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Cruising (1980) William Friedkin

par Neil 26 Octobre 2013, 05:50 1980's

CruisingFiche technique
Film américain
Date de sortie : 24 septembre 1980
Durée : 1h42
Genre : thriller cuir
Scénario : William Friedkin, d'après l’œuvre de Gerald Walker
Image : James A. Contner
Musique : Jack Nitzsche
Avec Al Pacino (Steve Burns), Paul Sorvino (Capitaine Edelson), Karen Allen (Nancy), Richard Cox (Stuart Richards), Powers Boothe (le vendeur de foulards), Ed O'Neill (Schreiber)...

Résumé
: plusieurs crimes sont perpétrés à New-York sur des homosexuels adeptes de pratiques sadomasochistes. Steve Burns, un jeune policier qui possède les caractéristiques physiques des victimes, est chargé de l'enquête et doit, pour ce faire, infiltrer le milieu gay de Greenwich Village. Comme il ambitionne de devenir enquêteur, Steve, voyant la possibilité d'une rapide promotion, accepte, en dépit du danger qu'il encourt.

Mon avis
: violente est la nuit

C'est un roman de Gerald Walker que William Friedkin eut envie d'adapter avec Cruising. Pour la petite histoire, Brian De Palma avait un temps envisagé le projet, avant de se rabattre sur Pulsions, où il réutilise certaines des idées qu'il avaient eu pour ce projet. Pour le rôle principal de ce flic qui infiltre le milieu gay SM, William Friedkin choisit Al Pacino, qui l'accepte à la surprise de beaucoup, lui qui sort des deux premiers épisodes du Parrain, et qui, soit dit en passant, tournera trois ans plus tard avec un certain Brian de Palma pour Scarface. Par son sujet, le film sera très critiqué, et ce dès son tournage, en particulier dans la communauté homosexuelle, qui ne veut pas être stigmatisée. Il sera ainsi très mal reçu, ce qui peut paraître a posteriori étonnant, tellement le milieu qu'il dépeint est certes marginal mais le regard du cinéaste est plutôt neutre à son égard.

Un bras est découvert dans l'océan. À la morgue, le médecin légiste tente en vain de convaincre le lieutenant de mener l'enquête mais celui-ci se montre réticent, arguant qu'il a d'autres chats à fouetter. Plus tard, une patrouille de nuit accoste deux prostitués et les embarque dans leur voiture, forçant l'un d'eux à faire une fellation. Dans le bar d'à côté, plusieurs hommes dansent, habillés de cuir et visiblement adeptes du sadomasochisme. Deux d'entre eux se draguent et finissent dans une chambre d'hôtel. Au terme d'une séance de baise, le premier attache son partenaire et commence à le menacer, à la grande surprise de ce dernier. Il sort alors subitement un couteau et le poignarde violemment à plusieurs reprises. La police retrouve le cadavre mutilé le lendemain matin.

On ressort de Cruising un peu hagard, la gorge nouée et l'esprit pas vraiment tranquille. De façon crescendo, William Friedkin met en place dans son film une atmosphère étouffante qui ne vous quitte pas de sitôt. Grâce à une mise en scène au cordeau, il parvient à instaurer une ambiance inquiétante digne des plus grands thrillers. Le spectateur ressent ce qu'il attendait exactement en allant voir le film, ce sentiment où le cœur se met à palpiter jusqu'au dénouement, forcément jubilatoire. Et c'est quand on croit que tout est terminé que la scène finale vient nous glacer les sangs. Fidèle à son talent, qu'il renouvelle à chacun de ses films, de L'exorciste qu'il a sorti sept ans plus tôt à La nurse qui viendra dix ans plus tard, le réalisateur signe ici de la belle ouvrage, comme on dit.

Et puis Cruising, c'est il faut le dire également un témoignage important sur l'époque. Loin de stigmatiser une communauté, comme certains auraient pu le craindre, William Friedkin filme simplement des hommes qui s'adonnent à des pratiques certes peu habituelles mais sans jugement aucun. Ce qui l'intéresse, c'est la matière de son long-métrage, le contexte n'étant presque qu'un prétexte (alors même que le sujet du sadomasochisme est, paradoxalement, central) pour mener son palpitant thriller. De quasiment tous les plans, Al Pacino livre une interprétation sidérante, il se donne à 100 % dans son personnage, que l'on sent prêt à basculer d'un moment à l'autre vers la folie, tandis que l'intrigue tisse son fil petit à petit. Le film est pour lui un écrin, qui figure en bonne place dans sa filmographie impressionnante.

Ma note : ****

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commentaires

Ygor Parizel 21/06/2014 12:51

Une claque comme à chaque fois avec Friedkin. Glauque à mort

neil 21/06/2014 13:15

Je me rends compte que je connais finalement assez peu Friedkin, mais les films de lui que j'ai pu voir sont très bons.

cruise 27/02/2014 12:44


La période 75 à 83 depuis Un après-midi de chien jusqu'à Scarface, c'est la période de Pacino que je préfère, et ce qu'on peut dire c'est que quand il rentre dans un personnage à l'instar de
celui de Steve Burns, il ne fait pas dans la demi-mesure.

Neil 03/03/2014 13:43



Effectivement il est assez impressionnant dans le film.



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