Partager l'article ! Beauty (2011) Oliver Hermanus: Fiche technique Film sud-africain Titre original : Skoonheid Date de sortie : 12 octobre 2011 ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film sud-africain
Titre original : Skoonheid
Date de sortie : 12 octobre 2011
Genre : déni d’homosexualité
Durée : 1h39
Scénario : Didier Costet
Image : Jamie Ramsay
Musique : Ben Ludik
Avec Deon Lotz (François van Heerden), Michelle Heerden (Elena van Heerden), Charlie Keegan (Christian Roodt), Sue
Diepeveen (Marika Roodt), Albert Maritz (Willem Roodt), Roeline Daneel (Anika van Heerden)…
Synopsis : François se déteste. Convaincu que sa vie est
gâchée, il est pris de court quand une rencontre bouleverse son existence propre et rangée. Christian est le fils d'un vieil ami. Il est l'incarnation parfaite du beau jeune homme dans la fleur
de l'âge. François s’en trouve secrètement désarmé, consumé par une passion dévorante et une convoitise malvenue. (allocine)
Mon avis : Frustration, fantasme et refoulement : le
trio infernal
Avec Beauty, c‘était en 2011 la première participation d‘Oliver Hermanus au Festival de
Cannes. Présenté dans la sélection Un certain regard, ce fut d’ailleurs une première à Cannes pour un film partiellement dialogué en Afrikaans. Il y obtiendra la deuxième Queer
Palm, après celle décernée en 2010 au fabuleux Kaboom. De son réalisateur on ne
connait pas grand-chose en France : son premier long-métrage, Shirley Adams, l’histoire d’une femme dans la tourmente d’une guerre des gangs, n’est pas encore sorti en France. Il
a pourtant obtenu quelques prix dans divers festivals internationaux : une date de sortie est prévue, qui dépendra peut-être de l’accueil du public de cet étrange
Beauty.
Le jour du mariage de sa fille, François n‘a d‘yeux que pour Christian, le fils d‘un de ses amis, qu‘il n‘a pas vu depuis des
années. Quand celui-ci vient le voir pour le féliciter, il se montre embarrassé, refusant de se faire appeler oncle par un jeune homme devenu adulte. Christian lui fait part de ses études
d’avocat, et de son désir de travailler avec lui quand il sera diplômé. Flatté, François lui déconseille cependant de quitter Le Cap pour Bloemfontein, qui est devenu une petite ville depuis la
fin de l’Apartheid. Il l’invite à dîner avant qu’il ne retourne avec son père à la capitale, tandis qu’Anika, la fille de François, invite Christian à danser. En rentrant à la maison, il retrouve
sa femme Elena et son foyer ; quelque chose lui manque qu‘il a du mal à s‘expliquer.
Ce que nous montre Beauty, c‘est un homme qui n‘arrive pas à s‘aimer, qui ne s‘assume pas et se rend compte
trop tard qu‘il a gâché sa vie. Ce constat banal que de nombreux hommes sont amenés à se faire au quotidien, le film nous le fait ressentir en nous embarquant en permanence dans la vie, et dans
le champ de vision, de François. Le spectateur se voit alors comme obligé d’éprouver les sensations d’un personnage peu sympathique et très peu attachant. Il est issu d’une ancienne majorité qui
n’a pas bonne presse dans son pays (et pour cause), et se voit dans sa vie privée adopter les usages de la majorité alors même qu’il ressent des sentiments le cataloguant dans une autre minorité.
La scène de triste partouze secrète où l’on voit un noir efféminé rejeté par ce groupe d’hommes soi-disant virils qui nient totalement leur sexualité est à ce propos tout à fait
éloquente.
Un des thèmes prépondérant de Beauty, c’est surtout l‘insolente domination de la jeunesse et de la beauté.
Dès le début, Christian exerce une influence indéniable sur tous ceux qu’il croise. François a beau essayer de l’oublier, il a le jeune homme dans la peau et essaiera extrêmement maladroitement
de le conquérir. La séquence qui se déroule dans la chambre d’hôtel, où les rapports de force s’inversent brutalement, fait également froid dans le dos. Malgré tout, le film est assez
démonstratif. Les scènes qui sont sensées nous faire comprendre l’ardent désir du personnage principal, et le manque qu’il ressent peu à peu pour son bel adonis s’éternisent un peu trop. L'image
est pourtant assez belle (on voit qu’Oliver Hermanus a exercé en tant que photographe) mais presque trop, comme si encore une fois la symbolique de la beauté était trop appuyée. Espérons
tout de même revoir le beau Charlie Keegan dans bien d’autres films (ma faiblesse pour les beaux gosses me perdra un jour).
Ma note : **
Commentaires