Partager l'article ! Beginners (2011) Mike Mills: Fiche technique Film américain Date de sortie : 15 juin 2011 Genre : remise en question(s) Dur ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 15 juin 2011
Genre : remise en question(s)
Durée : 1h44
Scénario : Mike Mills
Image : Kasper Tuxen
Musique : Roger Neill
Avec Ewan McGregor (Oliver), Mélanie Laurent (Anna), Christopher Plummer (Hal), Mary Page Keller (Georgia), Goran Visnjic
(Andy), Jennifer Hasty (La secrétaire)…
Synopsis : Oliver, illustrateur a Los Angeles, collectionne
les ex et les déceptions amoureuses. Quand son père, Hal, tire sa révérence après avoir fait son coming-out a 75 ans et rejoint avec entrain la communauté homosexuelle, Oliver se penche sur ses
relations familiales et ses échecs sentimentaux. (allocine)
Mon avis : Dis, papa, c’est quoi l’amour
?
On fêtait hier la gay pride à Strasbourg ou à Bordeaux, on la fêtera samedi prochain à Lyon ou à Toulouse, et le
samedi d‘après à Paris. Le rapport avec Beginners c’est que le film aborde, sans que ce soit son sujet principal, l’activisme homosexuel. Et je suis sans doute un vieux schnock rabat-joie mais je fais partie de ceux qui pense que nous nous inscrivons dans une histoire collective. Que la lutte de ceux qui nous ont
précédés nous a ouvert la voie, et que l’égalité des droits n’est pas encore acquise. Et voir un vieux monsieur de soixante-quinze ans malade qui trouve encore le courage de se battre et de se
lever, ça me fait toujours bien plaisir.
Le père d‘Oliver vient de mourir, et il se retrouve tout seul dans son ancien appartement à trier ses affaires, en jeter
certaines et en garder d‘autres. Oliver se souvient des derniers jours de Hal, entre l’hôpital et les soins palliatifs. Car Hal a eu un cancer, qui s’est déclaré trop tard quand il était déjà
trop vieux. Illustrateur, Oliver déprime et partage sa vie avec le chien de son papa, avec qui il s’invente des dialogues imaginaires. Un jour ses collègues l’invitent à une soirée où Oliver se
déguise en Freud et psychanalyse les invités. Une jeune femme se présente alors à lui, aphone, et le courant passe assez bien entre les deux jeunes gens.
Il est agréable de voir un réalisateur de clip faire de la mise en scène. Je m’explique : Mike Mills a débuté sa
carrière dans le monde du vidéo-clip et de la publicité, ce qui n’est pas un reproche. Mais lorsqu’il s’attelle à un long-métrage comme Beginners, il se débarrasse des tics de
réalisation que peuvent avoir certains de ses comparses quand il font du cinéma. Ici, les petites trouvailles de mise en scènes sont charmantes et se mêle agréablement à l’histoire qui nous est
racontée. Pourtant compliqué dans sa trame narrative, le film se déroule très simplement, sans effets superflus. Même les quelques idées saugrenues, comme ces sous-titres reflétant les dialogues
entre le personnage principal et son chien, passent comme une lettre à la poste et apportent un peu de légèreté là où le film en aurait peut-être manqué.
Car l‘histoire de Beginners n‘est pas très drôle au fond. Quand Oliver fait le bilan de sa vie affective, il
n’y voit que des échecs. Handicapé affectif, il ne fait que reproduire à sa manière le schéma familial. Ses parents ne se sont pas vraiment aimés, ils se sont connu en des temps anciens qui nous
sont retranscrits en photos par des émouvants flashbacks. Sa mère était juive à une époque où il ne faisait pas bon l’être, et son père a toujours su qu’il était gay sans jamais pouvoir
l‘assumer. Autres temps, autres mœurs, mais Oliver n’a pas plus de chances : il accumule les déceptions sentimentales jusqu’à ce qu’il rencontre Anna. La relation qui débute entre ces deux
écorchés vifs est d’ailleurs particulièrement émouvante, et Ewan McGregor ainsi que Mélanie Laurent arrivent très bien à faire passer ce tendre sentiment qui commence à les
étreindre. On se plait alors à croire en ces débutants de l’amour qui vont peut-être avoir enfin une chance.
Ma note : ***
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