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Catilina ou Le venin de l'amour (2012) Orest Romero

par Neil 14 Octobre 2012, 05:15 Avant-Première

Cheries CherisFiche technique
Film français
Durée : 1h25
Genre : lutte des classes
Scénario : Orest Romero, d’après l’œuvre de Salluste
Image : Ania Winkler
Avec Sebastien Eveno (Catilina), Marion Abeille (Marcus), Marie-Bénédicte Cazeneuve (Claudia), Jean-Luc Vincent (M. Gass), Jean-Pierre Mocky (M. Kratz), Anne-Elodie Sorlin (La caissière)

Résumé : Catilina, fils d’un ancien militaire propriétaire d’un supermarché, décide de se faire passer pour son père pour conquérir Marcus, un jeune garçon qui vient d’être embauché. Mais désespéré par la résistance de Marcus a ses avances, Catilina néglige l’entreprise et provoque la révolte des employés du supermarché. (allocine)

Mon avis
: La séduction comme arme sociale massive

Premier film, Catalina ou le venin de l’amour nous vient d’un jeune cinéaste né dans la Communauté autonome des Canaries, en Espagne. Avant de franchir le grand pas, il avait réalisé trois court-métrages : en 2005
Rise and Fall, en 2006 Grâce, et en 2007 L’Ennemi américain, qui obtint le prix Qualité du Centre National de la Cinématographie. Son ambition est de traiter des relation inter-entreprise sous le prisme social, et il prend vaguement appui sur le récit de Salluste de la Conjuration de Catilina. A l’époque deJules César, ce sénateur romain avait ourdi un complot pour déstabiliser la République romaine en s’appuyant, pour déstabiliser les élites, sur certains notables. Pour la petite histoire c’est Cicéron qui dénonça ce complot, ce qui aura pour effet temporaire le maintien de la république. Mais de tout cela on ne voit pas grand chose dans le film.


Dans le bureau de son père, Catilina drague quelqu’un au téléphone et s’offusque quand il entend parler de tarification. Pendant ce temps, la bonne fait le ménage comme si de rien n’était. Son père appelle à ce moment et s’énerve parce que le téléphone était occupé. La conversation entre le père et le fils est animé, et l’on sent le jeune homme agacé par la façon dont son père le traite. On frappe alors à la porte et un jeune homme androgyne arrive, portant quelques cartons ; Catilina tombe immédiatement sous le charme de l’éphèbe. Puis arrive m. Gass, le comptable de l’entreprise, un petit supermarché, qui informe Catalina que ces cartons contiennent un dératiseur ; il lui dit également que le jeune garçon qui vient de passer a été embauché il y a peu : il a 15 ans et M. Gass tient à lui laisser sa chance.

On peut trouver de nombreuses références dans Catilina ou Le venin de l'amour. Tout d’abord, l’ombre, et même plus que ça, de Reiner Werner Fassbinder, plane sur tout le film. Entre l’image, les costumes, la théâtralité et les liens troubles entre les personnages, on sent qu’Orest Romero assume une certaine filiation avec le réalisateur allemand. Ensuite, et par conséquence, on y trouve également la patte de François Ozon, lui-même souvent fassbinderien. Le thème de l’ange exterminateur qui vient bouleverser les schémas sociaux fait également penser à Pier Paolo Pasolini, et l’on peut trouver également bien d’autres influences, ne serait-ce que par la présence dans le film de Jean-Pierre Mocky. Avouons que tous ces surlignages sont un peu lourds et que l’on cherche dans tous cela l’apport du réalisateur : c’est son premier film, et ça se sent.

Voilà sans doute une des raisons pour lesquelles Catilina ou Le venin de l'amour se montre trop didactique. On se croirait parfois dans un film de fin d’études réalisé par un étudiant de la Fémis. Certes, c’est assez bien mis en scène (modulo le nombre trop important de plans fixes) mais le dispositif se fait sentir et l’ensemble est assez laborieux. Le choix artistique de vouloir faire parler les acteurs avec ce ton si particulier et de les forcer à jouer à la limite faux est amusant au début mais vite lassant. Par contre la naissance du désir est très bien amenée et le choix de la suggestion plutôt que de l’exposition frontale marche assez bien. On sent du potentiel dans cet auteur qui gagnerait beaucoup à se libérer de références certes nécessaires, et l’on est curieux de voir ce que pourrait donner son propos dans une production à plus gros budget.

Ma note : *

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