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Amour (2012) Michael Haneke

par Neil 1 Août 2012, 05:02 Avant-Première

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Fiche technique
Film autrichien
Titre original : liebe
Date de sortie : 24 octobre 2012
Genre : fin de vie
Durée : 2h06
Scénario : Michael Haneke
Image : Darius Khondji
Avec Emmanuelle Riva (Anne), Jean-Louis Trintignant (Georges), Isabelle Huppert (Eva), Alexandre Tharaud (lui-même), Carole Franck (Infirmière), William Shimell (Geoff)…

Synopsis : Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. (allocine)

Mon avis : Pourquoi les gens qui s’aiment sont-ils toujours un peu cruels

Onzième film de cinéma de son auteur, Amour se démarque singulièrement de ses précédents films. Michael Haneke démarre à la télévision au milieu des années 70, après avoir brièvement exercé en tant que critique. Il adapte ainsi de nombreuses œuvres du répertoire traditionnel germanique, tant des pièces de théâtre que des opéras. Il ne vient au cinéma qu’à l’âge de 47 ans, avec sa trilogie sur la glaciation émotionnelle, qui annonce la couleur : la suite de sa carrière tournera autour de ces thèmes. Par sa mise en scène, il met le spectateur face à lui-même, il confronte la société à ses fantômes et pointe du doigt les dangers contemporains. Ici, il nous soumet avec acuité une des plus fortes angoisses de beaucoup d’entre nous en nous parlant de la vieillesse et de la maladie.

Les pompiers débarquent dans un appartement parisien avec un bélier car la porte est scellée. Une odeur mortifère envahit l’espace et ils ouvrent les fenêtre et les portes, découvrant une femme étendue sur un lit, morte. Nous la retrouvons quelques temps plus tôt à un concert au théâtre des Champs-Elysées. Ils s’apprêtent à assister au concert d’Alexandre Tharaud, qui fut l’élève d’Anne il y a quelques années. Ils le retrouvent dans les coulisses et celui-ci exprime toute sa gratitude envers son ancienne professeur et leur promet de leur rendre visite bientôt. En rentrant par le bus, Anne et Georges se tiennent tendrement la main et arrivés chez eux ils s’expriment leur tendresse mutuelle. Le lendemain matin, ils prennent le petit-déjeuner en discutant quand Anne a une absence.

La force d’Amour est de ne jamais appuyer sur la touche du mélo. Le film contient très peu de musique, et les rares morceaux qui sont interprétés au piano sont à chaque fois poignants. La caméra est très peu mobile, Michael Haneke se contentant de multiplier les plans fixes. Ce côté statique de la mise en scène, à contre-courant des changements de cadres qui sont légions dans le cinéma contemporain,  nous force à regarder à l’intérieur du plan. Ce que nous y voyons, ce sont les expressions des acteurs souvent filmés en gros plan. On peut alors lire une variété de sentiments sur le visage de Jean-Louis Trintignant quand il caresse affectueusement sa compagne. Cela permet de nous concentrer sur les infimes mouvements des yeux d’Emmanuelle Riva quand elle manifeste son désarroi face au drame qui l’étreint.

Le message d’Amour est simple, à l’instar de sa mise en scène : quand vient l’heure du déclin, les gens qui s’aiment n’ont plus besoin de personne. Non pas qu’ils sont au-dessus de toute forme de sollicitude, mais l’on sait bien que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Un geste autoritaire de la part d’une infirmière, une attitude hautaine de la part de sa fille, un geste maladroit qui rappelle combien on est diminué : ce sont autant de petites choses qui finissent par être de trop. En nous contant l’histoire de ce couple de vieux, merveilleusement interprétés par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, Michael Haneke touche la corde sensible chez chacun d’entre-nous. Que ça nous soit déjà arrivé ou que l’on le craigne, c’est un sujet intime qui nous renvoie à nous-mêmes : que ferait-on à sa place, a-t-on le droit de juger, telles sont des questions importante que le réalisateur autrichien apporte encore une fois au débat public.

Ma note : ****

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commentaires

K 18/11/2012 18:06


Vu hier soir, et nous sommes d'accord sur les grandes qualités de ce film FORT.

Neil 20/11/2012 12:27



Ah ça fait plaisir de voir des sprectateurs heureux d'avoir vu ce film



claire 13/11/2012 14:34


coucou,


Je suis allé hier voir ce film,


il m'a bien plu.........


cependanr, j'au du quitté la salle avant la toute fin....


aprés que...


monsieur délivre sa belle, il écrit,


 clos la chambre, puis un pigeon entre ,


 il l'attrappe; il écrit de nouveau et  ????? (là je sors...snifff..))


puis je, vous demander,


 de me raconter la suite ???


en tout cas.....


merci de m'avoir lu,


merci pour votre blog.. bien sympa.....


belle et douce journée à vous.....


claire

Neil 14/11/2012 11:49



Bonjour, je vais tâcher de te répondre par mail



pierreAfeu 07/11/2012 21:54


Je me sens moins seul à te lire. À croire que "les autres" n'ont rien compris... ;) En tout cas, j'ai aimé ce film, porté magistralement par un Jean-Louis Trintignant exceptionnel.

Neil 08/11/2012 10:30



Ah oui moi aussi ça me rassure. Autant les critiques "papier" ont l'air unanimes, autant les blogueurs le sont dans le sens inverse. Etonnant...



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