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Le parrain 3 (1990) Francis Ford Coppola

par Neil 6 Octobre 2013, 05:00 1990's

Parrain_3.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 27 mars 1991
Titre original : the godfather, part III
Genre : épilogue mafieux
Durée : 2h40
Scénario : Francis Ford Coppola et Mario Puzo

Image : Gordon Willis
Musique : Carmine Coppola et Nino Rota

Avec Al Pacino (Michael Corleone), Diane Keaton (Kay Adams), Andy Garcia (Vincent Mancini), Talia Shire (Connie Corleone), Elli Wallach (Don Altobello), Bridget Fonda (Grace Hamilton), Joe Montegna (Joey Zasa)…

Synopsis : atteignant la soixantaine, Michael Corleone désire à la fois renouer avec les siens et se réhabiliter aux yeux de la société, surtout de l'Église. Il arrivera presque a ses fins, mais sa vie passée et ses anciens ennemis le rattraperont plus vite. (allocine)


Mon avis : l’œuvre de Dieu, la part du Parrain


Après le tournage éprouvant d’Apocalypse now débute avec les années 1980 une décennie de vaches maigres au niveau des succès populaires pour Francis Ford Coppola. Les studios finissent par le convaincre au début des années 1990 de tourner une autre suite à sa fameuse saga du Parrain. Le réalisateur gardera tout de même une certaine maîtrise artistique : refusant comme le désirait la Paramount de montrer l’énième histoire d’un homme au faîte de sa puissance, avec force scènes d’actions, il préfère raconter le crépuscule d’un parrain. Osant par là même montrer un Al Pacino vieilli et malade, il apporte ainsi un nouvel éclairage à sa saga, quitte à déstabiliser une part du public.


On a quitté Michael Corleone seul et en proie au doute à la fin du Parrain 2 après qu’il a ordonné l’assassinat de son propre frère Fredo. Quelques années plus tard il a atteint une certaine respectabilité et souhaite réunir sa famille à l’occasion d’une cérémonie à son honneur donnée par l’église catholique elle-même. Sa fille Mary, maintenant impliquée officieusement dans ses affaires par le biais d’une association caritative, doit d’ailleurs y remettre une importante donation. Elle revoit à la réception Vincent (Andy Garcia en digne successeur de ses illustres prédécesseurs), fils illégitime de son oncle Sonny. Elle tombe fatalement amoureuse de lui, au grand dam de son père. Celui-ci ne désire plus qu’une chose : parachever son œuvre en signant un pacte avec le saint Vatican. Ceci ne se fera pas sans heurts.


Ainsi cet épilogue des Parrain apparaît plus intime que ses deux prequels. Coppola considère d’ailleurs les deux premiers épisode comme une seule et même œuvre, parachevée par ce troisième opus, qu’il aurait d’ailleurs souhaité intituler La mort de Michael Corleone. Le ton est donné, il s’agit d’apporter la touche finale à une histoire de famille forgée dans le sang et les meurtres. Un passif lourd à porter et que Michael, formidable Al Pacino véritablement transformé dans le film, désire expier à tout prix. Il se rapproche ainsi naturellement des plus hautes instances religieuses catholiques pour ce faire. Une intrigue finement ciselée se dessine alors et l’on constate que la corruption atteint finalement tous les cercles de pouvoirs, même les plus insoupçonnables. Coppola se paye donc ici très finement un des plus grands tabous de la société moderne, se permettant même d’imaginer l’élection de Jean-Paul 1er.


Ce qui fait aussi l’épaisseur de ce Parrain 3 c’est l’implication de Coppola dans cette histoire familiale qui fait écho à sa propre famille. On retrouve comme à l’accoutumée nombre de ses proches au générique du film : sa sœur Talia Shire est toujours là pour interpréter tout en nuance Connie Corleone, Carmine Coppola signe toujours la musique, quelques-uns de ses petits enfants se retrouvent lors d’une réunion de famille et surtout on découvre sa propre fille Sophia à peine sortie de l’adolescence et propulsée fille de Michael. Si on connaît maintenant les dessous du casting (Winona Ryder ayant décliné la proposition à la dernière minute, papa Coppola se trouva fort démuni et imposa son inexpérimentée fifille), force est de constater qu’il a été sérieusement critiqué pour ce choix. Et comme Michael qui va voir sa progéniture sacrifiée à sa place, le réalisateur souffrira d’autant plus des quolibets dont fut victime sa fille qu’il se sentira visé par ces mêmes attaques. Et pourtant Le parrain 3 clôt d’une très belle façon cette saga mythique, avec bien sûr ce brillant final à l’opéra dont on n’a pas finit d’entendre parler.


Ma note : ****

commentaires

Leo M 17/07/2014 16:14

J’adore ce troisième volet et je trouve que cette trilogie est l’un des plus grands classiques de films de gangsters.

neil 17/07/2014 19:11

Je ne peux qu’acquiescer :)

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