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Alexandrie... New York (2004) Youssef Chahine

par Neil 12 Juillet 2006, 13:18 2000's

Fiche technique
Film égyptien, français
Date de sortie : 07 juillet 2004
Titre original : Iskanderija… New York
Genre : autobiographie romancée
Durée : 2h08
Scénario : Youssef Chahine et Khaled Youssef
Compositeur : Yehia El Mougy
Directeur de la photographie : Ramses Marzouk
Avec Mahmoud Hemeida (Yéhia), Youssra (Ginger), Ahmed Yéhia (Alexandre), Lebleba (Jeanne), Hala Sedki (Bonnie), Magda El Khatib (Shanewise)…

Synopsis : À l'occasion d'un hommage qui lui est rendu à New York, Yéhia, réalisateur égyptien, retrouve Ginger, son amour de jeunesse. Ils avaient 19 ans. Le rêve américain était le virus du siècle. Yéhia l'Alexandrin et Ginger l'Américaine étudiaient dans le plus prestigieux Institut d'Art Dramatique, en Californie. Ils s'étaient juré un amour éternel. (allocine)

Mon avis : Amérique, je t’aime… moi non plus


De nombreux films de Youssef Chahine sont de source autobiographique. On peut citer par exemple Alexandrie pourquoi ? ou bien Alexandrie encore et toujours. Le plus influent réalisateur égyptien du vingtième siècle n’hésite pas à se mettre en scène, ou plutôt son double cinématographique, Yéhia, remarquablement interprété par Mahmoud Hemeida. Alexandrie… New York remonte aux sources de la carrière de Chahine, avant qu’il ne soit un cinéaste reconnu et qu’il étudiait la mise en scène dans une université californienne.

C’était à la fin des années 1940 et il était le premier étudiant arabe intégrant cette prestigieuse université. Sans s’appesantir mais en nous le faisant tout de même clairement ressentir, Youssef Chahine évoque les quolibets dont il fut la victime et la difficulté de son intégration. Un parallélisme nous est aussi proposé entre le jeune apprenti cinéaste plein de rêves qu’il était et le réalisateur accompli quelquefois aigri qu’il a pu devenir. Tout ça avec comme fil conducteur une histoire d’amour qui traverse tout le film.


C’est vraiment un drôle de film que cet Alexandrie… New York. C’est un mélange tellement foisonnant qu’il est difficile à cerner ou à analyser : en fait il faut le vivre. Il est à la fois touchant et irritant, kitsch et classique, quelquefois percutant et d’autres fois ennuyeux. C’est un film certes trop long mais où on sent que Youssef Chahine, malade, a voulu en quelque sorte livrer généreusement à la fois un hommage aux comédies américaines d’antan qui l’ont fait rêver et son point de vue politique désabusé sur cette Amérique qui l’a profondément déçu, et blessé.

Le réalisateur se montre pudique lorsqu’il évoque sa carrière qui a été consacrée dans de nombreux pays mais qui n’a pas eu le retentissement qu’il espérait dans un pays qu’il espérait d’adoption. Mais il n’hésite pas aussi à se montrer très critique, quitte à passer pour un arrogant, sur la politique expansionniste américaine, en particulier vis-à-vis du moyen-orient. Alexandrie… New York est un film amusant et sincère qui fait jouer à des acteurs arabes des rôles d’occidentaux (après tout, Hollywood aussi a souvent recours à ce genre de ficelles, et ça ne choque personne) pour mieux mettre en exergue la tolérance, une valeur qui est chère au réalisateur égyptien.


Ma note : ***

Alexandrie... New York (2004) Youssef Chahine
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