Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bullitt (1968) Peter Yates

par Neil 11 Juin 2014, 05:23 1960's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 17 mars 1969
Genre : polar échevelé
Durée : 1h53
Scénario : Alan Trustman et Harry Kleiner, d’après l’œuvre de Robert L. Pike
Image : William A. Fraker
Musique : Lolo Schifrin
Avec Steve McQueen (Le détective Franck Bullitt), Robert Vaughn (Walter Chambers), Jacqueline Bisset (Cathy), Robert Duvall (Weissberg), Don Gordon (Le détective Delgetti)…

Synopsis : Bullitt, un lieutenant de police, est chargé par un politicien ambitieux de protéger Johnny Ross, un gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué l'homme politique. Malgré les précautions prises par Bullitt et ses hommes, Ross est grièvement blessé... (allocine)

Mon avis : la dure existence des flics intègres

D’abord il y a dans Bullit la musique de Lalo Schifrin. Dès les premières minutes du générique on reconnaît la patte du futur compositeur de L’inspecteur Harry. On rentre alors de plein fouet dans un bon vieux polar bien poisseux et un brin manichéen. C’est le premier film de Peter Yates aux États-Unis après son premier film britannique, Trois milliards d’un coup.

Et puis Bullitt c’est l’histoire d’un flic dont la réputation sans faille arrive aux oreilles d’un politicien véreux, Walter Chambers. Celui-ci le charge de protéger un témoin capital pour son ascension personnelle. Bien sûr tout ne va pas se passer comme prévu et notre détective, chiffonné d’avoir failli à sa mission et en quête de vérité, va tout faire pour démêler les fils touffus de cette histoire pas aussi claire qu’elle en a l’air.

Ce dont on se souvient le plus souvent de Bullitt, c’est cette formidable poursuite en voiture. Pour une des premières fois dans le cinéma moderne, Peter Yates utilise pleinement son univers extérieur et met magnifiquement en valeur cette belle ville qu’est San Fransisco. On est souvent embarqué en plein dans la voiture de Bullitt (Formidable Steve McQueen alors en plein boom dans sa carrière) et la longue scène où il poursuit l’assassin dans sa voiture, une scène qui nécessita quand même trois semaines de tournage et pas moins de quatre voitures, restera dans les mémoires.

La confrontation mise en scène dans Bullit entre ce policier foncièrement intègre et en quête de vérité et le politicien arriviste très bien campé par le trop souvent sous-estimé Robert Vaughn donne lieu à des prises de bec assez savoureuses. Par contre l’amorce d’intrigue intime supposée éclairer le caractère du héros est franchement bâclée. Jacqueline Bisset se retrouve simplement coincée en faire-valoir et les scènes ralentissent le rythme sans rien apporter. Malgré tout, le film reste de bout en bout haletant et recèle quelques surprises qui viennent à point nommé relancer l’intrigue quand une baisse de régime commence à se faire sentir. Bref, on a ici un bon polar des années 60, précurseur d’une longue série d’avatars plus ou moins bien réussis dans la décennie qui suit.


Ma note : ***
Bullitt (1968) Peter Yates

commentaires

dasola 21/06/2014 13:00

Bonjour Neil, voilà un film comme on en fait plus: du suspense, une histoire qui tien la route, des acteurs épantant, un décor (les rue de San Francisico). Un vrai plaisir à voir et à revoir. http://dasola.canalblog.com/archives/2011/01/12/20096908.html Bonne journée.

neil 21/06/2014 13:13

Bonjour Dasola, le film est vraiment plaisant, en effet. Steve McQueen y est excellent et c'est toujours un plaisir de le voir. Bonne journée.

Ygor Parizel 21/06/2014 12:44

Un classique du polar, mais je trouve que certains passages du film ont prit un coup de vieux.

neil 21/06/2014 13:11

C'est vrai que certaines images sont datées. Après, on passe un bon moment tout de même.

Mirbel 10/10/2007 22:01

Rien à redire sur ce grand film policier, à la plus longue poursuite en voiture du cinéma, parfaitement orchestré par le grand Lalo Schifrin. Steve McQueen y est excellent, tout en finesse et retenue.
A noter que les scènes dans l'hôpital ont été tournées avec le personnel réel et que les médecins y jouent leur propre rôle.

Neil 11/10/2007 18:34

Superbe poursuite en voiture effectivement. Et je savais pas pour l'hôpital, merci de l'info :)

kfigaro 20/12/2006 16:52

à recommander en effet à tous les fans de Lalo Schifrin !
Etrangement et alors que je connaissais sur le bout des doigts l'excellente musique ré-enregistrée en 2000 par le maestro Lalo Schifrin, je n'avais jamais eu l'occasion de voir le film (un excellent polar de Peter Yates avec un Steve McQueen interprétant un flic partagé entre dureté, ténacité et mélancolie - et avec en plus une humanité et même une certaine tendresse qu'on ne retrouvera pas dans le personnage de l'inspecteur Harry par exemple, nettement plus cynique et revanchard ), c'est maintenant chose faite et j'ai enfin pu apprécier la véritable musique entendue dans le film , et qu'on ne retrouve étrangement ni dans le CD de la soit-disant bande originale qui est en fait un réenregistrement purement jazzy, commercial et basé sur les quelques musiques de source très discrètes dans le film d'ailleurs, ni même sur l'excellent CD avec la musique ré-enregistrée par Schifrin et doté d'un son tout neuf....

Ce qui frappe en premier quand on découvre le film, c'est d'abord son peu de musique... pour un film d'action aussi commercial et "efficace", un cinéaste actuel n'hésiteraiti pas une seule seconde à remplir son film avec un maximum de musique (surtout dans des scènes capitales comme les courses de voitures, et les scènes de coups de feu...) pour en foutre plein la vue... rien de tel ici, le célèbre morceau "Shifting Gears" accompagne simplement l'entrée en scène de Bullitt qui rentre dans sa voiture suivi par l'entrée en scène des tueurs qu'il va poursuivre, la formidable musique tendue et les clusters de Schifrin montrent simplement l'envers du décor et suggère ce que l'on devine sans le voir (la peur, l'angoisse) exactement comme un film français psychologique de la même époque (Sautet, Rouffio, Granier Deferre...) puis ensuite, dès que la fameuse course automobile commence, la musique s'arrête dans un accord suspendu qui s'éteint dans le bruit des moteurs qui font entendre une autre "chanson" plus mécanique et cacophonique cette fois

Encore plus étonnant, l'absence totale de musique dans les scènes capitales de la fin du film (l'aéroport, la course sur la piste des avions et dans l'aéroport lui même) là ou un metteur plus ancien ou plus actuel aurait mis de la musique tonitruante absolument partout (pour souligner et alourdir tout ça), il n'y a absolument rien... Le film n'en est que plus efficace et la pudeur de Bullitt dans les toutes dernières images pas moins flagrante...

J'ai noté plusieurs inédits jamais repris sur disque à ma connaissance : un solo de percussion assez feutré (tablas et co...) lors d'un cache-cache entre Bullitt et un tueur au début du film, un passage jazzy avec un trio flûte, guitare et contrebasse obsessionnelle qui joue dans un bistro au début du film là encore, puis un passage purement de suspence et atonal à la fin durant la scène de l'aéroport (basé sur des clusters) et le superbe thème final (très court) avec une guitare mélancolique égrenant tristement le thème de Bullitt dans le générique de fin. Comme quoi, finalement même Schifrin est à peine plus gâté que Delerue parfois pour ses musiques de suspence pure...

Haut de page