites sont contrariés par le clan Clanton qui s'attaque à son frère, également shérif. Aidé de Doc Holliday, il se rend sur les lieux du conflit… (allociné)

Mon avis : Les héros sont fatigués

Le personnage de Wyatt Earp, au centre de ce Règlements de comptes à O.K. Corral, a souvent inspiré les réalisateurs, de John Ford (et sa Poursuite infernale à Lawrence Kasdan avec Wyatt Earp. Il faut dire que c’est une figure mythique de l’Ouest américain, personnage pas si héroïque que ça d’après les biographes. Tout commence à Tombstone, petite bourgade du désert qui prospère grâce à un filon d’or et s’est développé à travers divers commerces plus ou moins illicites et autres maisons de jeux. Les frères Earp y acquièrent peu à peu une influence certaine dans tous ces domaines et sont bientôt opposés dans un affrontement sans merci à quatre autres frères, les Clanton, qu’ils vont abattre plus ou moins froidement.

Ne cherchez pas la reconstitution historique dans Règlements de comptes à O.K. Corral : Wyatt Earp y est un modèle de vertu, tout comme ses frères, et l’affrontement final qui semble-t-il ne dura que quelques instants y est superbement mis en valeur. Cependant il offre une vision moins idéalisée du Far-West que la version de John Ford. Nous sommes à la fin des années 50 et la mode, dans les western hollywoodiens, est plutôt à la remise en cause des valeurs qui fondèrent l’Amérique. John Sturges, qui est loin d’être un manchot dans le genre, nous dépeint ici des personnages assez tourmentés et, disons le, qui accusent un peu le coup .

On a dans Règlements de comptes à O.K. Corral une confrontation entre deux individus : Wyatt Earp, Burt Lancaster droit dans bottes, est un shérif honnête et droit. Il est la vertu incarnée, ne boit pas, ne fume pas et ne tolère pas qu’une femme s’avise de jouer au poker. Doc Holiday quant à lui, un Kirk Douglas bourru et cynique, ne vit que pour et par le jeu. Il passe sa vie à boire, à fumer et à maltraiter sa pauvre fiancée (l’excellente Jo Van Fleet). C’est tout l’intérêt du film que de nous dépeindre l’amitié qui va peu à peu se construire entre ces deux hommes que tout oppose. Malgré les conseils de leurs entourages, ils vont persister avec une fidélité étonnante à continuer leur petit bonhomme de chemin pour le meilleur et pour le pire. On verra même petit à petit les caractères de l’un dépeindre sur l’autre, comme deux aimants qui s’attirent et se rejettent à la fois. Le film est d’ailleurs construit sur cette ambivalence constante entre les deux amis, mais aussi entre Wyatt Earp et la belle Laura (Rhonda Fleming qui aurait pu bénéficier d’un traitement plus approfondi).

La mise en scène de John Sturges est classique dans Règlements de comptes à O.K. Corral, un petit peu trop peut-être d’ailleurs. C’est surtout les magnifiques décors naturels qui impressionnent, et on est aussi séduit par la musique lancinante de la chanson interprétée par Frankie Laine. Une chanson, qui, un peu comme dans Keoma, nous annonce à l’avance la tragédie inéluctable des personnages du film au fur et à mesure qu’ils passent devant le cimetière de Boot Hill. La mort est d’ailleurs omniprésente tout au long du film : comme une fatalité les héros doivent y passer, même s’ils ne souhaitent en fait plus qu’une chose, retrouver le calme et le repos d’un foyer, ce qui on le sait bien est contraire aux codes habituels du western et donc leur est de fait inaccessible.

Ma note : ****

commentaires

ASBAF 08/03/2012 13:15


Y a des putains de films au ciné et toi tu causes de vieilles VHS. Il y a Comme un chef, ça mérite un trikite ça.

Neil 08/03/2012 23:56



Ah oui, Comme un chef... je vais me presser de ne pas aller le voir celui-là... ^^



Platinoch 08/03/2012 11:06


Le tandem Earp/Holliday a en effet inspiré de nombreux films, comme Sept secondes en enfer ou encore le très mauvais Wyatt Earp avec Kevin Costner. Cette version bénéficie de la mise en scène
sobre et efficace de Sturges et de la complicité du duo Lancaster/Douglas. Pour autant, même s'il elle est plus idéalisée, je lui préfère la version de John Ford, en grande partie pour la très
belle interprétation de Victor Mature, qui fait un Doc Holliday beaucoup plus sombre.

Neil 08/03/2012 23:55



Le film de Ford est clairement supérieur et plus intéressant. Celui-ci ne manque cependant pas de charme, et l'interprétation y est en effet de qualité.



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