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Vol 93 (2005) Paul Greengrass

par Neil 24 Juillet 2006, 09:27 2000's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 12 juillet 2006
Titre original : United 93
Genre : catastrophe véridique
Durée : 1h45
Scénario : Paul Greengrass
Directeur de la photographie : Barry Ackroyd
Compositeur : John Powell

Avec Lewis Alsamari (Saeed Al Ghamdi), Trish Gates (Sandy Bradshaw), Christian Clemenson (Thomas Burnett), Khalid Abdalla (Ziad Jarrah), David Alan Basche (Todd Beamer), Polly Adams (Deborah Welsh)…

Synopsis : 11 septembre 2001. 4 avions sont détournés par des terroristes dans le but d'être crashés à New York et à Washington. 3 atteindrons leur cible, pas le vol 93. En temps réel, les 90 minutes qui se sont écoulées entre le moment où l'appareil a été détourné et celui où il s'est écrasé après que ses passagers, mis au courant par téléphone portable des attaques contre le World Trade Center à New York, eurent décidé de se sacrifier pour éviter que l'appareil atteigne Washington. (allocine)

Mon avis : la réalité en pleine face


On a toujours glosé de la capacité des États-Unis de traiter de leur histoire récente, voire immédiate, surtout si l’on compare aux français qui ont toujours eu du mal à scénariser leur Histoire. Certains crient au scandale de raviver des blessures encore vives, d’autres admirent un recul jugé nécessaire pour pouvoir assimiler les événements. Près de cinq ans après la chute du World Trade Center, voici donc le premier film traitant de ce qu’il est de coutume d’appeler « le 11 septembre ». Et après ce Vol 93 de Paul Greengrass sortira en septembre le World Trade Center d’Oliver Stone, centré sur l’histoire de policiers piégés dans les décombres du building. Vol 93 quant à lui évoque le seul des quatre avions détournés ce jour là à ne pas avoir atteint sa cible. Censé échoir sur la maison blanche, l’avion finira sa course dans un champ de Pennsylvanie après que les passagers se sont rebellés. Il n’y aura aucun survivant.

Au début, il y a de quoi se poser des questions. Ne serait-ce pas légèrement déplacé de retranscrire en temps réel un événement d’une telle ampleur ? Et les familles des victimes dans tout ça… ? Heureusement, Vol 93 n’a rien du film catastrophe traditionnel. Grâce à Paul Greengrass le film reste pudique et évite tout sensationnalisme. Le réalisateur du magnifique Bloody Sunday a effectué un remarquable travail d’artisan pour construire son film. Utilisant un mode quasi-documentaire, il a longuement étudié le dossier, impliquant même les familles des victimes dans son travail. Les acteurs ne sont pas vraiment des acteurs professionnels, certains sont mêmes les protagonistes réels de la tragédie.

On suit donc dans Vol 93 pratiquement en temps réel le déroulement des opérations, de la préparation des terroristes à la panique générale dans les états majors de l’aviation américaine. Sans aucun pathos, on voit sous nos yeux l’inéluctable horreur survenir sans que personne ne puisse réagir. Personne à part les passagers du vol qui grâce à des réflexes admirables de survie vont éviter le pire. Bien sûr, leur panique nous est rendue mais le traitement reste sobre, aucune image trash n’est à déplorer. Reste dans la bouche un sentiment d’amertume et d’incompréhension face à un désastre absurde. Peut-être est-ce utile, peut-être est-ce choquant d’en faire un long-métrage, le recul n’est sans doute pas assez important pour le dire. Reste un film bouleversant et d’une émotion palpable qui mérite de nous montrer les coulisses d’une catastrophe qui restera quoi que l’on dise une date essentielle de notre histoire contemporaine.

Ma note : ***

Vol 93 (2005) Paul Greengrass
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commentaires
B
Pour te répondre Neil, Greengrass est bien britannique et disons que son objectivité est peut-être dûe au fait que c'est un ancien journaliste d'après ce qu'on m'a dit.
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B
J'aime beaucoup le style de Greengrass, tant pour ce film que pour Bloody Sunday.
Ici, juste l'envie du réalisateur de retranscrire l'histoire comme elle s'est déroulée. Aucun véritable jugement de valeur n'est à déplorer et aucun patriotisme américain non plus.
J'ai adoré les trente dernière minutes, malgré que nous savons comment cela se termine, elle reste d'une tension incroyable avec un dernier plan qui ne l'est pas moins non plus...
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N
C'est vrai que le film ne prend heureusement pas le parti du patriotisme... peut-être qu'il fallait un irlandais pour ça (enfin je crois qu'il l'est...). De Greengrass j'avais énormément aimé Bloody Sunday ; un cinéaste à suivre :-)
P
Interessant comme d'hab

Je te propose de découvrir ma critique du film aussi

@+
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