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A touch of sin (2013) Jia Zhang-Ke

par Neil 5 Décembre 2013, 06:03 Avant-Première

Touch_Sin.jpgFiche technique
Film chinois
Date de sortie : 11 décembre 2013

Durée : 2h09
Genre : violence sociale

Scénario : Jia Zhang-Ke
Image : Yu Lik-Wai

Musique : Lim Giong
Avec Jiang Wu (Dahai), Luo Lanshan (Xiao Hui), Wang Baoqiang (Zhou San), Li Meng (Lianrong), Zhao Tao (Xiao Yu), Zhang Jiayi (l'amoureux de Xiao Hui)...

Résumé: Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiao Yu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiao Hui passe d’un travail à l’autre dans des conditions de plus en plus dégradantes.

Mon avis : les travellings sont affaire de morale

Plusieurs faits divers sont à l’origine d’A touch of sin. Jia Zhang-Ke s’est rendu sur les lieux de quatre incidents violents qui se sont déroulés dans plusieurs provinces chinoises, et s’en est inspiré pour le scénario de son film. Pour son dixième long-métrage, le réalisateur de Still life, Lion d’or au festival de Venise en2006, s’est offert une autre sélection au festival de Cannes. Présenté au début de la compétition, le film est un des premiers à marquer les spectateurs et s’est effectivement retrouvé auréolé d’un prix, celui du Meilleur scénario remis par Steven Spielberg. Ce qui est très étonnant, au vu de la violence à la fois visuelle et messagère du film, c’est qu’il a visiblement passé les obstacles de la censure dans son pays d’origine. Le réalisateur estime ainsi qu’il pourra sortir dans les salles chinoises dans la même version que celle présentée à Cannes.

Dans un village de la province agricole du Shanxi, Dahai est en colère contre les dirigeants de la mine dans laquelle il travaille et contre le chef de son village. La corruption qui règne en maître le fait enrager, et il ne se cache pas pour le dire à qui de droit. Lors du retour de voyage du dirigeant, orchestré en fanfare, Dahai n’hésite pas à monter au créneau et obtient un rendez-vous pour s’expliquer. Quelques instants plus tard, quand tout le monde est parti, des hommes de main s’avancent vers lui et le tabassent. Dahai n’en peut plus, il décide alors de ne plus se laisser faire. Prenant une arme à feu, il va voir chacune des personnes qu’il estime responsable de ce chaos et les menace. Voyant qu’à chaque fois les explications qu’il attend tardent à venir, il perd patience et les abat, un par un.


On pourrait faire un leçon de mise en scène avec A touch of sin. Pratiquement tous les outils du bon réalisateur sont là, des zoom avant et arrière aux travellings en passant par le flou artistique ou le hors-champ. Et ceci n’est pas une critique négative, bien au contraire, car tous ces éléments sont parfaitement intégrés au récit. Ils ont chacun un but précis, une signification particulière et sont distillés avec parcimonie, évitant ainsi le tape-à-l’œil de l’auteur qui veut démontrer son talent. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi le jury du festival de Cannes n’a pas décerné à Jia Zhang-Ke le prix de la mise en scène plutôt que celui du scénario, pas vraiment mérité. Car pour le coup, l’histoire du long-métrage mériterait amplement d’être resserrée, et les fils reliant les protagonistes, volontairement ténus, gagneraient à être plus exploités.

Pourtant A touch of sin raconte beaucoup de choses, sans doute trop, qui dressent un portrait très intéressant de son pays d’origine. Il semble que Jia Zhang-Ke a voulu mettre dans son long-métrage tout ce qui gangrène la Chine actuellement : la corruption, la violence, la condition féminine, celle les migrants, des travailleurs pauvres… tout y est, en même temps on a un peu l’impression que c’est un gros gâteau indigeste. Reste que le propos en lui-même est appréciable, d’autant plus qu’il évite d’être manichéen, et que la forme (ces explosions de violence après un calme plat) renforce le discours. Malgré cela, on peine à rester concentré durant les deux heures de film, qui frise parfois la démonstration d’auteur pour festivaliers. Notons toutefois un casting habilement dirigé : Jia Zhang-Ke est vraiment un nom à retenir.

Ma note : ***

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commentaires

sin 14/02/2014 11:10


Le visage de l'acteur sur l'affiche, je pense que ça doit être Jiang Wu, me dit quelque chose, j'ai l'impression qu'il a eu des petits rôles dans To live et dans le film de Jackie Chan 1911...En
tout cas si je peux mettre la main sur celui-ci, je n'hésiterai pas à le regarder :)

Neil 18/02/2014 12:24



Oui, bien vu ; je ne connais pas ces films pour ma part. Ce film est à voir, en effet.



dasola 08/12/2013 15:08


Bonjour Neil, il y a quelques films asiatiques comme celui-ci (et qui sortent bientôt) que je compte bien aller voir. Merci pour le conseil. Bon dimanche.

Neil 09/12/2013 17:41



Bonjour Dasola, je te conseille ce film, qui n'est pas sans défaut mais mérite qu'on se déplace pour le voir. Bonne fin de journée.



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