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Le parrain 2 (1975) Francis Ford Coppola

par Neil 7 Juin 2014, 05:42 1970's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 27 août 1975
Titre original : The godfather part II
Genre : rivalités de gangs
Durée : 3h20
Scénario : Francis Ford Coppola, d’après l’œuvre de Mario Puzo

Image : Gordon Willis
Musique : Nino Rota et Carmine Coppola
Avec Al Pacino (Michael Corleone), Robert Duvall (Tom Hagen), Diane Keaton (Kay Adams), Robert De Niro (Vito Corleone), John Cazale (Frederico), Talia Shire (Constanzia), Lee Strasberg (Hyman Roth)…


Synopsis: depuis la mort de Don Vito Corleone, son fils Michael règne sur la famille. Amené à négocier avec la mafia juive, il perd alors le soutien d'un de ses lieutenants, Frankie Pentageli. Echappant de justesse à un attentat, Michael tente de retrouver le coupable, soupçonnant Hyman Roth, le chef de la mafia juive. (allocine)

Mon avis : on ne récolte que ce que l’on sème

Rares sont les suites qui dépassent le premier opus d’une saga, et pourtant c’est le cas avec Le parrain. Enfin, plutôt que d’une suite, on a affaire à une deuxième partie : auréolé du succès monumental du premier épisode, Francis Ford Coppola va profiter de l’énorme budget que lui propose la Paramount (13 millions de dollars à l’époque) pour approfondir les personnages du roman de Mario Puzo et évoquer des épisodes qu’il n’avait pas pu traiter dans le premier. Une nouvelle lecture donc incorporant la genèse de la Famille à travers le destin de Vito (Marlon Brando étant remplacé par un Robert De Niro inspiré) et parallèlement l’apogée ainsi que l’isolement d’un Michael pris au piège de toute cette violence.

Un montage parallèle nous montre donc deux trajectoires différentes mais complémentaires : d’un côté au début du siècle en Sicile Vito Corleone assiste à neuf ans à l’enterrement de son père, tué par un chef de la mafia locale. Puis c’est son frère et sa mère qui succombent devant ses yeux au même assassin ; échappant de justesse à un même sort, il s’enfuit et prend le premier bateau pour les États-Unis. Là il va grandir et se tisser des relations pour petit à petit monter l’empire que l’on connaît. De l’autre côté, on retrouve son fils Michael à la fin des années 50. Alors qu’il baptise son fils Anthony, il essaye de fédérer les nouvelles mafias à ses côtés, ce qui ne se fait pas sans heurts. Echappant de justesse à un attentat, il va devoir fuir pour démasquer les commanditaires de l’assassinat manqué.

La construction en parallèle apporte une nouvelle dimension au film. Coppola donne ainsi une densité et une épaisseur unique à la saga des Corleone. On se rend compte petit à petit que toutes les déconvenues inéluctables qui arrivent à Michael sont en germe dans la trajectoire unique de son père Vito. On n’échappe pas à son destin, c’est en filigrane le message du Parrain. Ainsi, alors que le premier volume était presque complaisant vis à vis de la Cosa Nostra, on sent que Coppola a voulu ici mettre un bémol à son discours. Observant d’un regard froid les agissements de ses protagonistes, il tisse avec un scénario très chiadé une complexe galerie de personnages (on notera que même les femmes, à l’image de Kay/Diane Keaton, ont ici aussi leur petit mot à dire) qui prennent tous un peu plus d’épaisseur.

Le premier étant bien sûr Michael, dont la personnalité va se révéler dans cette deuxième partie du Parrain. Et c’est à Al Pacino qu’incombe le rôle délicat de saisir toutes les nuances d’un personnage qui a vu ses illusions s’effriter peu à peu et qui s’enferre dans les erreurs fatales qui le conduiront, on le devine petit à petit, à sa chute. De l’autre côté, Robert De Niro prend superbement la succession de Marlon Brando (dont il s’est paraît-il inspiré pour construire son interprétation) dans le rôle de Vito Corleone. Au rythme de la musique impeccable de Nino Rota on ne peut que suivre cet engrenage de la violence : construit sur des bases malsaines, l’empire des Corleone ne pourra in fine qu’isoler ses protagonistes. Et pourtant on éprouve de la compassion pour Vito et Michael, qu’on peut aussi voir comme deux victimes d’un système implacable. L’émotion est d’ailleurs au rendez-vous, elle parvient à son comble lors de la scène des funérailles de la Mamma quand Connie tente de réconcilier ses deux frères. Ce qui débouche à une fin encore une fois époustouflante qui prouve, fallait-il en douter, l’étendue du talent de Monsieur Coppola.

Ma note : ****

Le parrain 2 (1975) Francis Ford Coppola

commentaires

ideyvonne 12/06/2014 20:45

Une saga qui ne peut s'oublier et ce 2ème volet est un régal.
J'ai déjà fait le 1er et le 2ème sur mon blog, le 3ème est en préparation !

neil 13/06/2014 10:13

Ah oui cette saga est mythique, on ne l'oublie pas de sitôt.

safran 21/08/2006 06:14

Et dire que je n'ai toujours pas vu cette saga mafieuse :(
Vu la note que tu lui donnes, promis ... dans l'hiver ... je comble cette lacune :o)))

Neil 21/08/2006 11:13

J'ai mis du temps à l'apprécier, mais maintenant ça y est. C'est un petit régal tu verras :-)

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