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Voyage au bout de l’'enfer (1978) Michael Cimino

par Neil 15 Mars 2007, 21:39 1970's

 

Fiche technique

Film américain, britannique
Date de sortie : 7 mars 1979
Genre : la guerre et ses méfaits
Titre original : The Deer Hunter
Durée : 3h02
Scénario : Michael Cimino, Deric Washburn, Louis Garfinkle, Quinn K. Redeker
Musique : Stanley Myers
Directeur de la photographie : Vilmos Zsigmond
Avec Robert De Niro (Michael), Christopher Walken (Nick), John Savage (Steven), Meryl Streep (Linda), John Cazale (Stanley)...

Synopsis : Une petite ville industrielle, en Pennsylvanie, à la fin des années 60. Une bande de copains se retrouve après le boulot (à la sidérurgie locale) pour jouer au billard, boire des bières et chasser le cerf dans les montagnes. Steven épouse Angela en grande pompe, Michael et Nick en pincent pour la demoiselle d'honneur. Mais une drôle de noce attend les trois hommes, là-bas, au Vietnam...

 

Mon avis : La fin de l’innocence

 

Le deuxième film de Michael Cimino commence à forger la stature d’un réalisateur à la fois brillant et maudit, ce que confirmera La porte du paradis. Le tournage de Voyage au bout de l’enfer a été une véritable épreuve de force. Dépassant le budget et multipliant les conditions de tournage difficiles, le film de Cimino décrochera au bout du compte cinq oscars hautement mérités. Dans une période trouble, n’hésitant pas à aborder un sujet sensible dans l’opinion (la guerre du Vietnam vient tout juste de s’achever), le réalisateur impose une vision apocalyptique du conflit, juste avant celle de Francis Ford Coppola. Oui mais le traitement n’est pas le même : ici l’action se passe en majorité avant le départ des soldats et après, à leur retour au pays. Les scènes de guerre du milieu du film (balancées cash sans transition aucune), si elles sont émotionnellement très fortes, ne constituent pas l’essentiel de la narration.

 

Ainsi la première partie du film s’attache à nous présenter les personnages, trois amis qui s’apprêtent à partir au Vietnam le lendemain du mariage de l’un deux, Steven (John Savage très émouvant). Au détour de quelques scènes de joyeuse communion (comme les affectionne particulièrement Michael Cimino) on peut ressentir une tension palpable quand ils rencontrent un soldat, remarquer une appréhension déguisée derrière un sourire de façade… et via un mouvement de caméra furtif, deux gouttes de vin qui s’échappent vont faire office de mauvaise augure. C’est tout le grand mérite de Voyage au bout de l’enfer que d’insinuer les choses sans jamais les affadir. Le décalage que ressent Michael (un Robert de Niro au top, qui a d’ailleurs appliqué à la lettre les consignes de l’Actor’s Studio pour le rôle) quand il rentre dans son village ne sera jamais verbalisé, mais on le ressent au plus profond. Et que dire des scènes de roulette russe, d’une intensité dramatique rarement atteinte et où Christopher Walken excelle à faire passer toute la folie d’un personnage qui ne sera plus jamais le même après cette monstrueuse aventure. Ici, pas de discours savamment orchestré à la Apocalypse now ni de critique en règle de l’institution façon Full Metal Jacket. Juste des hommes, courageux ou lâches, pleins de vie, de rêves et de désirs, fauchés en pleine jeunesse et qui garderont tous, à des degrés différents, des séquelles indélébiles de cette aliénante aventure que l’on nomme la guerre.

 

Ma note : 9/10

commentaires

dasola 19/04/2007 15:00

Un des jalons de l'histoire du cinéma, les acteurs dignes d'éloges. Je n'en rejouterai pas plus par rapport aux deux commentaires. Sauf que c'est dommage que Michael Cimino ne fasse plus de film. C'est un manque pour le cinéma américain.

eeguab 17/03/2007 13:10

Très grand film dont j'aurais tant aimé qu'on l'appelle en français Le tueur de daims simplment parce qu'en fait cela exprime mieux la "vie d'avant" avec le boulot,la chasse,les filles et les bals,"Can't take my eyes of you".Souvent je pense que la longueur est faiblesse mais dans le cas de The deer hunter elle se justifie pleinement.Et des figures inoubliables De Niro,Walken,Streep bien sûr mais aussi John Cazale et George Dzundza pour une sorte de Portrait de groupe suivi de guerre.

Neil 17/03/2007 21:53

Ah oui je n'ai même pas parlé du regretté John Cazale, malheureusement disparu avant la sortie du film...

Chris 16/03/2007 08:30

Une des plus belles distributions de l'Histoire du septième art avec De Niro impérial. Plus qu'un film de guerre, plus qu'un film sur l'amitié. Un film étrange, coupé en deux, où l'on entre dans la guerre que dans la seconde partie. C'est sans doute la première partie qui étudie de près un microcosme humain qui rend la seconde très puissante. Pour moi, un voyage au bout du chef-d'oeuvre !!!

+++

Neil 16/03/2007 22:30

Oui, certains trouvent la première partie trop longue mais je trouve comme toi qu'elle prend tout son sens au regard de la suite.

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