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Blue Jasmine (2013) Woody Allen

par Neil 7 Novembre 2013, 06:08 En salles

Blue_Jasmine.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 25 septembre 2013
Durée : 1h38
Genre : femme déchue
Scénario : Woody Allen
Image : Javier Aguirresarobe
Musique :
Christopher Lennertz
Avec Cate Blachett (Jasmine), Alec Baldwin (Hal), Sally Hawkins (Ginger), Peter Sarsgaard (Dwight), Tammy Blanchard (la meilleure amie de Jasmine), Bobby Cannavale (Chili)...

Résumé
: alors qu’elle voit sa vie voler en éclat et son mariage avec Hal, un homme d’affaire fortuné, battre sérieusement de l’aile, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa sœur Ginger afin de remettre de l’ordre dans sa vie. (allocine)

Mon avis
: Alice n'est plus ici

C'est aux États-Unis que Woody Allen a décidé de placer l'intrigue de Blue Jasmine, après quelques escapades entre Barcelone, Londres, Paris et Rome. Mais cette fois-ci New-York n'est pas le principal lieu de l'action, qui se déroule principalement à San Francisco. On peut d'ailleurs y voir, entre autres références, un plan rappelant la fameuse scène de Manhattan qui se déroule dans Central Park. Autre référence utilisée par le réalisateur, celle-ci plus pernicieuse puisqu'elle n'est jamais mentionnée par lui, mais de nombreuses séquences du film font directement penser à Un tramway nommé désir. C'est troublant, d'autant que Woody Allen n'a jamais caché qu'il apprécie l’œuvre de Tennessee Williams ; en même temps, ce n'est pas le premier de ses films qui soit influencé par un autre auteur, et ils font d'ailleurs souvent partie de ses meilleurs.

Dans l'avion qui l'amène à San Francisco, Jasmine raconte sa vie à une inconnue, qui n'en revient pas et retrouve son mari avec plaisir. En arrivant en bas de l'immeuble où habite sa sœur Ginger, elle sonne mais ça ne répond pas ; elle demande alors au taxi de l'attendre, le temps qu'elle aille chercher les clés dans le bar d'à-côté. Elle découvre alors l'appartement, beaucoup plus modeste que celui qu'elle possédait à New-York avec son mari. Elle se souvient alors de sa vie passée, une existence faite de faste et de mondanités, où elle régnait sur son petit monde. Ginger arrive alors après être allé cherché ses deux fils chez son ex-mari, qui n'a pas l'air de beaucoup apprécier Jasmine. Les sœurs, adoptives toutes deux, se retrouvent alors au milieux des enfants qui jouent bruyamment dans ce petit appartement.

AvecBlue Jasmine, c'est une fois de plus le portrait d'une femme dans son époque que nous propose Woody Allen. Dans les années 1970, Annie Hall s'assumait pleinement et revendiquait son féminisme ; dans les années 1980 Hannah et ses sœurs tentaient de s'entraider, ou de se détester, un peu paumées dans un monde qu'elles commençaient à ne plus maîtriser ; les années 1990 voyaient apparaître Alice, qui tentait de se reconstruire malgré ses désillusions ; puis dans les années 2000, Melinda, déboussolée, se dédoublait ; ici, Jasmine subit de plein fouet la crise économique et le déclassement. Carrément odieuse au début du film, elle se découvre petit à petit au spectateur, qui se prend d'affection pour cette femme paumée et avant tout malade. Ses désillusions deviennent un peu les nôtres, on la plaint et on espère avec elle des jours meilleurs.

Ainsi nous rentrons dans la subjectivité du personnage principal de Blue Jasmine, ce qui est plutôt original, Jasmine étant psychotique. Sa maladie est élégamment soulignée par la mise en scène, qui alterne sans transition les flash-back et la narration traditionnelle. C'est au début perturbant, et l'on s'y fait petit à petit, ce dispositif nous faisant comprendre le mécanisme de l'inconscient de notre héroïne. Celle-ci est interprétée de façon brillante par Cate Blanchett, qui devient une sérieuse, voire évidente candidate aux Oscars : on a l'habitude de ses prestations flamboyantes, et celle-ci fait partie des meilleures, ce qui est peu dire. On retrouve avec ce film le Woody Allen des meilleurs jours, qui n'a pas son pareil pour dépeindre avec humour, ironie mais aussi tendresse le milieu de la haute bourgeoisie américaine.

Ma note : ****

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commentaires

D&D 13/11/2013 15:36


Ce que je trouve troublant, dans le très fort lien avec le Tramway, c'est la disparition de taille : le désir. C'est bizarre...

Neil 13/11/2013 16:56



Oui et en même temps cette référence tacite ne me gêne pas dans l'appréciation de l'oeuvre de notre bon Woody. Après, effectivement point de désir ici, mais j'ai envie de dire que ce
n'est pas un thème très allenien, donc qu'il l'ait évacué ne me choque pas plus que ça : il adapte l'oeuvre à son univers prive de desir ou presque.



robin 07/11/2013 18:51


du très bon Allen comme je l'aime !

Neil 08/11/2013 16:25



Et moi aussi, ça tombe bien ! :)



Cecile 07/11/2013 13:19


Salut, j’adore les films de Woody Allen ! D’ailleurs, je retrouve pas mal de longs-métrages du réalisateur, ainsi que des dossiers le concernant sur le site Megacinema :
http://megacinema.fr/. Je n’ai pas encore visionné Blue Jasmine, mais merci pour le résumé. ^^


 


À bientôt 

Neil 08/11/2013 16:25



Salut, merci pour le lien. Le film est vraiment excellent. À bientôt.



dasola 07/11/2013 07:56


Bonjour Neil, très beau portrait d'une femme déchue de son rang de grande bourgeoise. Blanchett est éblouissante. Bonne journée.

Neil 08/11/2013 16:24



Bonjour Dasola, oui j'ai vraiment beaucoup aimé le film, et Cate Blanchett y est magistrale. Bonne journée.



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