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La splendeur des Amberson (1942) Orson Welles

par Neil 5 Juillet 2014, 05:52 1940's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 15 novembre 1946
Titre original : The magnificent Ambersons
Durée : 1h28
Genre : déchéance familiale
Scénario : Orson Welles d’après l’œuvre de Booth Tarkington
Image : Stanley Cortez
Musique : Bernard Herrmann
Avec Joseph Cotten (Eugene Morgan), Anne Baxter (Lucy Morgan), Tim Holt (George Amberson), Dolores Costello (Isabel Amberson Minafer), Ray Collins (Jack Amberson), Agnes Moorehead (Fanny Minafer)…

Synopsis : Eugene Morgan aime Isabel Amberson, issue d’une vieille famille de la haute bourgeoisie. Mais elle lui préfère le fade Wilbur Minafer. Des années après, ayant réussi dans l’industrie automobile naissante, Eugene retrouve Isabel, qui semble plus réceptive à ses attentions. Mais son fils George ne l’entend pas ainsi... (allocine)

Mon avis : grandeur et décadence

L’anecdote est assez amusante : il se trouve que quand en 1918 Booth Tarkington a écrit son roman La splendeur des Amberson, l’auteur qui était un proche de la famille Welles s’est paraît-il inspiré d’Orson Welles himself pour le personnage de George Amberson (d’ailleurs le véritable nom du réalisateur est George Orson Welles). Plus de vingt ans plus tard le fantasque réalisateur de Citizen Kane en tirera une superbe adaptation.

Et pourtant le film que l’on voit n’est pas le film qu’aurait voulu Orson Welles. Exilé de force en Amérique du sud durant le tournage du film, on impute largement son œuvre et on lui impose un montage sans le consulter. Du coup le film qui devait durer près de deux heures et demi n’en fait plus qu’à peine 90 minutes, et une fin artificielle lui est greffée. Ce qui nuit forcément à cette chronique d’une famille peu à peu ruinée, dont on ne peut qu’imaginer la beauté initiale tant déjà ce qu’on nous donne à voir ici est impressionnant.


Avec un humour raffiné le narrateur débute le récit en nous montrant l’apogée des Ambersons, riche famille appréciée de tous. Cependant, et ce dès la première phrase du film, on sait que c’est déjà le début de la fin. Et déjà on sait que l’artisan de cette ruine sera le fiston hyper gâté George, très bien interprété par Tim HoltLa splendeur des Amberson déroule alors une histoire pleine de rebondissements, de morts et de passions, pleine de vie en somme.

On assiste ainsi à travers ce portrait d’une famille qui refuse la modernité au passage aigre-doux d’une époque à une autre, avec en parangon de cette évolution l’apparition contestée de l’automobile. Refusant l’idée même de travailler, George enfonce un peu plus le déclin de sa lignée en cultivant une relation filiale d’une proximité déplacée avec sa mère. Les relations entre les personnages sont remarquablement rendus, notamment cette rivalité amoureuse qui existe entre la belle-sœur Fanny (impériale Agnes Moorhead) et Isabel. Les qualités visuelles du film ne sont pas en reste, Welles montrant ici un sens aigu de la mise en scène et des mouvements de caméra. On ne s’ennuie pas une seconde dans La splendeur des Amberson, au contraire à la fin on a envie que ça ne s’arrête pas.


Ma note : ****
La splendeur des Amberson (1942) Orson Welles

commentaires

ideyvonne 09/07/2014 11:18

Un très beau film pour ma part dont le N&B renforce la rivalité entre les personnages. Les jeux de lumières y sont efficaces et accentuent selon les scènes les tensions existantes ou sous-jacentes.
Le thème des "nantis" et des "arrivistes" est aussi bien exploité ce qui ajoute encore une couche pour le fils qui ne veut pas que sa mère ait de sentiments pour un homme qui n'est pas de leur lignée et encore moins qui utilise les dernières technologies !
Tous les acteurs jouent à merveille, on entre facilement dans leurs personnages respectifs et tu as bien fait de nommer Agnès Moorhead et Tim Holt.

ideyvonne 12/07/2014 15:32

C'est LA définition d'un grand classique ;)

neil 11/07/2014 18:40

Oui, c'est un très beau film dont on garde des images et des souvenirs longtemps après sa vision. Un classique en somme.

karamzin 16/07/2007 19:00

bien bien, même s'il m'a semblé ici que welles ne voyait pas le progès d'un bon oeil, disons pour être plus clair qu'il ne le voyait pas forcément au service de l'homme, ce qui change pas mal la vue que l'on pourrait avoir sur le dernier rejeton de la famille amberson. autre chose qui n'a rien à voir, j'aimerai bcp savoir ce qu'il en est du lesbianisme dans quai! j'insiste...

Neil 17/07/2007 09:57

Ah oui clairement Welles ne se fait pas le défenseur du progrès... enfin moi je nuancerais en disant qu'il dépeint la déchéance de cette famille (un peu comme le fera plus tard Visconti) chez qui le progrès est vu négativement. Du coup, c'est plus le procès de cette famille de nantis sur le déclin qu'il fait... (et pour répondre à ta question sur Quai, je l'ai fait en répose à ton com' mais c'est vrai ça ne s'affiche pas sur la page d'accueil... je vais voir ce que je peux faire)

eeguab 07/01/2007 12:09

Je lis actuellement Welles au travail,un beau livre aux Cahiers du cinéma.J'y reviendrai vite.Merci de ton intérêt pour mon blog.C'est tout à fait réciproque

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