Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)
Fiche technique
Film canadien
Genre : coup de foudre ironique
Durée : 1h20
Scénario : Rick Castro et Bruce LaBruce
Directeur de la photographie : James Carman
Avec Tony Ward (Montgomery Ward), Bruce LaBruce (Jürgen Anger), Alex Austin (Alex), Kevin Kramer (Kevin), Ron Athey (Seymour Kasabian), Glen Meadmore (Stew Blake)…
Synopsis : La dérive d'un gay parmi les prostitués de Santa Monica Boulevard. (allocine)
Mon avis : La face cachée d’Hollywood
Réalisateur underground d’origine canadienne, Bruce LaBruce lance un petit pavé dans la mare en 1996 avec ce Hustler White. Bénéficiant très vite d’un bouche à oreille favorable, le film échappera notamment à une classification X en France grâce au soutien de Jack Lang. C’est justifié me semble-t-il, le film n’étant absolument pas pornographique pour un sou. Irrévérencieux c’est sûr, certaines scènes sont difficilement soutenables, et à ne pas mettre entre toutes les mains, mais la dose d’humour et le décalage donne une toute autre dimension au film. Celui-ci narre les péripéties d’un journaliste interprété par Bruce LaBruce himself qui tombe raide dingue d’un prostitué de Santa Monica (Tony Ward, ex de Madonna tout en muscles apparents) et va le suivre dans ses diverses virées.
Le début donne d’ailleurs le ton avec cette référence burlesque à Sunset Boulevard. Comme dans le film de Billy Wilder c’est un type qu’on trouve inconscient dans une piscine (enfin ici un jacuzzi lol) qui va nous raconter son histoire. Et c’est aussi la part d’ombre de l’usine à rêve qu’on va découvrir… et on y rencontre plus particulièrement une certaine frange de cet univers. Toute une flopée de plus ou moins jeunes hommes plus ou moins paumés qui errent d’aventure en aventure sans autre but que de survivre dans cette jungle préfabriquée qu’on nomme Hollywood. C’est souvent franchement glauque, pitoyable et sordide. Seulement voilà, Bruce LaBruce a décidé de traiter son quasi documentaire de façon clairement ironique. Le résultat est très drôle, les situations sont tellement burlesques et parfois même absurdes que ça fait passer la pilule en douceur. On trouve même un moment de tendresse en voyant le personnage que joue Tony Ward s’occuper de son petit bébé de fiston. Sans avoir de quelconque ambition artistique (on y trouve tout de même des références à Paul Morrissey et à Andy Warhol, le film se voulant sans nul doute dans la ligne droite de ces prédécesseurs, voire même d’un John Waters version Pink Flamingo, le talent en moins…) Hustler white reste un témoignage de plus sur la déjantée Hollywood.
Ma note : 6/10
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