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Voyage en Italie (1954) Roberto Rossellini

par Neil 26 Février 2015, 06:21 1950's

Voyage_Italie.jpgFiche technique
Film italien, français
Titre original : Viaggio in Italia
Genre : couple en ruines
Durée : 1h20
Scénario : Roberto Rossellini et Vitaliano Brancati
Image : Enzo Serafin
Musique : Renzo Rossellini

Avec Ingrid Bergman (Katherine Joyce), George Sanders (Alexander Joyce), Maria Mauban (Marie), Leslie Daniels (Tony Burton), Natalia Ray (Natalie Burton), Paul Muller (Paul Dupont)

Synopsis : un couple d'Anglais traverse l'Italie pour aller vendre à Naples une villa dont ils ont hérité. Le voyage remet en question leur couple déjà fragilisé.

Mon avis : je ne t'aime plus, mon amour

La rencontre entre Roberto Rossellini et sa muse Ingrid Bergman mettra fin à la période néoréaliste du réalisateur. C'est une des grandes critiques que les italiens lui feront, en particulier avec ce Voyage en Italie. Pourtant, cette analyse d'un couple en déconfiture ouvrira par la suite la voie à de nombreux auteurs. On pense bien sûr à Michelangelo Antonioni qui usera de ce thème tout au long de sa filmographie. Mais là où Antonioni scrute avec froideur et distance ces couples qui se déchirent, Rossellini, lui, laisse une grande place aux sentiments et aux émotions qu'étreignent ses personnages. En cela la film préfigure la nouvelle vague dont les auteurs seront les premiers à reconnaître au film ses vertus et sa modernité.

Katherine et Alexander Joyce sont un couple d'anglais mariés depuis neuf ans faisant un voyage en Italie pour régler les détails d'une succession. Dès leur arrivée, ils commencent déjà à se chamailler et se posent des questions sur la solidité de leur mariage. Il faut dire que le contraste est flagrant : pour leur premiers moments d'intimité depuis leur union, ces deux britanniques se retrouvent dans un pays étranger en totale rupture avec  ce qu'ils connaissent. L'Italie de Voyage en Italie c'est l'exubérance latine, la dolce vita et les merveilles archéologiques. Tandis que Katherine, Ingrid Bergman toute en finesse et élégance, découvre avec émotion des richesses culturelles insoupçonnées, Alex, George Sanders, archétype de l'anglais rigide, se laisse aller aux délices du petit jeu de la séduction.

Petit à petit la découverte de l'échec de leur couple aura diverses répercutions sur l'un et sur l'autre. Ils se rendent compte bien malgré eux qu'ils ne sont pas heureux, mais aussi à quel point ils peuvent être jaloux et possessifs. Ce déluge d'émotions les déconcerte et les amène à remettre en cause tous les fondements de leur relation. Pourtant Rossellini ne s'encombre pas d'une étude psychologique fouillée à la Bergman. C'est bien les expériences vécues par les protagonistes de Voyage en italie qui les amènent à se remettre en question. Ainsi la découverte des joyaux du musée montrant une panoplie de statues d'hommes nus va perturber Katherine tandis qu'Alex perdra un peu de son flegme devant quelques belles italiennes rencontrées au gré de son périple. Ainsi c'est par l'image que Rossellini veut nous faire ressentir les émotions, pas par un discours dogmatique.  

Et des images, on en a à profusion, entre les superbes paysages italiens, l'impressionnante visite du Vesuve et la découverte d'un couple enlacé figé sur le site de Pompéi. C'est aussi en cela qu'on voit l'importance du film pour un auteur comme Godard, qui en reprendra quelques images dans Le mépris, là encore une histoire de couple fragilisé. Si le cinéma de Rossellini est difficile à appréhender, Voyage en Italie est peut-être un de ses films les accessibles. Ayant recours à des acteurs professionnels et connus, en racontant une histoire linéaire et universelle, il en facilite l'accès pour le spectateur. Cependant le film n'en reste pas moins rugueux et opaque pour qui ne se laisse pas aller à ses émotions. C'est toute l'ambiguïté du film : à la fois âpre dans son propos et sensuel dans sa manière de le démontrer, il peut aussi bien dérouter que charmer.

Ma note : ****
Voyage en Italie (1954) Roberto Rossellini

commentaires

ideyvonne 06/03/2015 19:26

Vu il y a peu sur une chaine ciné mais les "longueurs" et les silences entre les 2 personnages ont eu raison de moi (j'ai fini par zapper!) ce qui est rare car j'affectionne beaucoup Bergman et Sanders.

neil 06/03/2015 19:31

Ah oui, tiens c'est étonnant, je ne me souviens pas avoir eu ce ressenti en voyant le film.

Eeguab 01/03/2015 13:17

Film pour moi irremplaçable préantononionien et bouleversant, ce qui n'est pas incompatible. Au contraire de toi je dois à Rossellini la naissance de ma cinéphilie. C'était il y a longtemps,je ne l'ai jamais oublié.

neil 01/03/2015 14:13

Je peux le comprendre, et Rossellini est un grand du cinéma. Ce film me touche tout particulièrement, peut-être car il tranche avec sa filmographie. Et parce que c'est tout simplement un grand film.

Jonathan D. 25/02/2008 01:38

J'ai beau l'avoir vu, et passé un assez bon moment, je n'en garde pas non plus un souvenir impérissable.

Neil 26/02/2008 21:53

J'ai mis du temps pour ma part à l'apprécier, Rossellini n'étant pas mon réalisateur préféré. Un bon film cependant :)

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