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Angel (2006) François Ozon

par Neil 17 Mars 2007, 21:53 2000's

Fiche technique
Film français, britannique, belge
Date de sortie : 14 mars 2007
Genre : vie à l’eau de rose
Durée : 2h14
Scénario : François Ozon et Martin Crimp d’après l’œuvre d’Elizabeth Taylor
Directeur de la photographie : Denis Lenoir
Musique : Philippe Rombi
Avec Romola Garai (Angel Deverell), Michael Fassbender (Esmé Howe Nevinson), Lucy Russell (Nora Howe Nevinson), Sam Neill (Theo), Charlotte Rampling (Hermione), Christopher Benjamin (Lord Norley) …

Synopsis : Angleterre, 1905. Angel Deverell, jeune écrivain prodige, connaît une ascension fulgurante et réalise ainsi le rêve de toute jeune fille : succès, gloire et amour. Mais n'est-ce pas trop pour une seule femme ? (allociné)
 
Mon avis : La vie rêvée d’une garce

Tout réalisateur français intimiste qui se respecte se doit de tourner un film aux accents britanniques. Ainsi, après François Truffaut  et ses Deux anglaises et le continent, Patrice Chéreau avec Intimité, c’est au tour de François Ozon de s’y coller pour Angel. L’adaptation du roman d’Elizabeth Taylor (non, c’est pas elle…) qui raconte les aventures sentimentales d’une jeune arriviste anglaise acquérant rapidement gloire et succès dans l’Angleterre du début de siècle.

Le moins qu’on puisse dire en tout cas c’est qu’Ozon sait se renouveler à chaque film et mettre ainsi un talent indéniable au service de genres multiples. Aucun de ses films ne se ressemblent malgré une touche particulière qu’on peut déceler dans la mise en scène. Ainsi  il passe avec brio (ou pas, ça dépend) d’une satire fantastico-atypique à une adaptation théâtrale volontairement outrancière, d’un polar au casting prestigieux à des drames intimes tantôt bouleversant tantôt énervants. Avec Angel on a affaire à une fresque romanesque qui se veut un hommage aux films d’Hollywood des années 1940 ou 1950 mais qui finalement en est bien loin.


C’est encore un portrait de femme auquel se livre Ozon avec Angel ; et au delà de la femme, c’est une vraie peste qui est ici mise en scène. Jamais durant tout le film on n’éprouve de la sympathie pour Angel, petite fille imbue d’elle même qui n’a même pas le charme de Scarlett O’hara (qui entre nous n’était finalement pas si charmante). Bref, je ne sais pas vraiment comment a fait le réalisateur pour s’intéresser à un personnage aussi futile et vain, et plus encore pour s’y attacher. Peut-être faut-il prendre tout ça pour du second degré, un second degré assumé par le kitsch de la mise en scène. Oui mais ça ne prend pas, les scènes (à part une peut-être qui sauverait le film) sont tellement prévisibles et ridiculement stéréotypées (la demande en mariage sous la pluie, la lettre salvatrice qu’on attendait plus…) qu’on est tout du long agacé.

Et en plus François Ozon à l’air de parler très sérieusement de son dernier opus comme d’un mélodrame flamboyant ; reste qu’Angel ne possède aucunement la finesse de Tout ce que le ciel permet (pour n’en prendre qu’un). La réalisation est empesée (c’est quoi ces faux trucages, cf. le voyage de noces… ?), les acteurs sont balourds et en font beaucoup trop (seule Charlotte Rampling fait montre d’un talent certain, mais sous-exploité) et l’histoire fait la triste apologie de l’argent et du star-system. Certes, c’est artificiel et la morale est sauve, mais franchement faut-il encore aujourd’hui calquer toujours les mêmes rêves féminins stéréotypés (le prince charmant, le beau château, les domestiques…) : plus que d’un réel amour des femmes, ça ressemble plus pour moi à du mépris. Tout cela n’est pas à prendre à la lettre, me direz-vous, ce n’est que du divertissement… si on veut ; reste que ça reste pour moi du réchauffé sans âme et franchement décevant.


Ma note : °
Angel (2006) François Ozon
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commentaires

Bastien 07/04/2007 12:02

Tout est dit ? Ozon se perd dans sa volonté de rendre hommage à l'anglais Hitchcock, La splendeur des Amberson ou Le temps de l'innocence. A choisir entre le Ozon cinéphile et le Ozon cérébral (Sous le sable), je préfère encore ce dernier. Ici, seuls les seconds rôles sont intéressants, et encore (Charlotte Rampling sous-employée chez Ozon, quoi ???)

Franka 29/03/2007 18:59

J'avais déjà troivé 8 femmes hyper académique et prétentieux.. Là j'avais vraiment pas envie.
Tu me confimes ...
Biz mon Neilou

Neil 30/03/2007 21:50

Loul ma Franka... Moui 8 femmes n'est pas non plus mon Ozon préféré. Pas le pire mais pas le meilleur c'est sûr... bizzz "_"

Peyo 20/03/2007 16:31

J'avais un doute, maintenant je suis fixé, j'irais pas ^^

Neil 20/03/2007 17:30

lol... de l'incidence des blogs sur la fréquentation cinématographiqueAh mais tu n'es pas la seule Melo, rassure toi, beaucoup ont applaudi dans la salle après la projection (et les critiques sont loins d'être mauvaises)

Melo 19/03/2007 00:20

Bon, c'est peut être aussi à cause de mon surnom ridicule mais Angel, j'ai bien aimé moi. Je m'attendais pas à me prendre la tête dessus comme cela (et dire que je l'ai choisi parce que je pensais que ça serait plus facile que le Téchiné..)

smallwitch 18/03/2007 13:15

J'ai vu la bande annonce, je ne suis pas trop tentée. Ça a l'air trop manieré.

Dr Orlof 18/03/2007 13:02

C'est effectivement très mauvais! Ce ne sont pas les clichés qui m'agacent (j'adore le mélo) mais cette manière qu'à Ozon de n'en retenir que le côté kitsch et non pas émotionnel. Tout est artificiel, académique. Jamais on ne sent la vie qui passe dans cette illustration paresseuse d'un scénario convenu...

Neil 18/03/2007 15:06

Oui, j'aime beaucoup le mélodrame moi aussi mais là la distance avec laquelle Ozon traite son sujet désamorce toute émotion. C'est comme tu le dis, artificiel.

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