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Profession : reporter (1975) Michelangelo Antonioni

par Neil 20 Septembre 2013, 05:01 1970's

Profession_Reporter.jpgFiche technique
Film italien
Titre original : Professione : reporter
Genre : quête d’identité
Durée : 2h06
Scénario : Peter Wollen d’après l’histoire de Mark Peploe
Image : Luciano Tovoli
Musique : Ivan Vandor

Avec Jack Nicholson (David Locke), Maria Schneider (La fille), Ian Hendry (Martin Knight), Jenny Runacre (Rachel Locke), Steven Berkoff (Stephen), Ambroise Bia (Achebe)…

Synopsis : David Locke est un reporter américain basé en Afrique. Un jour où il se rend à son hôtel, il découvre le corps sans vie d'un homme lui ressemblant étrangement dans la chambre voisine. Il décide de lui prendre son identité et de vivre une nouvelle vie qu'il espère plus passionnante, ce qui l'amènera à rencontrer une mystérieuse femme qui semble aussi perdue que lui. Ce qu'il ne sait pas, c'est que le cadavre dont il a pris l'identité était un espion au service d'un groupe terroriste...

Mon avis : in the desert you can’t remember your name…

Le documentaire est un format qui a toujours attiré Michelangelo Antonioni. Pour preuve, il réalisa en 1972 un documentaire par ailleurs licencieux pour l’époque puisqu’il décrivait la vie quotidienne en Chine. Trois ans plus tard sort Profession : reporter qui représente la symbiose parfaite entre les formes documentaires et fictionnelles. Le film, qui réunit deux stars en pleine ascension (Jack Nicholson sort de Chinatown et Maria Schneider du Dernier tango à Paris), intercale quelques images réelles dans un récit qui mêle habilement la réalité et la fiction pour raconter une fois de plus chez Antonioni une histoire de recherche d’identité.

Dans un pays africain David Locke, journaliste de son état, découvre le cadavre d’un homme d’affaires, Robertson, dans la chambre à côté de la sienne. On apprend que les deux hommes se sont connus récemment et ont sympathisé. Isolé de toute civilisation et en proie à la fatigue de sa propre existence, David va subtilement prendre l’identité de Robertson. Les deux ayant deux visages se ressemblant, personne n’y voit malice. Poussé par la curiosité il va scrupuleusement suivre l’emploi du temps prévu par Robertson, et tout s’enchaîne parfaitement… jusqu’à ce que des individus plus ou moins louches se mêlent à l’histoire. Et que la propre femme de David ne se pose quelques questions sur sa disparition soudaine.

On peut le voir, Profession : reporter est à priori un polar. Mais qui dit Michelangelo Antonioni dit aussi règles éclatées. Une fois encore on peut le constater : l’enquête que mène David, même si elle soulève des problèmes lourds et passionnants comme le trafic d’armes en Afrique, n’a finalement aucune espèce d’importance. Le personnage principal du film est à la recherche de quelque chose en effet, mais quoi ? Las de son existence, il se rend compte dans ce coin du monde perdu dont tout le monde se fiche éperdument de la futilité de sa vie et rêve d’autre chose. La rencontre avec Robertson, un baroudeur qu’il soupçonne sans doute de moult aventures  lui a fait réaliser son désir d’autre chose. Plus tard la rencontre avec le jeune femme seule, jamais nommée, sera comme inévitable : ce sont tous les deux des passagers (le titre du film en anglais sera d’ailleurs The passenger) sur ce monde.

Et quel autre cadre que ce splendide paysage africain pourrait mieux révéler un homme à sa vraie nature ? Les images de Profession : reporter, que ce soit en Afrique, à Barcelone ou à Almeria, sont d’une beauté à tomber. Le film tourné en décors et avec une lumière naturels, est l’une des réalisations les plus achevées au niveau stylistique de Michelangelo Antonioni (et lui-même en convenait). La prestation de Jack Nicholson est étonnante de sobriété. Loin des excès dont il est capable (et souvent pour le meilleur), il compose ici par de fines touches un rôle d’homme tourmenté et introverti. La réflexion sur la condition humaine est passionnante et va finalement aboutir à la scène la plus célébrée du film, ce magnifique plan séquence à 360 degré qui dure sept minutes. En quelques instants Antonioni nous fait comprendre par un astucieux changement de points de vues l’inéluctable conclusion du film, et apporte par là même une superbe conclusion à un film bouleversant.

Ma note : ****

commentaires

D&D 01/10/2013 13:32


Sûrement un de mes Antonioni et un de mes Nicholson préféré. Me souviens que j'étais ado la première fois que je l'ai vu c'était en vidéo et que je n'avais presque rien capté ! La dernière fois,
il y a quelques années, c'était au Max Linder : l'expérience fut très différente. Le reverrai peut-être encore un jour...

Neil 01/10/2013 14:09



Ah oui je le reverrais volontiers. C'est également un de mes Antonioni préférés, j'ai été fasciné en le voyant.



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