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Biutiful (2010) Alejandro Gonzalez Innarritu

par Neil 24 Octobre 2010, 05:12 2010's

Fiche technique
Film mexicano-espagnol
Date de sortie : 20 octobre 2010
Genre : bas-fond barcelonais
Durée : 2h18
Scénario : Armando Bo et Nicolas Giacobone, d’après l’œuvre d’Alejandro Gonzalez Innarritu
Directeur de la photographie : Rodrigo Prieto
Compositeur : Gustavo Santaollala
Avec Javier Bardem (Uxbal), Marciel Alvarez (Marambra), Eduard Fernandez (Tito), Diaryatou Daff (Ige), Taisheng Cheng (Hai), Cheick N’Diaye (Ekweme), Luo Jin (Liwei)…

Synopsis : C’est l’histoire d’un homme en chute libre. Sensible aux esprits, Uxbal, père de deux enfants, sent que la mort rôde. Confronté à un quotidien corrompu et à un destin contraire, il se bat pour pardonner, pour aimer, pour toujours. (allocine)

Mon avis : Scènes de désolation urbaine et agonie programmée

Oubliez tout ce que vous connaissez d‘Alejandro Gonzalez Innarritu. Ou plutôt non : souvenez-vous d’Amours chiennes. Son premier film, percutant, retraçait les destins de plusieurs jeunes pauvres de Mexico. Puis ses deux films suivant ont gardé cette écriture à plusieurs personnages pour nous narrer des histoires complexes à la symbolique universelle. En particulier Babel qui portait en lui un universalisme parfois trop pompeux. Avec Biutiful, Inarritu se recentre, tout du moins en apparence. Le film raconte l’histoire d’un seul personnage, avec certes quelques destinées parallèles, mais garde cette volonté d’englober toute l’humanité.

À Barcelone, Uxbal est un père de famille séparé de son épouse Marambra, maniaco-dépressive. Il élève ses deux enfants seul dans un modeste appartement. Son gagne-pain est constitué de menus trafics auprès des clandestins africains et chinois, qu‘il exploite plus ou moins pour gagner sa croute. Quand il se décide à faire des analyses suite à des saignements anormaux dans ses urines, son médecin lui apprend qu’il est atteint d’un cancer en phase terminale. Anéanti, il va voir une amie sensible au spiritisme qui lui donne un seul conseil : mettre de l’ordre dans sa vie avant de mourir. Ce à quoi Uxbal ne parvient pas à se résigner.

Il y a beaucoup d’ampleur dans Biutiful. On sent qu’Alejandro Gonzalez Inarritu, plein d’arrogance, a voulu une nouvelle fois nous faire une métaphore de la vie contemporaine en partant des plus miséreux. Et le résultat est assez spectaculaire : rarement la déchéance d’un homme n’a été aussi bien mise en scène. On pense par certains côté au Dernier des hommes de Friedrich-Wilhelm Murnau, et à cette incroyable force du mélodrame quand il est habilement mené.

Certes, de nombreux tics de mise en scènes perdurent, on reconnait souvent la patte d’Alejandro Gonzalez Inarritu. Mais c’est aussi le talent des grands metteurs en scènes que d’imposer un style : on aime ou on n’aime pas. En l’occurrence, le réalisateur se fait tout de même beaucoup plus discret ici et laisse la place aux indigents et aux marginaux de nos sociétés, intelligemment filmés. Trois histoires principales cohabitent ainsi dans Biutiful, qui n‘ont pas la même importance. Mais ces trois destins ont leur place bien définie, et Inarritu les développe chacune à sa juste mesure.

Très chargé émotionnellement et dramatiquement, Biutiful n’en est pourtant pas indigeste : on n’ose imaginer ce qu’il aurait pu devenir dans les mains d’un réalisateur moins habile. Et ce que le personnage principal, aurait pu être s’il n’était pas incarné par Jarvier Bardem. Décidément cet homme a du talent, et réussit à chaque fois à donner chair à des personnages non seulement différents mais aussi parfois plombés. Uxbal a beau être affublé de nombreux défauts, on s’attache quasiment immédiatement à cet être en proie à la misère et aux doutes, qui cherche à survivre et à transmettre à ses proches le sens de la vie, si tant est qu’il existe.


Ma note : ***

Biutiful (2010) Alejandro Gonzalez Innarritu
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commentaires

Petitsjeux 08/12/2010 00:10


Un moment plaisant de cinéma, mais c'est certainement pas le genre de film que je reverrais une seconde fois.
Petits Jeux


Neil 08/12/2010 22:19



Il faut voir, peut-être qu'avec le temps je le reverrai...



Wilyrah 30/10/2010 02:04


Pas tenté par ce 1er film sans Arriaga.


Neil 30/10/2010 10:26



J'ai beaucoup lu ça je te comprends. En même temps je trouve que le duo Innaritu / Arriaga commençait à s'essouffler...



Chris 24/10/2010 23:36


En ce qui me concerne, je n'ai jamais accroché et me suis très fermement ennuyé ... comme quoi !


Neil 25/10/2010 08:06



Eh oui j'ai vu ça. Les critiques sont d'ailleurs très divergentes en général. Le film fait débat !



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