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Gertrud (1964) Carl Th. Dreyer

par Neil 7 Mars 2015, 06:46 1960's

Gertrud.jpgFiche technique
Film danois
Genre : drame mondain
Durée : 1h59
Scénario : Carl Th. Drey, d’après l’œuvre de Hjalmar Söderberg
Image :
Henning Bendtsen
Musique : Jorden Jersild et Grethe Risbjerg Thomsen
Avec Nina Pens Rode (Gertrud Kanning), Bendt Rothe (Gustav Kanning), Ebbe Rode (Gabriel Lidman), Baard Owe (Erland Jansson), Axel Strobye (Axel Nygen)…

Synopsis : Gertrud, une jeune et jolie diva quitte Gustav, son mari, pour Erland Jansson, un compositeur. Mais lorsque ce dernier ne parvient pas à la rendre heureuse, elle le quitte et prend Gabriel pour amant. (allocine)

Mon avis : brûlure de la passion dans la froideur scandinave

L'ultime film de Carl Theodor Dreyer est une tragédie dans la plus pure acception du mot, sans concession aucune, distante et rigide dans sa forme mais incandescente et bouillonnante dans son propos. Le réalisateur danois qui admet, même si aucun de ses films ne se ressemble, s’être peu à peu rapproché du genre le plus pur de la dramaturgie jusqu’à cet aboutissement qu’est Gertrud, un film qui n’a pas été accueilli à sa juste valeur à l’époque.

Gertrud est une femme du monde, comme on dit. Mariée à un homme de pouvoir qui va bientôt devenir ministre, elle lui reproche de l’avoir peu à peu délaissée au profit de son travail. C’est pourquoi elle veut le quitter pour partir avec son jeune amant Erland. C’est alors que réapparaît l’homme qu’elle a le plus aimé, Gabriel Lidman, célèbre poète qu’elle a quitté des années plus tôt.

La beauté de Gertrud frappe dès les premières images du film. La photographie de Henning Bendtsen, célèbre chef opérateur danois, est absolument magnifique et fait jouer les personnages au gré des ombres et des lumières d’un noir et blanc impeccable. Les acteurs ont une rigidité assez fascinante qui a de quoi décontenancer. Moi j’avoue que j’adore ces postures héritées du théâtre qui mettent en scène deux personnages conversant non en face à face comme à l’accoutumée, mais un personnage face caméra et l’autre juste derrière de profil par exemple. Une mise en scène toute nordique qui sera reprise par Ingmar Bergman et qui porte facilement à la caricature, mais qui permet de resserrer la tension dramatique sur l’essentiel, à savoir le discours.

Car, malgré sa beauté, Gertrud n’est pas un film où l’image, même si elle est très bien léchée, est prépondérante. Ce qui compte, ce sont les discours révélant tous les tourments affectifs que ressentent les personnages, et en particulier la belle Nina Pens Rode. Elle incarne une femme qui rêve d’absolu, qui a cherché toute sa vie durant un amour qui la transcende et qui est inexorablement déçue par les hommes. Sans doute trop orgueilleuse, elle refuse toute concession et préfère vivre seule, et libre, que mal accompagnée. Serait-ce un message subliminal que voulait nous faire passer le maître danois  pour sa dernière réalisation ?

Ma note : ****

Gertrud (1964) Carl Th. Dreyer

commentaires

mlmp 20/06/2006 23:30

Alors je devais pas être dans mon état normal(fatigué du boulot et le voir en seconde partie de soirée) mais je me suis fait chier en voyant ce film! Il est vraie que la seule chose à sauver c'est la photo qui est magnifique!
C'est vraiment peu de dire que c'est plus du théatre que du film, tant les acteurs ne se regardent pas en se parlant (j'ai cru franchement au tout début du film que Gertrud était aveugle, c'est vous dire) et qu'ils se parlent aussi d'un ton monocorde!

Bref, le film doit avoir une qualitée scénaristique qui m'a échapé, mais je me fait fort de le revoir dans quelques années...

note: 1 étoile (3/10)

Neil 21/06/2006 10:46

Je te comprends totalement, c'est pas un film facile d'accès du tout. Moi, ces postures m'ont fait penser à Interieurs et je suis rentré dans le jeu assez facilement. Mais le film reste quand même austère et très épuré... c'est aussi ça que j'ai bien aimé moi personnellement. "_"

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