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Sourires d'une nuit d'été (1955) Ingmar Bergman

par Neil 7 Novembre 2012, 06:38 1950's

Fiche technique
Film suédois
Titre original : Sommarnattens leende
Genre : marivaudage coquin
Durée : 1h42
Scénario : Ingmar Bergman
Musique : Erik Nordgren
Directeur de la photographie : Gunnar Fischer
Avec Eva Dahlbeck (Désirée Armfelt), Gunnar Bjornstrand (Fredrik Egerman), Ulla Jacobson (Anne Egerman), Jarl Kull (Carl Magnus Malcolm), Harriet Andersson (Petra), Margit Carlqvist (Charlotte)…

Synopsis : Le notable Fredrik Egerman a épousé en secondes noces Anne lorsqu’elle avait seize ans. Deux ans ont passé mais la jeune femme continue à refuser de s’offrir à lui. Egerman s’en confie à son ancienne maîtresse Désirée Armfelt. Mais celle-ci est courtisée par un homme marié qui a tôt fait de se brouiller avec Egerman. Afin de démêler ce sac de nœuds, Désirée propose à sa rivale Charlotte une association momentanée pour résoudre tous les conflits…

Mon avis : Eloge du libertinage

Qui a dit qu’Ingmar Bergman tard était un réalisateur austère ? Avec Sourires d’une nuit d’été il prouve au contraire qu’il sait faire preuve d’une légèreté et d’une frivolité exquise. On retiendra d’ailleurs que ce divertissement qui tourne autour d’un Shakespeare époque Songe d’une nuit d’été et de La règle du jeu de Renoir apporta la reconnaissance internationale du cinéaste déjà auteur d’une quinzaine de long métrages. Notons aussi que Woody Allen ajouta une pierre à cet édifice en réalisant sa Comédie érotique d’une nuit d’été, largement inspirée des œuvres sus-nommées.

Le cadre est classique : un avocat a une jeune épouse dont il n’est pas totalement satisfait. Il prend conseil auprès de son ancienne maîtresse, une actrice de théâtre elle-même engagée dans une liaison avec un homme marié. Tous les protagonistes de ce charmant petit vaudeville vont se retrouver pour un week-end à la campagne chez la mère excentrique de l’actrice. Les relations vont se nouer et se dénouer au gré des incidents plus ou moins hasardeux et des manigances des uns et des autres dans une ambiance coquine et plutôt festive.

C’est léger comme une coupe de champagne, Sourires d'une nuit d'été. Les dialogues concoctés par Ingmar Bergman sont drôles et spirituels et les situations cocasses s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Certes ce n’est pas très original, le thème du marivaudage est vieux comme le monde, mais Bergman prouve ici qu’il arrive à parfaitement maîtriser les codes du genre. Loin de développer un propos moralisateur ou conventionnel, il batifole ça et là sur des thèmes supposés triviaux comme le mariage ou le sexe (on notera que la religion ou la mort, sujets privilégiés du réalisateur, ne sont quasiment pas évoqués). Tout ça dans une ambiance champêtre des plus sympathique, avec un sens de l’esthétique toujours soigné et des acteurs (et actrices !) qui participent grandement à l’opération.

Les quatre actrices principales de Sourires d'une nuit d'été ne sont bien sûr pas étrangères à la douce sensualité qui émane du film. Chacune apporte sa petite touche de grâce d’une manière ou d’une autre : Eva Dahlbeck en maîtresse femme, forte et fragile à la fois, Ulla Jacobson avec son innocente candeur, Margit Carlqvist en femme blessée en manque d’amour et Harriet Andersson débordante de sensualité et de fougue. Elles forment à elles quatre une sorte de puzzle complexe et mystérieux qui dessine un portrait de femme en pleine émancipation mais qui demeure malgré tout toujours sous la férule de leurs amants. Des hommes qui nous sont présentés dans la pleine mesure de leur autorité mais aussi avec une distanciation et une ironie qui ne laissent pas dupe le spectateur. Le charme qui se dégage de Sourire d’une nuit d’été est communicatif et intemporel. A la manière des plus grands auteurs classiques, Bergman nous livre une œuvre simple et élégante, subtile et divertissante.

Ma note : ****

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commentaires

D&D 25/12/2012 22:22


C'est un des premiers Bergman que j'ai vu, je crois bien, donc il y a déjà un peu trop longtemps pour ma mémoire. Tu me donnes envie de le revoir. Je n'en ai plus une seule image en tête, j'ai
l'impression...

Neil 27/12/2012 09:44



C'est un bon début pour du Bergman je trouve. Il se revoie très facilement.



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