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Cannes 2012 : le palmarès

par Neil 29 Mai 2012, 05:05 Miscellaneous

Cannes 2012
Voici quelques impressions du Festival de Cannes 2012, d’après un cinéphile qui n’y est pas allé. Ces quelques mots seront donc totalement vains vierges de toute image puisque n’étant même pas encore allé voir les quelques films de la compétition officielle déjà sortis en salles (Moonrise kingdom, De rouille et d'os, Cosmopolis ou bien Sur la route). Comment se tenir au courant de l'actualité du Festival dans ces conditions ? Principalement  à travers les mots de quelques critiques soigneusement choisis, en particulier Vincent Quénault et Frédéric Mercier, de Kaboom l'émission. Un regard partiel donc, forcément, mais qui essaye d’intégrer les divers sons que l’on a pu entendre de loin. Un prisme déformé, un exercice de style éclairé et avant tout ludique .


C'est donc Amour qui a décroché la Palme d'or de ce soixante-cinquième Festival de Cannes. Le film avait fait forte impression également parmi les critiques, et consacre pour la deuxième fois Michael Haneke pour la suprême récompense cannoise. Trois ans après Le ruban blanc, le cinéaste autrichien semble s'être quelque peu apaisé et son film sur la fin de vie, qui sort fin octobre, est annoncé comme étant d'une grande force émotionnelle. Longtemps favori, le film avait été détrôné dans le cœur de nombreux critiques par Holy Motors, du réalisateur maudit des Amants du Pont-Neuf, Leos Carax. Ce dernier film a peut-être semblé trop novateur pour le jury : d'après les échos il semble iconoclaste et jouissif. On a hâte de voir ce que ça donne : réponse le 4 juillet.

Les autres lauréats n'ont pas été autant plébiscités par la critique durant la quinzaine. On pense particulièrement à Carlos Reygadas et son Post tenebras lux, qui a reçu à l'incompréhension de beaucoup le prix de la mise en scène. Il faut dire que le réalisateur radical provoque souvent des opinions bien tranchées. Le Grand prix du jury a quant à lui été attribué à Reality, de Matteo Garrone. Quelques mauvais esprits auront pu émettre des hypothèses quant à la partialité du président du jury : c'est mal connaître le caractère de Nanni Moretti, souvent critique vis-à-vis de ses congénères transalpins. Le roumain Cristian Mungiu repart de Cannes avec deux prix, celui du scénario et de l'interprétation féminine pour ses deux actrices principales, Cristina Flutur et Cosmina Stratan, ce qui semble surévalué pour Au delà des collines, un film que de nombreux critiques ont qualifié de mineur. Quant au prix d'interprétation masculine il a été attribué de façon surprenante au non moins étonnant Mads Mikkelsen qui joue le rôle d'un homme accusé de pédophilie dans La chasse, le dernier film du danois Tomas Vinterberg.

Beaucoup de films ont donc été oubliés par le palmarès. Outre Leos Carax, Jacques Audiard et Alain Resnais sont donc repartis bredouilles malgré un bouche à oreille favorable, tout du moins pour le premier. Les grands auteurs que de nombreux observateurs attendaient au tournant n'ont également rien gagné : David Cronenberg et son Cosmopolis, Wes Anderson pour Moonrise kingdom ou bien Mud du prometteur Jeff Nichols. Une autre tendance du palmarès, c'est la prédominance de l'Europe : hormis Carlos Reygadas, tous les lauréats viennent du vieux continent. Aucun asiatique malgré la présence en compétition de L’ivresse du pouvoir du coréen Im Sang-soo, film que Thierry Frémaux présentait pourtant comme un candidat sérieux pour la palme d’or : lors de la conférence de presse de présentation du Festival, le délégué général du festival disait qu'il était sûrement le film le mieux mis en scène de la sélection. Également aucun film des États-Unis, qui étaient de retour et nombreux sur la Croisette. Qu'en penser sinon que c'est la volonté souveraine du jury que l'on peut observer : au spectateur de faire ensuite sa propre opinion à la sortie en salles.

commentaires

Phil Siné 29/05/2012


tout cela est bien résumé, bravo !


faut que tu vois les films maintenant ! au moins ceux qui sont sortis... je crois que ma préférence va à cosmopolis, même si ce n'était pas forcément le cas juste après le film... mais c'est un
de ces films qui vit en toi pendant un moment avant de se révéler vraiment...

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