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L'enfance nue (1968) Maurice Pialat

par Neil 15 Avril 2015, 05:01 1960's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 25 janvier 1969
Genre : cinéma-vérité
Durée : 1h23
Scénario : Maurice Pialat et Arlette Langmann
Image : Claude Beausoleil
Producteurs : Claude Berri, Vera Belmont, François Truffaut et Mag Bodard
Avec Raoul Billerey (Roby), Michel Tarrazon (François), Marie-Louise Thierry (Madame Minguet), Linda Guntenberg (Simone), Maurice Coussonneau (Letillon)…

Synopsis : apres plusieurs tentatives auprès de familles d'accueil, un gamin de l'Assistance publique trouve compréhension et réconfort auprès d'un vieux couple. (allocine)

Mon avis : l’enfance de l’art


Tout le cinéma de Maurice Pialat est en germe dans ce premier long-métrage. Le tournage de L’enfance nue fut extrêmement difficile, le réalisateur se disputa avec nombre de ses collaborateurs, François Truffaut (ici producteur) le premier. L’idée de départ était de réaliser un documentaire sur les enfants de l’assistance publique (l’actuelle D.D.A.S.S.). Pialat remanie de nombreuses fois le scénario et fait appel à Arlette Langmann pour finalement peaufiner une trame de fiction inspirée des expériences des protagonistes.

Car il fait appel à des acteurs non professionnels pour incarner tous les personnages de son film, un film plein de vérité où l’émotion sourd de ces petits moments du quotidien. François est un gosse de dix ans, ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil. Sans aucun repère, il finit petit à petit par agacer ses parents d’accueil à tel point qu’ils finissent tous par en avoir assez et rendent l’enfant à l’Assistance publique qui le renvoie dans une autre famille.


Le portrait qui se dégage du film est celui d’un artiste sans concession, qui refuse le compromis et pousse ses collaborateurs dans leurs retranchements pour en extraire le meilleur. Maurice Pialat ne cherche sans doute pas à créer des ambiances tyranniques sur ses plateaux de tournage par simple caprice : il est en quête d’absolu et considère qu’il ne peut l’atteindre que par ce biais. Force est de constater que sur L’enfance nue le résultat est assez bluffant. La rigueur avec laquelle il présente les événements, sans aucun pathos, sans part-pris, juste la réalité des faits mis bout à bout, laisse transparaître une émotion vraie et simplement humaine, qui touche profondément.

François n’est pas un mauvais bougre : il est simplement un enfant de dix ans turbulent qui manque de cadre et finit toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Les parents du début de L'enfance nue, s’ils sont exécrable dans leur façon de parler d’un enfant comme s’il s’agit d’un produit de consommation courante, n’ont semble-t-il pas le recul nécessaire et sont eux aussi des victimes pauvres d’une société en crise.

Par comparaison, les simples moments d’humanité qui nous sont montrés dans L'enfance nue, lors de ces scènes de mariage ou d’intimité avec Pépère et Mémère sont d’autant plus touchants car ils sont juste gratuits, uniquement là pour nous faire partager le quotidien, parfois pathétique, parfois sublime, de ces laissés-pour-compte de la société. Une exigence et une intégrité que Maurice Pialat conservera tout au long de son œuvre, au grand dam de ses détracteurs et pour le plus grand plaisir de ses admirateurs.

Ma note : ***

L'enfance nue (1968) Maurice Pialat

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