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Cabaret (1972) Bob Fosse

par Neil 21 Décembre 2011, 06:46 1970's

Cabaret.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 15 septembre 1972
Genre : recherche du bonheur
Durée : 2h04
Scénario : Jay Presson Allen, d’après l’œuvre de Christopher Isherwood
Image : Geoffrey Unsworth
Musique : John Kander
Avec Michael York (Brian Roberts), Liza Minelli (Sally Bowles), Helmut Griem (Maximilian von Heune),  Marisa Berenson (Natalia Landauer), Joel Grey (Le maître de cérémonie), Fritz Wepper (Fritz Wendel)

Synopsis : La vie d'un cabaret et l'histoire d'un amour entre l'une des chanteuses et un jeune étudiant dans le Berlin des années trente, secoué par la montée du nazisme... (allocine)

Mon avis : Surtout sauvez les apparences

Il faut chercher en 1937 pour trouver les origines de Cabaret, avec le recueil de nouvelles écrites par Christopher Isherwood. Il s’est inspiré de ses années à Berlin dans l’entre-deux-guerres pour décrire les personnages extravagants qui s’y mêlaient, et l’atmosphère décadente qui y régnait. Quinze ans plus tard, une fois que ces écrits furent publiés aux Etats-Unis, le dramaturge John Van Druten l’adapte pour le théâtre et c’est à Broadway en 1966 que la comédie musicale obtient un succès phénoménal. Attiré par l’expérience, Bob Fosse, grand chorégraphe de comédies musicales, se décide à le porter à l’écran. Le film récolte 8 oscars, dont ceux de la meilleure actrice et du meilleur metteur en scène. La légende est lancée, et le film reste encore aujourd’hui cité parmi les meilleurs films des dernières décennies.

Un jeune homme débarque à Berlin en 1931. Son nom est Brian Roberts, il arrive d’Oxford pour écrire sa thèse de philosophie et désire donner des cours d’anglais pour gagner sa vie. Il débarque chez une logeuse où Sally Bowles, une américaine résidant à Berlin, l’accueille. Elle est danseuse dans un cabaret, le Kit Kat Club, où se mélange une faune éclectique. Sally se sent très vite attirée par Brian et lui fait du gringue ostensiblement. Etonné par l’exubérance de la demoiselle, à laquelle il répond par une froideur toute britannique, le garçon ne semble pas répondre à ses charmes. Un jour Sally lui demande ouvertement ce qui se passe, s’il est attiré par elle et accessoirement par les filles en général. Brian esquive la réponse, puis lui avoue finalement que les trois seules expériences qu’il a eu avec des femmes se sont soldées par des échecs.

Malgré ses apparences, Cabaret est un film triste. Il semble que tous les personnages du film aient explicitement ou non un destin tragique. On y traite avortement, racisme, sexualité refoulée, pauvreté… et tout ça dans une ambiance apparemment festive et joviale. Ce décalage frappe énormément, non seulement entre les scènes de danse et les scènes d’intérieur, mais également entre la musique entrainante et les paroles effrayantes. La montée du nazisme, constamment suggérée, fait froid dans le dos, et le film réussit parfaitement à rendre compte de l’ambiance délétère qui régnait en Allemagne dans les années 30. Plusieurs scènes sont glaçantes, dont cette partie de campagne où des scouts nazis entonnent un champ patriote repris par l’assemblée. Evidemment avec le recul on se rend bien compte que tous les éléments étaient là pour déclencher l’engrenage fatal, mais les personnages, pris dans leurs histoires, ne voyaient pas forcément l’ensemble du tableau.

Un sens pictural aigu baigne Cabaret. A l’image de cette image fugitive au début du film, inspirée d’un tableau d’Otto Dix, de nombreuses scènes attirent l’œil. On pense souvent à des artistes dada comme Max Ernst, et plusieurs références à l’expressionnisme allemand sont disséminées par-ci par-là. Par ses thématiques, le film renvoie également bien évidemment à L’ange bleu, où Marlene Dietrich est ici réincarnée en Liza Minelli. Celle-ci obtient sans doute le rôle de sa vie et compose avec l’ensemble des autres acteurs un très joli casting. Très classique, la mise en scène de Bob Fosse met parfaitement en valeur les performances scéniques tandis que le film baigne d’une musique entrainante.

Ma note : ****

commentaires

cabaret 22/05/2014 14:41

Quand je l'ai vu la première fois, je m'attendais à tout sauf à ça. Je pensais que j'allais voir une simple comédie musicale à l'eau de rose, mais j'ai été surpris par la noirceur et la dimension politique de ce film..d'ailleurs si je ne m'abuse, des "comédies musicales" dans le genre, on en a plus vraiment revu...

neil 23/05/2014 20:47

Le film est une réussite, effectivement profond malgré sa forme. Quelques "musicals" d'origine anglo-saxonnes adoptent cet angle, mais rarement aussi bien.

D&D 15/02/2012 00:44


Très probablement un film pour lequel je manque de références, quand je lis ce que tu exprimes sur la fin de ton texte. Je ne l'ai vu qu'une fois, il y a déjà sept ou huit ans, et je ne m'en
souviens pas, ça ne m'avait pas "capté" du tout...

Neil 15/02/2012 11:23



Ah oui tiens c'est marrant. Moi le film m'a fait un bel effet...



dasola 26/12/2011 14:33


Bonjour neil, quel film! qui presque 40 ans. Je ne l'ai pas revu depuis longtemps mais rien que les airs et les chansons, cela ne s'oublie pas. Bonnes fêtes de fin d'année.

Neil 26/12/2011 19:26



Bonsoir Dasola, oui c'est un film formidable qui je pense se laisse voir et revoir. Bonnes fêtes de fin d'année à toi aussi.



pierreAfeu 21/12/2011 20:25


Un très beau film qui a marqué mes débuts de cinéphilie, et que j'ai revu avec plaisir sur arte il y a peu (ce qui m'a également permis de le faire découvrir à Fabrice). On y trouve comme tu le
dis ce mélange de joie et de mélancolie, la montée du fascisme faisant aussi penser aux Damnés (dans lequel on retrouve également Helmut Griem).

Neil 21/12/2011 23:44



Ah... Les damnés.... que j'ai aimé ce film ! Et comme j'aimerais le revoir un de ces quatre !



Eeguab 21/12/2011 19:10


Toutes mes excuses pour cette confusion et Joyeux Noël.

Neil 21/12/2011 23:43



Pas de souci, t'inquiète. Bonnes fêtes.



Eeguab 21/12/2011 07:38


Tout aussi enthousiaste que toi sur ce Cabaret.Glaçant et inquiétant,références expressionnistes et mythologiques,Blaue Engel,Otto Dix,etc...A
voir et revoir,ce que je vais faire ces jours-ci d'ailleurs.Bon Noël Ned,c'est toujours un plaisir.

Neil 21/12/2011 11:27



Bien content de voir que le film suscite également ton enthousiasme. Joyeux Noël à toi aussi, eesuab (même si moi c'est neil lol)



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