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Solaris (1972) Andrei Tarkovski

par Neil 27 Février 2007, 22:06 1970's

Fiche technique
Film russe
Genre : anticipation irrationnelle
Durée : 2h45
Scénario : Fridrikh Gorenstein et Andreï Tarkovski D’après le roman de Stanislaw Lem
Directeur de la photographie : Vadim Ioussov
Musique : Eduard Artémiev, Jean-Sébastien Bach
Avec Dodnatan Danionis (Kris Kelvin), Natalia Bondartchouk (Hari), Vladislav Dvorjetski (Burton), Jüri Järvet (Docteur Snaut), Nikolai Grinko (Le père de Kelvin), Anatoli Solonitsyne (Docteur Sartorius) … 

Synopsis
 : Suite à la disparition d’un radiobiologiste et d’un physicien sur la station orbitale chargée d’étudier l’océan à penser de la planète Solaris, un psychologue est envoyé là-bas pour tenter de comprendre ce qui se passe réellement…

Mon avis : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme

Il est d’usage de mettre en perspective Solaris et 2001 : l’odyssée de l’espace. Le film de Kubrick, sorti durant la préparation de celui de Tarkovski, a-t-il influencé le réalisateur russe, ne serait-ce que dans la volonté d’offrir un pendant soviétique aux visions américaines du progrès scientifique ? La narration de Solaris se situerait-elle après celle de 2001… ? Bref, on n’a pas fini de se poser des questions. On peut tout aussi bien envisager un parallèle entre Solaris et l’autre œuvre majeure d’anticipation de Tarko qu’est Stalker : même attachement à une vision humaniste de la science qui sans celà ne conduit qu’au néant. Cependant, si dans le premier film l’Océan englobe tous les désirs et les souvenirs humain et est perçu comme dangereux, dans le deuxième la Zone permet d’exaucer ces mêmes désirs et est à la fois attirante et inquiétante. Pour en revenir à Solaris, ici Kelvin se rend donc sur une station orbitale pour savoir quels sont la nature des phénomènes étranges qui s’y déroule et va lui-même être confronté bien malgré lui à des événements qui vont le perturber.

Et une fois encore Tarkovski prend son temps. Le rythme lent de la narration (surtout en début de film) n’est pas un atout fondamental pour l’accessibilité immédiate du film. On se console avec des images encore une fois éblouissantes, notamment de la nature, admirablement filmée et qui sert de lien entre la station orbitale et la Terre : son absence se fait cruellement ressentir dans la station et l’on va recourir à des subterfuges pour la recréer artificiellement ou non. Sans doute cette absence contribue-t-elle à l’aliénation dont sont victime les trois scientifiques, qui représentent d’ailleurs trois visions différentes de la Science, du radical Sartorius, le pendant du scientifique de Stalker, qui stigmatiserait les dangers d’une science aveugle, à notre bon vieux Kelvin qui désire rester objectif et lutte pour ne pas se laisser déborder par ses émotions. La vision de Tarkovski est celle de l’artiste (les références artistiques pullulent d’ailleurs dans le film) qui met en garde contre les dangers du progrès et surtout valorise l’amour comme ultime rempart face au rationalisme ambiant. C’est par le biais de la mémoire, et en particulier les souvenirs des êtres aimés que l’individu accède à une certaine forme de paix, de réconciliation salvatrice. Combinées à une maîtrise du cadrage et de la mise en scène, ces bien belles réflexions font de Solaris un de ces films incontournables qui méritent le détour.

Ma note : 9/10

commentaires

D&D 24/08/2007 01:31

Purée, j'espère...
(T'as vu, ça rime ? C'est incroyable comme j'écris, non ?)
:-)))))

D&D 19/08/2007 05:25

Là, je ne me suis pas foulé en curiosité. Je me suis dis "tiens, voyons ce que Neil écrit suur Solaris". Un de ses films auquel je ne peux penser qu'avec bonheur, et évidemment, ce n'est pas ici qu'il y aura désaccord entre nous ! En tout cas, pas en première approche :)

Neil 19/08/2007 10:31

Ah mais je ne vois pas pourquoi il y aurait désaccord entre nous : au contraire, du dialogue naît la lumière (enfin il paraît) :)

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