Partager l'article ! Cosmopolis (2012) David Cronenberg: Fiche technique Film canadien Date de sortie : 25 mai 2012 Genre : crise financière Dur ...

Fiche technique
Film canadien
Date de sortie : 25 mai 2012
Genre : crise financière
Durée : 1h48
Scénario : David Cronenberg, d’après l’œuvre de Don DeLillo
Image : Peter Suschitzky
Musique : Howard Shore
Avec Robert Pattinson (Eric Packer), Juliette Binoche (Didi Fancher), Mathieu Amalric (André Petrescu), Sarah Gadon (Elise
Shifrin), Paul Giamatti (Benno Levin), Samantha Morton (Vija Kinsky)…
Synopsis : Dans un New York en ébullition, l'ère du
capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer
n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. (allocine)
Mon avis : Chronique de la fin du
capitalisme
L’Œuvre dont a été tirée Cosmopolis est un roman de Don DeLillo publié en 2003. L’auteur lui-même
avait conscience que cette adaptation était périlleuse, il la disait même impossible : il faut dire que la majorité de l’action se passe dans une limousine, on a vu plus ciné génique. C’est le
célèbre auteur Paulo Branco qui décide de demander à David Cronenberg de lire le roman et d’en réaliser l’adaptation, fait assez rare pour être souligné puisque le cinéaste
canadien ne fait quasiment jamais de film de commande. Mais il a lu rapidement le livre et s’est finalement décidé à l’adapter. Après le refus de Colin Farrell, il choisit Robert
Pattinson pour incarner le rôle principal, un choix risqué quand on connait sa réputation d’acteur à minettes. Mais le choix s’avère payant puisque le film s’est retrouvé en compétition à
Cannes, sans décrocher de prix toutefois.
Un homme patiente devant Wall Street. Il explique à son chauffeur qu'il a besoin de se faire couper les cheveux. Son chauffeur
lui dit que c'est trop dangereux : le président des Etats-Unis est en ville et un danger imminent menace. Dans la limousine, l'homme discute avec son associé. On comprend qu’il a spéculé sur le
yuan et que l’opération s’avère dangereuse. A la tête d’un empire de la nouvelle économie, il est sur le point d’être ruiné. Ailleurs, le monde capitaliste est en train de trembler : des
contestataires emplissent les rues et le directeur du Fonds Monétaire International s’est fait énucléer sur un plateau de télévision. Ce qui n’empêche pas notre homme de continuer sa petite
existence. Il croise sa femme fraîchement épousée et on apprend au cours de la conversation qu’ils ne font pas souvent l’amour.
Ce que nous raconte Cosmopolis c’est tout bonnement la fin d’un monde, celui du capitalisme financier et
boursier. Ce qui est d’ailleurs visionnaire de la part de Don DeLillo puisqu’il a écrit son roman avant la crise de 2008. Alors certes nous n’en sommes pas au chaos décrit dans le film
mais un système vacille tout de même. Cronenberg nous le raconte à travers la trajectoire de ce jeune magnat qui fait plusieurs rencontres dans sa limousine : ses associés, son épouse,
sa maîtresse, son gourou… Ils devisent d’une manière souvent absconse et au fur et à mesure que la journée passe la chute du héros devient de plus en plus prégnante, tout comme sa certitude que
l’on veut le tuer. Ce passage final est d’ailleurs beaucoup trop long, comme nombreuses des scènes du film, et il n’apporte finalement pas grand-chose.
Le problème de Cosmopolis c’est que sur le papier on est tous d’accord mais que ça ne donne pas un objet
cinématographique très captivant. La mise en scène est totalement maîtrisée mais le flot de paroles qui est débité, malgré un humour au second degré absolument délicieux, finit par nous agacer
plus que nous intéresser. Ce personnage interprété par un Robert Pattinson qui n’est pas vraiment convaincant nous est indifférent et sa trajectoire ne nous passionne pas. Nombre de
spectateurs quittent d’ailleurs la salle en pleine séance tandis que le film déroule tranquillement, scène après scène, son discours sur la fin d’un monde. Alors on voit bien ce que veut raconter
Cronenberg avec ces manifestants à l’extérieur tandis que le héros est dans sa bulle, parmi eux et pourtant à des lieues de leurs préoccupations. C’est donc une analyse clinique de la
société contemporaine, dématérialisée, dont la mécanique finit par lasser.
Ma note : **
A noter l'avis beaucoup plus enthouasiaste de Phil Siné
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