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Confession d’un enfant du siècle (2012) Sylvie Verheyde

par Neil 2 Juillet 2012, 05:46 Avant-Première

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Fiche technique
Film français
Date de sortie : 29 août 2012
Genre : romantisme exacerbé
Durée : 2h
Scénario : Sylvie Verheyde, d’après l’œuvre d’Alfred de Musset
Image : Nicolas Gaurin
Musique : Nousdeux the band
Avec Peter Doherty (Octave), Charlotte Gainsbourg (Brigitte), August Diehl (Desgenais), Lily Cole (Elise), Guillaume Gallienne (Mercanson), Karole Rocher (Marco)…

Synopsis : Paris, 1830. Octave, trahi par sa maîtresse, tombe dans le désespoir et la débauche : le « mal du siècle ». La mort de son père l’amène à la campagne où il rencontre Brigitte, une jeune veuve, de dix ans son aînée. Pour Octave, c’est à nouveau la passion. Mais aura-t-il le courage d’y croire ?

Mon avis : Les romantiques et leur éternel mal être

On s’étonne durant les premières images de Confession d’un enfant du siècle d’entendre parler anglais. Nous sommes à Paris, en plein XIXème siècle, et les personnages s’appellent Octave ou Brigitte. Soit, Sylvie Verheyde a choisi Peter Doherty pour interpréter le héros de Musset. Soit, elle décide que c’est l’acteur contemporain le plus à-même d’incarner cet Octave, tourmenté par la passion. Soit, elle veut par là-même nous faire comprendre que l’époque dans laquelle se passe son récit a beaucoup de similitudes avec l’époque actuelle. Mais alors pourquoi ne pas choisir de délocaliser son roman, quitte à le trahir et prendre d’autres personnages dans d’autres lieux ? Cette absence de prise de position, combinée à un usage très rigide des décors et des costumes, nuit fondamentalement à l’histoire qui nous est racontée.

A un dîner, Octave s’aperçoit que sa maîtresse Elise badine avec un autre homme et ne fait quasiment pas d’effort pour le cacher. Il décide donc de rompre brutalement, bien qu’elle lui promette que ce n’était rien de sérieux. Il tombe alors dans une mélancolie profonde, s’enfermant chez lui et ne voyant plus personne. Seul son ami Desgenais est autorisé à lui rendre visite, et il ne cesse de l’enjoindre à prendre les choses de façon plus légère. Il lui conseille de sortir, de rencontrer des filles, de boire et de faire la fête. Conseils que suit Octave, qui se livre alors à la débauche la plus parfaite. Le tout Paris voit alors un libertin qui passe de femme en femme et de soirée en soirée. La mort de son père le coupe cependant dans son élan et il se voit obligé d’aller à la campagne pour ses funérailles.

Le début de Confession d’un enfant du siècle arrive assez bien à dépeindre l’état d’esprit de l’époque et du roman dont lequel le film est tiré. Le Mal du Siècle dont nous parle Alfred de Musset, c’est une profonde mélancolie dont souffrent des jeunes hommes désœuvrés qui n’ont plus de repères. La France vient tout juste de vivre une révolution et un empire, durant lesquels les hommes sont partis à la guerre. Le pays vit une Restauration et la jeunesse s’ennuie. C’est là que les auteurs romantiques puiseront toute leur source d’inspiration et épancheront leurs petits cœurs sensibles. Voilà ce que raconte en partie le roman de Musset, et c’est passionnant. Seulement le film de Sylvie Verheyde ne parvient jamais à mettre en images le lyrisme contenu dans l’œuvre originale.

Ce dont manque Confession d’un enfant du siècle c’est d’une mise en scène qui tienne la route. On a à chaque plan envie de dire à la réalisatrice de se calmer et d’arrêter de faire bouger sa caméra inutilement. Les scènes se suivent et se ressemblent, ressassant toujours la même histoire qui finit par nous ennuyer. Si au moins elle pouvait s’appuyer sur un casting qui fonctionne mais non, ou alors c’est la direction d’acteur qui pêche sérieusement. Peter Doherty affiche toujours la même mine sinistre, sans aucune étincelle dans le regard, et Charlotte Gainsbourg s’avère inexistante comme on ne l’avait pas vue depuis longtemps. Quelques rares scènes viennent rallumer une flamme vacillante, en particulier à la fin du film où la réalisatrice semble se rappeler qu’elle peut également utiliser la musique, et la bande son est d’ailleurs particulièrement réussie. Mais ça ne fait pas un bon film, et au final la déception pointe sérieusement le bout de son nez.

Ma note : *

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