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La raison du plus faible (2005) Lucas Belvaux

par Neil 21 Juillet 2006, 09:55 2000's

Fiche technique
Film belge, français
Date de sortie : 19 juillet 2006
Genre : polar social
Durée : 1h56
Scénario : Lucas Belvaux
Image : Pierre Milon
Musique : Riccardo del Fra

Avec Eric Caravaca (Patrick), Natacha Régnier (Carole), Lucas Belvaux (Marc), Patrick Descamps (Jean-Pierre), Claude Semal (Robert), Gilbert Melki (Le ferrailleur)…


Synopsis : à Liège en Belgique dans la chaleur de l’été quatre hommes se réunissent pour jouer aux cartes dans leur petit café préféré. Fatigués de leurs dures vies, usés par le chômage ou le manque d’argent, ces hommes vont rêver d’une autre vie et tenter l’impossible pour regagner leur dignité perdue et leur idéal. (allocine)


Mon avis : Pu*ain de vie de me*de

De Lucas Belvaux il paraît que la trilogie Un couple épatant/Cavale/Après la vie est de très bonne facture. Je ne connaissais pour ma part du cinéaste belge que Pour rire, film qui ne m’avait pas fait rire une seconde mais c’était peut-être dû à mon aversion pour Jean-Pierre Léaud qui y jouait le premier rôle. Bref, je suis allé voir La raison du plus faible sans a priori mais en me disant qu’une sélection cannoise ne peut pas être mauvaise. Bien m’en pris : voici un film qui réussit à être désespéré et lumineux, social mais pas condescendant ni moralisateur.

L’action se déroule à Liège, dans un quartier ouvrier qui ne prête pas vraiment à la rigolade. Trois hommes se retrouvent tous les jours au bistrot pour jouer aux cartes. Jean-Pierre et Robert sont deux anciens ouvriers de l’usine locale, mis à la retraite anticipée. Jean-Pierre est handicapé suite à un accident du travail ; il vit dans une tour avec Robert, porté sur la bière. Patrick, lui, a fait six années d’études secondaires pour se retrouver au chômage et c’est sa femme Carole qui ramène l’argent du ménage en se tuant au travail. La mobylette de celle-ci tombe en rade et ils se rendent compte qu’ils n’ont pas les moyens d’en acheter une autre ; c’est alors qu’ils rencontrent Marc, ex taulard pour braquage.

Peut-on à l’heure actuelle faire un film ouvertement prolétaire et être sélectionné au festival de Cannes ? Avec La raison du plus faible (titre qui fait penser au Droit du plus fort de Fassbinder, autre agitateur social) on peut répondre oui, et c’est tant mieux. Lucas Belvaux prend ainsi si l’on peut dire le flambeau de ses compatriotes les frères Dardenne. Mêmes horizons bouchés, même attention apportés à des personnages usés par la vie et qui n’en attendent plus rien.

Oui, La raison du plus faible est un film où ne perce aucun espoir. Et pourtant il est traversé par quelques brefs mais sublimes moment de bonheur passager. Ces hommes n’ont plus aucune illusion mais c’est pas pour autant qu’ils vont se laisser aller : ils restent combattants jusqu’au dernier instants, pour le meilleur et pour le pire. C’est cette noblesse du cœur que réussit à dépeindre Lucas Belvaux, par de fines touches délicates. La troupe d’acteurs est impeccable et remarquablement homogène. Ils campent tous leur personnage avec délicatesse, nous les rendant sympathiques même dans leurs petits travers du quotidiens. Ils sont humains, voilà tout, et c’est ça qui rend le film aussi juste : on a devant nous une chronique humaine, presque humaniste, qui nous décrit des êtres dans toute leur complexité, à la fois pathétique et sublimes.

Ma note : ***

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