Partager l'article ! A dangerous method (2011) David Cronenberg: Fiche technique Film canadien Date de sortie : 21 décembre 2011 Genre : Naissance d ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film canadien
Date de sortie : 21 décembre 2011
Genre : Naissance de la psychanalyse
Durée : 1h39
Scénario : Christopher Hampton, d’après l’œuvre de John Kerr
Image : Peter Suschitzky
Musique : Howard Shore
Avec Michael Fassbender (Carl Jung), Keira Knightley (Sabina Spielrein), Viggo Mortensen (Sigmund Freud), Sarah Gadon (Emma
Jung), Vincent Cassel (Otto Gross), André Hennicke (Eugen Bleuler)
Synopsis : Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant
d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund
Freud... (allocine)
Mon avis : Voyage aux confins de la psyché
humaine
On a reproché à A dangerous method d‘être un film « psychologisant », et c‘est pourtant là sa principale
qualité. Il n’y a rien de plus naturel que d’analyser au plus profond la psyché des personnages pour un film qui traite justement de la naissance de la psychanalyse. Et on ne pouvait rêver de
meilleur réalisateur que David Cronenberg pour évoquer un tel sujet, tant ses films sont remplis de codes psychanalytiques. Pratiquement tous ses personnages développent une pathologie,
de la schizophrénie à la paranoïa en passant par diverses mutations physiques. Ce qui est étonnant, c’est de le voir adopter une forme aussi compassée dans ce film qui retrace quelques périodes
clés de la vie de Carl Gustav Jung. Mais justement, c’est peut-être derrière ce cadre en papier glacé que se tapissent les obsessions cachées.
Dans une calèche une jeune femme, Sabina Spielrein, se débat. On la conduit en Suisse dans un institut psychiatrique pour se
faire soigner. C’est le séduisant docteur Jung qui va s’occuper d’elle. Il met en pratique une thérapie particulière, développée par Sigmund Freud, qui consiste uniquement à parler avec le
patient. Réticente au départ, Sabina finit par évoquer des périodes difficiles de son enfance. Agitée, elle ne cesse d’avoir des convulsions au fur et à mesure que les événements les plus
traumatisants de sa vie sont dévoilés. Son père la battait quand elle était petite et elle a grandit dans la crainte et avec un sentiment perpétuel de honte qui ne l’a jamais quitté.
Dans sa forme, A dangerous method peut apparaitre comme un pur produit hollywoodien, ce qu’il est en partie.
David Cronenberg reste fidèle à ses collaborateurs, et autant la photographie de Peter Suschitzky que la musique d’Howard Shore sont parfaitement maitrisés. La
retranscription du début du XXème siècle est impeccable, peut-être un peu trop lisse. Mais c’est justement tout le talent du réalisateur canadien que de nous montrer combien ce vernis cache les
failles des protagonistes. Le milieu bourgeois dans lequel évolue Jung, doublé d’une éducation protestante particulièrement rigoriste, va favoriser, avec les deux déclencheurs que sont
Sabina Spielrein et Otto Gross, l’émergence de ce que d’aucuns appelleront folie, d’autres défoulement, chez le médecin des âmes. Les failles de chacun des personnages
apparaîtront alors de façon plus ou moins visible, et tandis que la patiente guérit plus ou moins, c’est son thérapeute qui sombre peu à peu.
Pour nous montrer ce cheminement tortueux, A dangerous method choisit la parole. Suivant les préceptes de la
psychanalyse, le film fait parler ses personnages, sans doute trop, ce qui donne un film particulièrement verbeux. L’apport de Christopher Hampton à l’adaptation du roman de John
Kerr se fait ressentir, autant dans la forme classique que dans l’aspect littéraire du film. Il devient alors un objet intellectuellement stimulant, un plaisir du cerveau qui manque
peut-être de chair. Reste que l’interprétation des acteurs et des actrices est particulièrement réussie. On retiendra en particulier un Michael Fassbender décidément sans fausse note,
qui réussit ici à retranscrire dans son visage et dans ses gestes le trouble intérieur qui assaille son personnage, désireux à la fois de garder le contrôle et de lâcher prise. S’il n’est pas
parfait, le film de David Cronenberg n’en est donc pas moins follement intéressant et stylistiquement abouti.
Ma note : ***
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