Partager l'article ! L'aurore (1927) Friedrich-Wilhelm Murnau: Fiche technique Film américain Titre original : Sunrise Genre : amour ...
Fiche technique
Film américain
Titre original : Sunrise
Genre : amour corrompu
Durée : 1h37
Scénario : Carl Mayer d’après l’œuvre de Hermann Sudermann
Musique : Hugo Riesenfeld
Directeur de la photographie : Charles Rosher et Karl Struss
Avec George O’Brien (L’homme), Janet Gaynor (La femme), Margaret Livingstone (La femme de la ville), Bodil Rosing (La
servante), J. Farrell MacDonald (Le photographe)…
Synopsis : Un pêcheur s'éprend d'une citadine aux allures de vamp. Sous l'influence de celle-ci, il décide de noyer son épouse...
Mon avis : Une histoire d’amour et de mort, de rires et de larmes
Fortement impressionné par Le dernier des hommes, le producteur américain William Fox offre un pont d’or à Murnau pour venir d’installer aux Etats-Unis. Commence alors pour le réalisateur de Nosferatu une nouvelle période de sa carrière qui débute sur les chapeaux de roue avec L’aurore. D’énormes moyens sont mis en œuvre pour réaliser le film, ce qui se voit en particulier à travers les décors (et notamment cette ville entièrement reconstituée et qui servira de décor pour d’autres films). Résultat immédiat plutôt mitigé au niveau du succès populaire, mais immense impact par la suite, l’œuvre de Murnau étant aujourd’hui encore considéré comme un des plus beaux films de l’histoire du cinéma.
Dans une petite bourgade de campagne vit un jeune couple, un homme et une femme, qui ont un petit enfant. Pourtant, ce qui avait commencé comme une belle histoire d’amour n’a plus vraiment lieu d’être : l’homme rejoint maintenant tous les soirs une séduisante jeune femme qui vient de la ville. Cette diabolique tentatrice suggère insidieusement à l’homme qu’elle veut posséder de noyer son épouse. Bien qu’attiré par les lumières de la ville, il refuse cependant catégoriquement l’idée même d’un crime aussi affreux. Cette idée n’en germe pas moins dans la tête du jeune homme qui décide un soir d’emmener sa prude épouse sur une barque au beau milieu d’un lac.
Le mélange des genre frappe au premier abord quand on visionne L’aurore. Ce qui commence quasiment comme un film policier se mue en romance, puis l’aventure, le comique et le drame se mélangent parfaitement. En une heure et demi de temps, le public assiste à un spectacle complet sans aucun temps mort. Non seulement chaque scène est étudiée et fait progresser d’une façon ou d’une autre l’intrigue, mais en plus chaque plan est quasiment parfait. Le travail de mise en scène de Murnau est vraiment impressionnant de précision, et pourtant tout cela nous apparaît d’une légèreté incroyable. Au delà des prouesses techniques indéniables (maîtrise des travellings, de la surimpression, des flash-back…), le travail sur la lumière, d’inspiration à la fois encore un peu expressionniste mais surtout romantique, est particulièrement fabuleux (voir ces contrastes en noir et blanc totalement saisissant).
Et cette parfaite utilisation de l’outil cinématographique n’est là que pour appuyer un propos riche en interprétations. Murnau construit L’aurore toute en oppositions qui se complètent : la campagne, idéalisée, se voit corrompue par une ville coupable de tous les vices, la nuit apparaît comme un pendant maléfique aux bienfaits de la journée… et loin d’être didactique, ces contrastes nous sont amenés très simplement. Les acteurs, en particulier George O’brien, apportent impeccablement leur pierre à l’édifice, tandis que quelques gags frais et bien sentis émaillent ça et là le film. Présenté dès le début comme une histoire intemporelle (d’ailleurs les personnages ne portent pas de nom, ce sont juste un homme, une femme…), L’aurore, au delà des multiples thèmes qui se dégagent (consciemment ou non), fait vibrer, étonne, fait rire ou émeut, en tout cas ne laisse pas indifférent. Joli travail, monsieur Murnau.
Ma note : ****
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