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Deep end (1970) Jerry Skolimowski

par Neil 26 Juillet 2011, 05:29 1970's

Deep_End.jpg
Fiche technique
Film ouest-allemand
Date de sortie : décembre 1971
Genre : premiers émois
Durée : 1h30
Scénario : Jerry Skolimowski
Image : Charly Steinberger
Musique : Cat Stevens
Avec John Moulder-Brown (Mike), Jane Asher (Susan), Karl Michael Vogler (Le professeur de sport), Christopher Sandford (Chris), Diana Dors (une cliente)…

Synopsis : Mike vient de sortir du collège et trouve un emploi dans un établissement de bains londonien. Susan, son homologue féminin, arrondit ses fins de mois en proposant ses charmes à la clientèle masculine. Amoureux jaloux de la jeune femme, Mike devient encombrant. (allocine)

Mon avis : Education sentimentale dans le swinging london

L‘Angleterre de la fin des années 60 est le cadre où se déroule l‘intrigue de Deep end. D’ailleurs si tant est qu’on puisse établir un lien entre des films aussi différents que celui-ci, Répulsion ou bien Blow up c’est que ces trois films sont réalisés par trois réalisateurs expatriés dans le bouillonnement culturelle londonien de l’époque. Jerry Skolimowski en est alors à son sixième film, qui n’aura pas le succès escompté et qui deviendra par la suite un de ces objets un peu mythiques que s’échangent les cinéphiles. Le relatif succès récent d’Essential Killing permet aujourd’hui de voir ce charmant petit film dans une version restaurée qui met en valeur ses couleurs d’origine.

Sortant tout juste du collège, Mike a 15 ans quand il est engagé dans un établissement de bains à Londres. Sans perdre de temps, sa collègue Susan lui montre les lieux et lui explique vite fait son métier. Mike est tellement stressé et maladroit qu’il tombe dans la piscine et finit la visite en peignoir. Il enchaîne alors avec sa première cliente, une dame d’un certain âge à qui il donne le nécessaire : serviette, savon et shampooing. La cliente en profite pour titiller le charmant jeune homme qui, timide et effrayé, s’enfuit en courant. Susan lui annonce alors qu’il vont être amenés à échanger leurs secteurs en fonction de l’emploi du temps de la jeune fille, apparemment bien réglé.

Portrait en creux de la libération sexuelle de la fin des années 60, Deep end est avant tout un film d‘ambiance. Le sujet principal est l’initiation sensuelle, voire sexuelle, d’un jeune homme empoté mais joli garçon. C’est autour de lui que gravite l’attention de la caméra, et de ses multiples escapades pour conquérir sa belle. Car Mike tombe tout de suite amoureux de la jolie Susan et il ne sait évidemment pas comment s’y prendre pour attirer son attention. Pire, il se rend bien compte que la gourgandine jeune femme se donne facilement à des hommes, souvent contre de l’argent, et que lui n’a pas grand-chose à offrir en échange de son amour. Et c’est en ça que le film est beau, finalement : son héros ne perd jamais son innocence et sa pureté, et même s’il ne s’y prend pas toujours de la bonne façon c’est sa sincérité qui touche Susan.

Cependant, cette petite amourette qui sert d’intrigue à Deep end ne serait pas plus intéressante que ça si elle n‘était le prétexte de nous montrer une capitale en effervescence et ses quartiers pas forcément très chics. On va suivre les personnages dans des clubs pas très clairs et dans des intrigues un peu coquines, témoin d’une époque qui s’affranchissait des règles non seulement artistiques mais également sociales. Baigné d’une belle lumière et surtout de couleurs criardes qui donnent un effet pop surprenant, le film nous emporte dans les affres de cet adolescent aux hormones bouillonnantes et au visage d’ange. Car John Moulder-Brown était sans doute l’acteur idéal pour le rôle : furieusement sexy, le blondinet dégage un air d’innocence qui n’est pas sans rappeler le Tadzio de Visconti (il jouera d’ailleurs le prince Otto dans Ludwig). Assurément, Deep end est donc l’un des films phare d’une époque révolue et absolument passionnante.

Ma note : ***

commentaires

D&D 06/10/2011 17:33



Cool de lire que ce film touche des spectateurs pour des raisons autres que nostalgiques.


Perso, je suis resté plutôt de marbre (n'était la beauté de l'actrice). Vraiment rien contre le film, je me sens pour l'instant totalement étranger à ce que je vois de Skolimowski.


Bref, c'était au moins pour faire un coucou du Portugal :-)



Neil 07/10/2011 18:40



Je n'ai vu que celui-ci de Skolimowski, et il m'a bien plu. En tout cas merci de ce petit passage from Portugal :)



Wilyrah 30/07/2011 00:11



J'ai très envie de le voir ! :)



Neil 31/07/2011 11:28



C'est vraiment un film à découvrir



Thomas Grascoeur 27/07/2011 23:09



C'est vrai que le cinéma londonien de l'époque bouillonne de chef-d'oeuvres, comme tu le soulignes !



Neil 28/07/2011 15:32



Oui, c'était une période assez féconde au niveau artistique.



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