Partager l'article ! De rouille et d’os (2012) Jacques Audiard: Fiche technique Film français Date de sortie : 17 mai 2012 Genre : déclassés de ...

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 17 mai 2012
Genre : déclassés de la vie
Durée : 1h55
Scénario : Thomas Bidegain, d’après l’œuvre de Craig Davidson
Image : Stéphane Fontaine
Musique : Alexandre Desplat
Avec Matthias Schoenaerts (Ali), Marion Cotillard (Stéphanie), Corinne Masiero (Anna), Bouli Lanners (Martial), Céline Salette
(Louise), Armand Verdure (Sam)…
Synopsis : Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras.
C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui
de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. (allocine)
Mon avis : Quelques moments de grâce dans un film
bancal
Pour De rouille et d’os, Jacques Audiard a décidé d’adapter très librement un recueil de nouvelles
écrites par l’auteur américain Craig Davidson. Reprenant quelques éléments du livre de l’écrivain controversé, il décide de créer les deux personnages de son film et de bâtir un scénario
autour d’eux. Le réalisateur français confirme donc film après film son attirance pour la forme écrite. Il a également adapté deux autres romans dans Regarde les hommes tomber et
Un héros très discret, et il a longtemps travaillé, de façon fructueuse, avec Tonino Benacquista, s’entourant régulièrement de scénaristes qui l’assistent dans
l’écriture de ses scénarii. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de le ressentir en regardant ses films, et c’est souvent réussi bien que périlleux.
Traversant toute la France en train avec son fils, Ali n’a plus rien. Il est contraint de récupérer ça et là quelques
nourriture avant de retrouver sa sœur Anna, habitant Antibes et qu’il n’a pas vu depuis cinq ans. Elle est caissière et n’a pas beaucoup de moyens, il décide de se relancer et trouve grâce à elle
un boulot de videur dans une boîte de nuit. Un soir une bagarre éclate et Ali intervient : il écarte un mec qui vient de frapper une cliente, Stéphanie. Blessée, elle accepte qu’il la ramène chez
elle et il lui demande s’il peut monter pour mettre sa main endolorie dans de la glace. Elle accepte à contrecœur car elle vit avec son compagnon, avec qui elle s’égueule en arrivant tandis
qu’Ali apaise son ecchymose. Avant de partir il lui laisse son numéro de téléphone sous le regard courroucé du petit ami.
Le personnage principal de De rouille et d’os est profondément antipathique. C’est-ce qui fait à la fois la
force et la faiblesse du film : le scénario ne cède pas à la facilité en lui trouvant des excuses pour ses multiples maladresses mais en même temps le spectateur a du mal à éprouver de l’empathie
envers un homme si difficile à cerner. Car c’est bien lui, Ali, interprété par un Matthias Schoenaerts impeccable, le personnage principal du film. On pense à tort que Stéphanie est la
pièce maîtresse de cette histoire, et la force de ce qu’elle endure durant la première heure du film a de quoi nous emporter. Puis le récit éclaté, un peu trop lourd quand il alterne les scènes
d’un personnage puis de l’autre, fusionne maladroitement et on tente d’appréhender la trajectoire de ce couple improbable sur la papier. Une mécanique un peu facile mais qui fonctionne à de
nombreuses reprises.
Et plusieurs scènes de De rouille et d’os ont une grâce qui nous fait frissonner, comme cette séquence
magnifique où Marion Cotillard simule avec un orque les gestes qu’elle faisait machinalement dans son métier. Ce quoi est dommage c’est que la scène d’avant, inutile répétition, s’en
trouve du coup fortement amoindrie et devient presque obsolète. Les qualités du film sont pourtant bien présente : la lumière est magnifique, la musique délicatement instillée. Jacques
Audiard maîtrise parfaitement sa mise en scène et sait s’entourer de techniciens très adroits. Son casting est également très solide, les seconds rôles arrivant à se tailler une place de
choix autour de ce couple charismatique. Seulement au final on reste un peu sur sa faim, malgré une fin (sans jeu de mot aucun) franchement bouleversante. On est conscient d’avoir regardé un film
réussi, mais sans plus.
Ma note : ***
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