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Little Miss Sunshine (2005) Jonathan Dayton et Valérie Faris

par Neil 16 Septembre 2006, 10:46 2000's

Fiche technique

Film américain
Date de sortie : 6 septembre 2006
Genre : road movie satirique
Durée : 1h40
Scénario : Michael Arndt
Musique : Mychael Danna
Directeur de la photographie : Tim Suhrstedt
Avec Greg Kinnear (Richard), Toni Collette (Sheryl), Steve Carell (Frank), Abigail Breslin (Olive), Alan Arkin (Grand-Père), Paul Dano (Dwayne)?

 
Synopsis : L'histoire des Hoover. Le père, Richard, tente désespérément de vendre son "Parcours vers le succès en 9 étapes". La mère, Sheryl, tente de dissimuler les travers de son frère suicidaire. La fille de 7 ans, Olive, se rêve en reine de beauté, tandis que son frère Dwayne a fait voeu de silence jusqu'à son entrée à l'Air Force Academy. (allocine)
 
Mon avis : Dézinguage en règle des valeurs traditionnelles
 
Il arrive parfois qu'un film original à petit budget bouscule l'ordre établi des box offices. Bon, ça arrive de plus en plus, mais ça mérite quand même d'être signalé. Au départ Little Miss Sunshine ne semblait pas posséder des atouts bien attractifs : un couple de réalisateurs débutants, Jonathan Dayton et Valérie Faris, jusque là réalisateurs de clips ; ajoutez à cela un scénariste novice et des acteurs excellents mais pas forcément intéressants pour des financeurs. Résultats des courses : cinq ans de préparation pour pouvoir enfin terminer le projet. Seulement voilà, évolution des moeurs oblige le public commence à s'intéresser aux chemins de traverse cinématographiques. Un passage à l'incontournable festival de Sundance et un Grand Prix au festival de Deauville plus tard et Little Miss Sunshine devient la bonne surprise du box office de la rentrée. On ne s'en plaindra pas.
 
C'est l'histoire d'une famille pas comme les autres. Les premières images nous montrent un homme énergique martelant son discours sur la « win attitude » devant une classe de collège désaffectée. C'est l'époux de Sheryl, une mère de famille qui tente d'élever ses enfants à la baba-cool : laissons les exprimer leurs sentiments en toute liberté. Justement ses enfants parlons-en : un ado rebelle prostré dans son silence qui voue un culte à  Friedrich Nietzsche et une petite fille un peu boulotte qui ne rêve que de concours de beauté. Sans oublier un beau-père libidineux et un frère homosexuel dépressif. Lâchez cette petite compagnie dans un van qui parcourt les Etats-Unis pour laisser la petite concourir à un titre de beauté et vous ne serez pas au bout de vos surprises.
 
La force de Little Miss Sunshine c'est son rythme : le film enchaîne les situations burlesques, les gags, les retournements de situation mais aussi les moments de tendresse sur un tempo impeccable. On rit autant des personnages loufoques que des petites perles que le scénario nous réserve, et pour une fois sur un ton qui arrive à n'être ni lourd ni mièvre. Des dialogues souvent hilarant nous permettent, tout au long du voyage, de découvrir un peu mieux chacun des personnages et de s'attacher à cette famille un peu bancale qui ne ressemble à aucune autre et en même temps les représente toutes. Parce qu'avec leurs petits travers sympathiques chacun des personnages de Little Miss Sunshine enfonce le message chacun à sa façon. Quel message, me direz-vous ? Celui que nous sommes tous des individualités coincés dans une société prête à tout pour nous couler dans un moule préfabriqué et aseptisé.
 
D'abord il y a le papa, l'irrésistible Greg Kinnear. Persuadé d'être le parangon du gagnant qu'il promet à tout un chacun de devenir en neuf leçons, il ne se rend pas compte de la pression qu'il met sur les épaules de ses enfants. Parlons-en des enfants : le fils Dwayne s'enferre tellement dans sa crise d'adolescent qu'il ne se rend pas compte combien elle l'enferme dans un stéréotype éculé, et la fille Olive (adorable petite Abigail Breslin) a tellement peur de décevoir son père qu'elle en devient forcément touchante. Et bien sûr on a l'inénarrable Steve Carell en spécialiste forcément mésestimé de Marcel Proust et qui vous ferait décrocher la mâchoire rien que sur un haussement de cil. Soit autant de représentants d'une Amérique à la marge, qui ne croit plus vraiment à son modèle de réussite mais qui présente un visage franchement sympathique. Alors n'hésitons pas à prendre des chemins de traverse et savourons cette petite perle qu'est Little Miss Sunshine.

Ma note : 8,5/10

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commentaires

Eeguab 08/09/2011 17:41



                Toujours très en phase avec l'actualité je viens seulement de voir la petite miss.
Remarquable. J'ai vraiment aimé ces americano-marginaux bien sympa et qui ne tournent pas très rond.Beaucoup d'humour noir mais aussi bien du recul et ne se prenant pas la
tête.Greg Kinnear effectivement impayable.Je n'avais pas reconnu Paul Dano mais je connais mal tous ces jeunes acteurs.Un bon moment drôle,pas mal d'indépendance en effet,juste un peu à l'écart
sans trop l'annoncer lourdement,ce qui est parfois le cas dans le ciné plus ou moins indie(tu seras d'accord avec moi,je pense).



Neil 08/09/2011 23:16



Ah oui je suis tout à fait d'accord avec toi. Le film affiche très bien son indépendance, tout en se situant tout à fait à la marge de cette "industrialisation" des productions indies qui fait
malheureusement de plus en plus la loi.



D&D 26/08/2007 05:28

"Le public commence à s'intéresser aux chemins de traverse cinématographiques" : Dieu t'entende !
A moins que l'air du temps n'ait effectivement ratrappé ce projet lancé depuis longtemps, comme tu le soulignes. Indépendant dans la définition américaine du financement certes (et ce n'est pas rien), mais peut-être pas tant "chemin de traverse que ça", ce film intelligemment pensé pour plaire de 7 à 77 ans.

"l'inénarrable Steve Carell" : l'Ayatollah est d'accord (d'ailleurs comment t'as trouvé la photo de Steve dans mon article précédent ?)

Flash info : j'ai revu le film il y a peu, avec beaucoup de plaisir... :)

Sinon, c'est la direction d'acteurs et l'interprétation qui m'intéressent le plus dans ce film. Je me permets de mentionner à mon tour Toni Colette et Alan Arkin dont j'étais déjà bien épris auparavant (comme Kinnear d'ailleurs).

A +

Neil 26/08/2007 11:19

Très marrante ta photo de Steve Carell (et honte à moi je ne savions pas qu'il jouait dans The Office). Sinon, oui c'est vraiça fait du bien de voir ici des têtes qu'on voit rarement dans le cinéma américain :)

Wilyrah 29/06/2007 18:33

Non non non et non ! Je ne comprends toujours pas le charme qu'on trouve à ce film, balourd et plombant au possible, quasi-grotesque et morbide. L'idée était bonne, fondamentalement ça aurait pu marcher, mais pour moi ce n'est pas le cas, je n'ai en aucun cas été charmé par ce film qui m'a davantage déprimé sur la cinéphilie française et mondiale (et sur la pauvre vie de l'oncle et du grand-père) alors que j'entendais tout le monde se fendre à la sortie que c'était "frais et divertissant".
En tout cas, ma fiche critique sur ce film n'est pas tendre et à la hauteur de la déception.

Franka 28/09/2006 15:48

Excellente critique pour un film que j'ai également énormément aimé ... Si tous tes lecteurs ne se précipitent pas voir Little Miss Sunshine, c'est à déseperer ! Bises , F.

Peyomedia 23/09/2006 18:39

je le chroniquerais très bientot ! Excellent film !

Archimede 17/09/2006 20:45

bravo, c'est un commentaire très complet sur ce film que j'ai également énormément aimé, la salle riait de bon coeur et on n'a pas hésité à applaudir, dommage qu'il y ait assez peu de salles pour ce film mais j'espere que le bouche à oreille va opérer !
attention quand même à ne pas dévoiler trop de spoilers dans ton commentaire, ça peut gâcher certaines surprises dans le film...
@+

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