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Cul-de-sac (1966) Roman Polanski

par Neil 16 Septembre 2013, 05:15 1960's

Cul_Sac.jpgFiche technique
Film britannique
Date de sortie : novembre 1966
Durée : 1h48
Genre : otages bienveillants
Scénario : Gérard Brach
Image : Gilbert Taylor
Musique : Christopher Komeda

Avec Donald Pleasence (George), Françoise Dorléac (Teresa), Lionel Stander (Richard), Renee Houston (La mère de Christopher), Jack MacGowran (Albert), Jacqueline Bisset (Jacqueline)..

Résumé
: George et Teresa forment un couple de petits bourgeois : lui est un homme d'âge mûr, extravagant et efféminé, Elle, beaucoup plus jeune, est sensuelle et mystérieuse, Ils vivent sur une île, à l'écart des autres habitants, L'arrivée de deux gangsters en cavale va bouleverser leur existence,

Mon avis
: en attendant Godot, teinté de Nouvelle Vague

Le tournage de Cul-de-sac a été mouvementé. Pour son troisième film, Roman Polanski travaille une fois de plus avec Gérard Brach en Grande-Bretagne. Sortant de Répulsion, il choisit à la dernière minute son actrice principale, Françoise Dorléac, qui frôlera la mort, manquant de se noyer dans une eau glacé. Le réalisateur confirme son caractère difficile tandis que ses acteurs, en particulier Lionel Stander, se montre réticent et acariâtre, à l'image du personnage qu'il incarne. Les conditions climatiques n'arrangent rien et certaines scènes doivent être tournées dans l'urgence, l'équipe étant pressée par les exigences des producteurs. Le film ne sera pas bien reçu par la presse américaine, le trouvant un peu trop avant-gardiste à l'heure goût. Il faut dire qu'il est un mélange des genres peu habituel.

Deux gangsters se trouvent coincés dans leur voiture en panne sur la côte anglaise du Northumberland. L'un d'entre-eux étant blessé, c'est le deuxième, Richard, qui se voit contraint d'explorer les environs pour trouver de l'aide. Sur une plage près d'un château isolé, il voit deux jeunes gens batifoler. Il s'approche de l'ancienne demeure et la croit abandonnée avant que le couple ne vienne sur la terrasse. Il se cache alors dans le poulailler en attendant et observe ce qui se passe. Trois personnes arrivent alors, dont les parents du jeune homme qui l'appellent pour partir. La jeune femme, Teresa, rejoint alors le troisième larron, qui n'est autre que son mari George, propriétaire des lieux. Ils se chamaillent pour savoir ce qu'ils vont manger puis Teresa se moque de George, le faisant enfiler une chemise de nuit et le maquillant.

Dans sa forme, Cul-de-sac ne s'inscrit pas dans un genre bien déféini. Il emprunte au film noir pour l'un de ses personnages principaux, un dur cuire qui ne dépareillerait pas dans un film américain de mafia. Il possède également un humour décalé, tellement british, mélangé à des scènes dont l’absurdité fait penser au théâtre d'un Beckett. L'intrigue générale, où les personnages ne font qu'attendre un homme qui ne viendra jamais, semble d'ailleurs faire écho à un En attendant Godot revisité. La liberté de ton a l'air d'être le maître-mot de ce long-métrage très en vogue avec son époque. Réalisateur assez jeune, tournage en extérieur et genres revisités : la Nouvelle-Vague n'est pas bien loin. La liberté de ton est également à l'honneur, à travers les dialogues et la remise en cause de l'ordre établi.

Les deux personnages principaux de Cul-de-sac sont en effet un couple de bourgeois archétypaux, dont le mari, plus âgé, est trompé par son épouse dès le début du film. Il se retrouve ainsi de façon métaphorique dans le même cul-de-sac que celui que découvre le gangster en arrivant au château. Roman Polanski égratigne le modèle des années 1960, croquant également une famille de soi-disant amis qui vont bien vite être remis à leur place. Au niveau du casting, l'harmonie est par contre présente, en tout cas à l'écran, et chacun campe très bien son personnage. Françoise Dorléac rayonne tandis que Donald Pleasence montre une fois de plus une facette de son talent. Dans ce « huis-clos en extérieur », aux allures mineures, Roman Polanski parvient toutefois à nous mitonner une mise en scène élaborée et efficace.

Ma note : ***

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