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Dark horse (2012) Todd Solondz

par Neil 26 Juillet 2012, 05:41 Avant-Première

Dark_Horse.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 29 août 2012
Genre : solitude contemporaine
Durée : 1h24
Scénario : Todd Solondz
Image : Andrij Parekh
Avec Jordan Gelber (Abe), Selma Blair (Miranda), Christopher Walken (Jackie), Mia Farrow (Phyllis), Justin Bartha (Richard), Donna Murphy (Marie)…

Synopsis : Abe, la trentaine, s'accroche à son adolescence. Il vit toujours chez ses parents, travaille pour son père et passe ses soirées à jouer avec sa mère au backgammon. Lorsqu'Abe rencontre Miranda, trentenaire déprimée revenue vivre chez ses parents, il entrevoit la possibilité d'une grande histoire d'amour et parvient à la convaincre de l'épouser. (allocine)

Mon avis : I’m a loser baby, so why don’t you kill me…

Finalement, Dark horse n’est que le sixième long-métrage réalisé par Todd Solondz, en seize années de carrière. Ce n’est pas tant que ça : l’artiste aime prendre son temps entre deux œuvres. Il construit une filmographie à la marge des studios américains, ce qui n’était pas gagné au début de sa carrière. C’est Sundance, puis Deauville qui vont lancer sa notoriété en 1995, avec Bienvenue dans l’âge ingrat. Le propos est dépressif et corrosif, à l’image du réalisateur. Il fallait le voir présenter son dernier opus au festival Paris Cinéma : il a dû prononcer au plus cinq phrases, toutes aussi courtes les unes que les autres, et qui dénotaient un second degré perturbant pour son interlocuteur. Le traducteur de son film, qui était censé l’interviewer, en était d’ailleurs tout perturbé. Ah, les artistes…

A un mariage, tout le monde est sur la piste de danse sauf Abe et Miranda. Assis à leur table, ils n'osent pas se parler jusqu'à ce que Abe tente une approche. Il se fait rembarrer mais parvient tout de même à récupérer le téléphone de Miranda avant de partir. Quand il rentre chez lui, sa mère lui demande comment s'est passée la soirée mais il file dans sa chambre. Le lendemain, il va au travail où il retrouve son père qui lui demande s'il a terminé le travail qu'il lui a demandé. Abe opine du chef mais il n'a pas l'esprit au travail : il ne veut qu'appeler Miranda. La gentille secrétaire, Marie, essaye de venir en aide à Abe et lui propose de faire son travail, mais ce geste le vexe. Rentré chez lui le soir, il joue avec sa mère au backgammon et s’éclipse en pleine partie pour appeler Miranda.

C'est peut-être difficile à croire, mais Dark horse est sans doute le plus triste des films de Todd Solondz. Pourtant le réalisateur de Happiness est loin d'être un gai luron, mais ses films contiennent toujours un redoutable humour au second degré. C'est également le cas du dernier, tout du moins lors de certaines scènes savoureuses bourrées de répliques très bien senties. Solondz prouve également qu'il est un peintre acerbe de l'univers des déclassés, ces antihéros qui mènent une vie pathétique. Il l'a d'ailleurs toujours été mais quand il réalise Bienvenue dans l’âge ingrat ou bien Happiness au milieu des années 1990, il est quasiment le seul à traiter de ces sujets. Aujourd'hui de nombreux cinéastes se sont lancés dans la brèche et le propos semble émoussé.

Le début de Dark horse est pourtant réjouissant. En grande partie grâce à ses interprètes, Todd Solondz parvient à nous entraîner dans cet univers sinistre d'une façon à la fois drôle et touchante. Que ce soient les premiers rôles (Jordan Gelber et Selma Blair, couple improbable et pourtant crédible) ou encore plus les seconds (les magnifiques Mia Farrow et Christopher Walken par exemple), ils forment une alchimie à l’écran qui rend l’ensemble tout à fait cohérent. Malheureusement, à partir d’un certain moment les dialogues perdent de leur humour et le propos devient sérieux. On bascule dans un film triste et amer, qui ne réussit pas à décoller. Seuls les moments de pure fantaisie, où le personnage principal s’invente des dialogues imaginaires, arrivent à nous faire décrocher des sourires. Le reste manque un peu de substance et on regrette le côté corrosif des premiers films de Todd Solondz.

Ma note : **

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commentaires

Jérémy 30/08/2012 21:27


Dommage, le film a l'air plus enthousiasmant que morose. Je pense quand même aller faire mon opinion !

Neil 04/09/2012 10:17



Le film n'a pas l'air de galvaniser les foules d'ailleurs....



Sophie 15/08/2012 15:22


Dommage que ça ne soit pas complètement réussi, mais je me laisserai peut-être tenter quand même...


J'aime beaucoup l'univers de Todd Solondz, même s'il ne respire pas franchement la joie de vivre, il faut bien l'avouer!


Merci Neil en tout cas pour cette critique en avant-première!

Neil 19/08/2012 17:15



De rien Sophie, j'aime également les films de Solondz en général, et celui-ci est sympathique malgré tout.



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