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Pecker (1998) John Waters

par Neil 27 Février 2014, 06:20 1990's

Pecker.jpgFiche technique

 

Film américain
Date de sortie : 2 juin 1999
Genre : célébrité trop vite acquise
Durée : 1h28
Scénario : John Waters
Image : Robert M. Stevens
Musique : Stewart Copeland
Avec Edward Furlong (Pecker), Christina Ricci (Shelley), Bess Armstrong (Dr. Klompus), Mark Joy (Jimmy), Mary Kay Place (Joyce), Lili Taylor (Rorey Wheeler)…

Synopsis : Pecker est un modeste vendeur de sandwiches de la banlieue de Baltimore. Il a une passion: la photographie. Il fixe sur la pellicule son entourage et expose ses
œuvres dans le fast-food ou il travaille. Le point est approximatif, le cadrage un peu bancal, mais c'est justement cette naïve sincérité qui plait a Rorey, galeriste new-yorkaise passant la par hasard. Pecker se retrouve propulse de son petit village au Village new-yorkais, autrement plus chic mais autrement plus hypocrite. (allocine)

Mon avis : Candide au pays des faux-culs


Quoi qu’on dise, il faut bien se résoudre à l’évidence : le roi du trash, j’ai nommé John Waters, s’est doucement assagi à partir des années 1990, période où arrive Pecker sur les salles obscures. C’est quand même ce monsieur qui avait osé dans les années 1970 réaliser un film en odorama (Polyester) et dont l’actrice fétiche était alors un travesti portant le bien nommé pseudonyme de Divine. Ce qui donne déjà un aperçu de la fantaisie du personnage (sans parler des films en eux-même). Peu à peu devenu tendance, il s’offre des castings plus bankable avec Johnny Depp ou Kathleen Turner et police son ton… sans tomber dans la guimauve non plus.

La preuve avec ce Pecker (qui est tout de même un synonyme de cock et signifie donc bite, pour les non-anglophones), l’histoire d’un photographe amateur de Baltimore (ville natale de l’auteur) qui va devenir en quelques temps la coqueluche du petit monde artistique new-yorkais sans avoir rien demandé à personne, et dont tout l’entourage va pâtir de cette soudaine notoriété. Il y a encore ici une volonté de secouer le cocotier intello-artistique, en se servant justement de leurs armes. N’est-ce pas en dynamitant un système de l’intérieur qu’on est le plus efficace ?

Alors bien sûr Pecker n’a pas cette ambition mais si John Waters s’est acoquiné avec les studios il n’en profite pas moins pour faire un portrait satirique à souhait des milieux pseudo-branchés de New-York. Et de nous montrer en contrepoids un univers attachant et burlesque, celui des proches de Pecker (Edward Furlong parfait en naïf adolescent qui se fait manipuler). On a une grande sœur barmaid dans un club gay et qui appelle tout le monde Mary, une petite sœur accro au sucre et passablement peste, une grand-mère qui joue à la ventriloque avec une statue de la Vierge en croyant dur comme fer à un miracle (il faut l’entendre murmurer « full of grace, full of grace » avec un regard plein de dévotion)…

Et John Waters porte dans Pecker un regard plein de tendresse sur ce petit univers, sans jugement aucun. Christina Ricci est particulièrement convaincante en gérante de laverie jalouse d’un petit ami qui prend peu à peu la grosse tête. Les situations cocasses s’enchaînent, on rit de bon cœur sans prise de tête. Un bon moment à passer en somme, où l'on constate que même atténuée, la verve de John Waters est toute même percutante et sa langue assez bien pendue.


Ma note : ***

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