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Répulsion (1965) Roman Polanski

par Neil 5 Mai 2010, 10:07 1960's


Fiche technique

Film britannique
Genre : paranoïa claustrophobe
Durée : 1h45
Scénario : Roman Polanski et Gérard Brach
Musique : Chico Hamilton
Directeur de la photographie : Gilbert Taylor
Avec Catherine Deneuve (Carole Ledoux), Ian Hendry (Michael), Yvonne Furneaux (Hélène Ledoux), John Fraser (Colin), Patrick Wymark (Landlord)…

Synopsis : Une jeune femme dont la vie amoureuse est perturbée sombre dans la schizophrénie meurtrière.

Mon avis : Le mal venait de l’intérieur

Remarqué par son premier long-métrage Un couteau dans l’eau, nommé aux oscars, Roman Polanski débarque au milieu des années 60 en Angleterre en plein Swinging London. Le jeune homme qui grandit dans le bloc communiste découvre alors le vent de liberté qui souffle sur l’occident. Il rencontre la jeune Catherine Deneuve, à cette époque compagne de David Bailey, le photographe des Rolling Stones entre autres. C’est dans ce contexte qu’il tourne son deuxième long, Répulsion. Ce thriller psychologique est pleinement ancré dans son époque autant par sa mise en scène qui s’inspire de la Nouvelle Vague que dans son atmosphère et son ambiance.

Carole est une jeune francophone (belge plus précisément, comme on l’apprendra plus tard) qui vit avec sa sœur dans un appartement londonien. Elle est manucure dans un salon de beauté et sort peu. De nature renfermé, elle se méfie des hommes comme de la peste, en particulier l’amant de sa sœur Michael qui selon elle empiète beaucoup trop sur la vie quotidienne des deux colocataires. Pourtant cette jeune femme est belle et s’attire les regards concupiscents de nombreux hommes, notamment Colin qui va tout faire pour séduire la demoiselle. Quand sa grande sœur décide de partir en vacances avec Michael, Carole est soudainement effrayée à l’idée de se retrouver seule dans l’appartement.

La mise en place de l’intrigue durant toute la première partie du film est d’une lenteur qui a de quoi déconcerter. Avec une patience d’orfèvre Roman Polanski pose ses jalons en décrivant la vie quotidienne banale de Carole au risque de lasser le spectateur. Ce n’est que petit à petit, sans qu’on s’en rende réellement compte, que Répulsion révèle son étrangeté. Et c’est justement parce que ce début était tellement anodin qu’on est surpris par ces détails apparemment insignifiants mais qui apparaissent finalement tellement effrayants par la suite. L’ambiance sonore est ici capitale pour rendre compte de l’atmosphère oppressante du film : la sonnerie d’un téléphone, un robinet qui fuit, une mouche qui vole sont autant d’éléments qui agacent et qui mettent brillamment en condition pour les images qui vont suivre.

De même l’intérêt de Répulsion tient à ces images excellemment cadrées par un Roman Polanski déjà maître de sa caméra : un gros plan sur un œil, une carcasse de lapin qui pourrit peu à peu, des failles dans les murs de l’appartement vont fortement influer sur la psyché de Carole. Car c’est bien elle dont il s’agit durant tout le film, incarnée parfaitement par Catherine Deneuve. On ne peut définitivement pas juger la carrière de l’actrice sans évoquer ces premières prestations qui, à l’instar de Belle de jour, la montrent sous un jour tout à fait différent de ses futures rôles. Elle se montre à la fois fragile et inquiétante en jeune femme timide et maniaque, enfermée dans son propre monde et qui subit de plein fouet un environnement qui la terrifie. Et c’est tout le talent de Polanski que de ne pas expliciter le déséquilibre de son héroïne. Mise à part la toute fin (à étudier avec attention tant elle remet en cause finalement pas mal de choses), le réalisateur s’en tient aux psychoses graduelles qui vont petit à petit conduire Carole à commettre des actes irréparables. Elle peut-être vue alors à la fois comme la victime et le bourreau d’un monde oppressant et violent, une femme qui n’est pas à sa place et qui pourtant a l’air tellement normale. Méfiez-vous de vos tranquilles voisins…

Ma note : 7,5/10

commentaires

Cameleon 04/04/2011 23:43


Ce n'est ni de l'inceste, ni de la pédophilie (ou alors jai rien compris ^^) c'est un film sur la schizophrénie (très justement decrite)


Neil 05/04/2011 15:46



La schizophrénie est le thème principal, on est d'accord.
Cela dit, j'ai vu le film il y a quelque temps mais il me semble que l'approche de la sexualité est importante pour bien comprendre les enjeux.



Dans ton Culte ! 07/11/2010 20:12


j'hésitais à aller le voir, ton article m'a convaincu !


Neil 08/11/2010 08:22



Merci, c'est un des (modestes) buts du blog :)



martine 17/05/2010 20:19


pas un mot sur l'inceste et la pedophilie ?


Neil 18/05/2010 14:07



Non, effectivement, j'ai choisi de ne pas en parler pour ménager l'effet de surprise que réussit très bien à instaurer Polanski... mais c'est en effet un thème central du film.



Thomas Grascoeur 10/05/2010 14:46


Un film très impressionnant...


Neil 10/05/2010 22:24



Franchement impressionnant, je suis d'accord avec toi...



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