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Dans Paris (2005) Christophe Honoré

par Neil 9 Octobre 2006, 09:45 2000's

Fiche technique

Film français
Date de sortie : 4 octobre 2006
Genre : famille déprimée
Durée : 1h32
Scénario : Christophe Honoré
Directeur de la photographie : Jean-Louis Vialard
Musique : Alex Beaupain
Avec Romain Duris (Guillaume), Louis Garrel (Jonathan), Guy Marchand (Le père), Joana Preiss (Joanna), Marie-France Pisier (La mère), Helena Noguerra (La fille du scooter)…


Synopsis : Dans Paris suit les aventures sentimentales de deux frères et dessine ainsi le portrait d'une famille dont la devise serait "Prends la peine d'ignorer la tristesse des tiens".(allocine)
 
Mon avis : Famille je vous hai…me
 
Le buzz critique de cette rentrée cinématographique française semble bien se cristalliser autour de ce Dans Paris, le nouveau film de Christophe Honoré, chouchou semble-t-il des critiques. Pour son troisième opus, le réalisateur de Dix-sept fois Cécile Cassard se revendique une filiation avec la Nouvelle Vague depuis la conception même du film : scénario écrit à la va-vite (et ça se ressent…), tournage en un mois, montage en à peine deux. Tout ça pour une chronique douce-amère d’un père et de ses deux fils durant une journée. Guillaume, l’aîné, vient de rentrer sur Paris après un échec sentimental qui l’a laissé KO. Son frère Jonathan court les filles à perdre haleine sans autre but que de s’amuser. Enfin leur père traîne ses guêtres à la maison, essayant peut-être un peu tard de recoller les morceaux de cette famille disparate.
 
Et heureusement que Christophe Honoré revendique ses influences, d’ailleurs c’est tellement évident qu’il ne pourrait pas faire autrement : entre un monologue face caméra à la Godard, une scène directement copiée du Domicile conjugal de Truffaut, un dialogue chanté à la Demy, des verbiages comme chez Rohmer… Le problème c’est que loin d’apporter un renouveau au genre, Dans Paris ne fait que plagier ses aînés, à croire que le réalisateur était tétanisé face à cet héritage (et il y a de quoi). Le problème aussi c’est que ça sonne creux : ce qui avait un sens dans les années 60, la liberté de ton, la nécessité de renouvellement, d’inventer des nouvelles formes narratives… n’a plus la même légitimité aujourd’hui. Tout ça tourne à l’exercice de style totalement surfait et finalement plat. Heureusement quelques scènes cassent le rythme et apportent un humour salvateur :  Romain Duris prostré sur son lit en écoutant un vieux 45 tour de Cambodia, un dialogue très vif et non moins amusant entre Guy Marchand et Marie-France Pisier. Sinon, on a un Louis Garrel qui arrive à être dans un style totalement différent aussi exaspérant que Jean-Pierre Léaud (ce qui est une gageur), une histoire d’amour à laquelle on peine à croire… franchement pas de quoi en faire tout un foin.


Ma note : 3/10

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commentaires

Franka 25/10/2006 21:57

Ben moi tout simplement je me suis super fait ch... , sans autre commentaire ^^
Bises mon Neilou
F.

Kim 19/10/2006 02:47

Je me permets de structurer et d'exprimer un peu mieux mon opinion sur ce film. Extraits du papier qui sera publié sur Il était une fois le cinéma :

Ca commence très mal, très vite. La mauvaise impression laissée par la première séquence ne s’estompera jamais. On y voit Louis Garrel faire une brève introduction au récit en donnant les éléments indispensables pour sa bonne compréhension. Un ton libre et décalé, un narrateur omniscient, la volonté d’impliquer le spectateur dans l’histoire : tout cela aurait pu faire mouche si les dialogues n’avaient pas été aussi plats, si la mise en situation des personnages n’avait pas été aussi improbable, et si Garrel s’était montré plus convaincant.

[...]

Mais cela ne suffit pas à faire de Dans Paris un grand film, comme ses grands frères de la Nouvelle vague dont il s’inspire. On a le sentiment qu’il lui manque quelque chose de fondamental : une identité, une âme probablement. A trop vouloir s’inspirer des Truffaut, Godard et autres Rohmer, Honoré en oublie de se concentrer sur son propre film et nous signe un « objet filmique » que l’on pourrait qualifier d’impersonnel. Le comble au regard des plus grandes œuvres de la Nouvelle vague, dont la liberté de ton procédait de la création d’un univers personnel et propre à leurs auteurs. Le problème du film d’Honoré, c’est que le ton qu’il emploie ne paraît pas authentique ; il sonne faux et creux. On peut prendre pour illustrations la séquence d’introduction, où Garrel interpelle le spectateur, la séquence de la chanson au téléphone ou bien encore les faux raccords qui viennent émailler le film : Honoré se contente de reprendre différents procédés caractéristiques de la Nouvelle vague sans pour autant se les réapproprier ou les réinventer. Dans Paris ressemble à une vague tentative de « copier-coller », à une œuvre scolaire passée à la machine, qui aurait perdu en route couleurs et saveur. Bref, l’exigence que porte le cinéaste sur son film est minimaliste.

Kim 18/10/2006 01:40

Cet avis n'est que le mien, donc humblement (mais en l'assumant) : ce film est horrible. La personne avec qui je suis allé le voir ne l'a d'ailleurs guère plus apprécié que moi. Pourtant, la Nouvelle Vague, j'aime plutôt bien, Truffaut c'est bien, Rohmer j'aime beaucoup, etc... Mais là...

Ca commence avec cette séquence où le personnage interpelle le spectateur. Ca voudrait "faire comme", sur le ton décalé et libre de la Nouvelle vague, mais ca ne marche absolument pas, donnant le ton du film pour toute la suite : la faute à des dialogues extrêmement fades, une interprétation catstrophique (personne n'arrivera à me convaincre que Duris est un bon acteur, et son collègue dans la scène d'intro est encore pire), une mise en situation grotesque. Autre séquence lamentable : celle de la chanson au téléphone. Sans parler des faux raccords à la Pierrot le fou, qui sonnent archi faux. La fable du loup et du lapin ? pas comprise, c'était trop intellectuel pour moi, la métaphore était trop forte, les Tarkovski, Bergman et autres LVT n'ont plus qu'à se réhabiller, leur cinéma paraît si peu imagé au regard de cette métaphore, laquelle doit toucher aux rouages psychologiques les plus profonds, que seuls des Kant, Bergson et autres Schopenhauer peuvent esquisser...

Un film sans profondeur, vraiment niais, qui passerait (peut-être, peut-être,...) s'il n'était pas aussi prétentieux. Sans être méchant, ça n'est pas étonnant du tout que les Cahiers aient aimé.

Neil 18/10/2006 09:39

Coucou Cédric et Kim,Ben le moins qu'on puisse dire c'est que le film déchaîne les passions (qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas d'ailleurs) !J'ai parcouru pas mal de forums qui parlent du film et les réactions sont souvent vives sur le sujet... ce que j'ai du mal à comprendre vu la relative "confidentialité" du film mais bon...Comme quoi les goûts et les couleurs..."_"

cédric 17/10/2006 17:29

Coucou Neil,

Alleché par l'odeur des très bonnes critiques dans la presse, et malgré le fait que j'ai déteste le film précédent de Christophe Honoré, "Ma mère", qui avait réussi l'exploit de me choquer, moi qui suis pourtant difficilement choquable, je suis allé voir "Dans Paris", histoire de me faire une idée par moi-même de ce film que les critiques aiment tant.

Eh bien, cela n'a fait que me confirmer que je n'ai décidément pas les mêmes goûts que ces messieurs des Cahiers du cinéma, des Inrockuptibles et autres Télérama, parce que j'ai trouvé ce long-métrage d'un inintérêt absolu. Déjà, n'ayant pas vu les films de la Nouvelle Vague dont se réclament le réalisateur, je n'ai évidemment pas repéré les hommages et références à Godart, Truffaut et autres Rohmer. Mais surtout, on sent que le scénario a été écrit à la va-vite car ce film ne raconte rien. Et rien, quand ça dure 1h32, c'est long !

Heureusement, il y a des choses que j'ai bien aimé, par exemple la prestation surprenante de Guy Marchand, étonnant et loin, très loin de l'interprète du kitschissime "Destinée", ou encore, et contrairement à toi, le jeu de Louis Garrel que j'ai trouvé vraiment bon. Comme toi, j'ai bien aimé le passage sur la chanson de Kim Wilde, même si elle ne sert à mon avis à rien du tout, juste parce que c'est Kim Wilde. Côté chanson, j'ai d'ailleurs bien aimé le passage chanté au téléphone portable, mais ça c'est mon côté "j'adoooooooore les comédies musicales".

Bref, si j'ai réussi à sauver quelques scènes du naufrage, je me suis sérieusement ennuyé. Déjà, j'ai trouvé les dialogues trop écrits, trop verbeux, du genre que les gens de la vraie vie ne disent pas. Résultat, certains acteurs ne s'en sortent pas très bien. Par moments, j'ai trouvé Romain Duris bon, et à d'autres très mauvais. Même chose pour Marie-France Pisier dont j'aurais aimé ne dire que du bien, mais je ne l'ai pas trouvé excellente. Mais dans le style, la palme revient à Joana Preiss, que je ne connaissais pas et qui, selon moi, ne gagne pas à être connue parce qu'elle joue et parle faux du début à la fin du film.

S'il fallait résumer en trois mots ce que j'ai pensé du film, ce serait "j'ai pas aimé !"

Saku39 15/10/2006 22:21

MA copine voulais le voir bah au vu de ta critique je suis plus chaud du tout lol !

Neil 16/10/2006 11:54

En même temps on n'est peu nombreux à ne pas avoir aimé le film, donc mon avis n''est pas forcément des plus représentatif... n'est-ce pas Peyo lol ;-)

Peyo 12/10/2006 01:14

Pour moi, le film n'a pris toute sa saveur qu'une fois sorti de la salle... Quand j'ai tout remis bout à bout, il s'en est dégagé quelque chose de très interessant. L'histoire parait simple (2 frères dont 1 depressif), ce n'est pourtant pas cela l'histoire ---> voire la morale du loup et du lapin et d'autres choses dans la fin

J'en dis + dans ma critique mais si sur la forme, je suis d'accord pour dire que le film est imparfait, sur le fond il est loin d'être aussi plat et creux, vraiment loin ! ;-)

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