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Bobby (2006) Emilio Estevez

par Neil 2 Février 2007, 22:27 2000's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 24 janvier 2007
Genre : tranches de vie historiques
Durée : 1h52
Scénario : Emilio Estevez
Musique : Mark Isham
Directeur de la photographie : Michael Barrett
Avec Anthony Hopkins (John Casey), Demi Moore (Virginia Fallon), Elijah Wood (William), Sharon Stone (Miriam), Harry Belafonte (Nelson), Lindsay Lohan (Diane), Emilio Estevez (Tim Fallon)…
 
Synopsis : Retour sur la tragédie du 5 juin 1968, où le sénateur démocrate Robert F. Kennedy était assassiné dans les couloirs de l'Hôtel Ambassador de Los Angeles, avec en arrière-plan les problèmes sociaux et politiques de l'Amérique de la fin des sixties : racisme, sexisme, inégalités. (allocine)
 
Mon avis : Requiem for a dream
 
Il était une fois une époque où l’on avait encore des idéaux. Une époque où les jeunes se battaient encore pour des idées et non pour des acquis, où les démocraties avaient le vent en poupe, et où les hommes politiques proposaient des vrais projets de société. C’est de cette époque dont veut nous parler Emilio Estevez, fils et frère de dont le talent pour la mise en scène n’avait jusqu’à maintenant pas vraiment frappé les esprits. Son Bobby, hommage appuyé à Robert Kennedy pour ceux qui n’auraient pas suivi, il l’a porté pendant de nombreuses années avant de pouvoir le réaliser. Avec un indéniable talent.
 
Ce ne sont pas moins de 22 histoires individuelles qui s’entremêlent habilement dans cet hôtel Ambassador, le jour des élections californiennes. Un portier à la retraite n’en finit pas de hanter les lieux, jouant aux échec avec son vieil ami. Un serveur mexicain se voit sucrer sa soirée par un intendant du genre raciste. Le directeur voit son mariage compromis par sa liaison avec une jeune standardiste. Deux jeunes découvrent le LSD alors que leurs amis supportent le prochain futur président. Le mari d’une chanteuse alcoolique n’en peut plus d’être sous-estimé tandis qu’une célébrité en mal de confiance en elle va trouver l’appui de son mari dépressif.
 
La force de Bobby n’est pas tant sa mise en scène (cela dit assez maîtrisée même si très classique pour un film choral de plus, diront les uns) que son subtil dosage entre réalité et fiction. On l’a dit, toute l’action du film se déroule dans un lieu unique (l’hôtel Ambassador, qui a réellement existé) et en une seule journée, ce jour tragique qui a vu l’assassinat de Robert Kennedy. Le film s’ouvre, se ferme, et associe de temps en temps quelques images d’archive triés sur le volet et d’une intensité poignante. Et pourtant, le film n’est pas un documentaire : les histoires de chacun sont imaginées, même si certains des personnages ont réellement existé. C’est l’alliance réussie entre histoires individuelles et Histoire collective qui donne au film son ton si particulier.
 
D’ailleurs d’un point de vue historique comme d’un point de vue sociologique, Bobby est intéressant . Pratiquement chacune des histoires qui composent ce patchwork parfois un peu foutraque est pourtant assez bien mise en valeur pour exister sans empiéter sur chacune des autres. Emilio Estevez en profite pour esquisser des réflexions assez justes même si forcément trop sommaires sur la guerre, le racisme, la place de la femme, le couple… tout ça à replacer bien sûr dans le contexte de l’époque. Une fin d’années 1960 idéalisée où l’on peut sentir tout le potentiel d’avenir qui germait alors dans les esprits. Une époque que l’on ne peut s’empêcher de comparer à la nôtre, se demandant sans cesse quelles évolutions ont pris chacun des thèmes sus-cités.
 
Et pour incarner cette panoplie de destins croisés le réalisateur a profité avec Bobby de l’engouement actuel de toute la jet-set hollywoodienne pour ces questions politique et de société. Ainsi Anthony Hopkins et Sharon Stone, toujours aussi bons, croisent l’épatant William H. Macy ou l’incontournable Lolita du moment, Lindsay Lohan. Demi Moore y trouve un de ces meilleurs rôle tandis que Christian Slater joue visiblement avec jubilation un salaud ordinaire. Toutes ces petites histoires, qui paraissent anecdotiques mais relève collectivement d’un tout, vont se percuter dans un final en apothéose d’une tension dramatique palpable, pour déboucher sur une fin que tout le monde connaît, malheureusement.

Ma note : ***
Bobby (2006) Emilio Estevez
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