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Detachment (2012) Tony Kaye

par Neil 26 Janvier 2012, 06:24 2010's

Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 1er février 2012
Genre : état des lieux
Durée : 1h37
Scénario : Carl Lund
Image : Beth Melsky
Musique : The Newton Brothers
Avec Adrian Brody (Henry Barthes), Marci Gay Harden (Carol Dearden), James Caan (Charles Seaboldt), Christina Hendricks (Sarah Madison), Lucy Liu (Doris Parker), Blythe Danner (Mme Perkins)…

Synopsis : Henry Barthes est un professeur remplaçant. Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Lui qui s’efforce de toujours prendre ses distances va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement... (allocine)

Mon avis : (très) grosse fatigue

Certains réalisateurs prennent le parti de dénoncer tous les travers et tous les malaises de la société actuelles. C’est un peu le cas avec Tony Kaye, qui tentait d’expliquer avec American history X les origines du racisme et de l’extrémisme aux États-Unis. Il a ensuite réalisé un documentaire sur l’avortement, et le voici avec Detachment prendre à bras le corps la thématique de l’enseignement. Auréolé d’un Prix de la critique internationale au dernier Festival de Deauville, le film met en scène Adrien Brody dans un quartier défavorisé de New-York. Il rejoint la longue liste des films abordant le sujet des relations difficiles que peut entretenir un professeur et son métier, en particulier dans un contexte de misère sociale. Et le réalisateur ne fait pas vraiment dans la demi-mesure.

Accueilli par la proviseur de l’établissement, Henry Barthes s’apprête à remplacer un des professeurs d’anglais. Le lycée où il a la charge d’exercer son métier n’est pas très réputé, au contraire il est souvent considéré comme une voie de garage pour élèves en difficulté. Henry a dès le début du mal à asseoir son autorité, et doit dès le début virer de sa classe un garçon qui ne se gêne pas pour traiter de gouine l’une de ses camarades de classe. Henry a également la charge de s’occuper de son grand-père, un homme hospitalisé qui n’a plus vraiment toute sa tête. Réveillé en pleine nuit par l’agent d’accueil de l’institution, Henry doit parfois se déplacer pour calmer le vieux monsieur. Il ne manque cependant pas de faire remarquer au personnel hospitalier qu’ils feraient mieux de faire correctement leur boulot au lieu de l’appeler systématiquement.

On ne peut pas dire que Detachment fasse dans la dentelle. Tous les personnages du film ont des problèmes, et plutôt dans le genre sérieux. Entre l’élève dépressive victime de harcèlement, le vieil homme en fin de vie atteint d’Alzheimer et la (très) jeune prostituée complètement paumée, il n’y pas vraiment de quoi se réjouir. Et le film de se complaire dans ces situations sordides au possibles, certes réelles, mais qui à la longue font plus l’effet d’un catalogue de la misère humaine.

Les situations clichés s’enchaînent avec parfois des résolutions franchement faciles (confère la racaille qui déclare à la fin du film combien l’enseignement du professeur va lui manquer). Ajoutez à cela une musique omniprésente qui accentue à outrance les effets dramatiques et qui vous indique bien gentiment où il est de bon ton d’être ému et vous aurez une idée de ce qui vous attend. En même temps certains aspects de Detachment ne sont pas mauvais, et il ne faudrait pas non plus jeter le bébé avec l‘eau du bain.. La relation qu’entretient Henry avec la jeune fille qu’il héberge ne manque pas de sensibilité, même si elle est sur de nombreux points téléphonée.

L’interprétation de tous les acteurs et de toutes les actrices mérite également d’être souligné, Detachment mettant en scène certains ou certaines que l’on ne voit plus très souvent à l’écran. Mais on ne peut s’empêcher de sortir de la projection avec à la fois l’estomac noué de tant de violences accumulées et un brin énervé par le traitement opéré par le réalisateur pour marteler son propos. Même sa mise en scène, dans le genre arty ou faiseur de clip (ce qu’il était au début de sa carrière) est lourde et n’apporte pas vraiment de finesse à un film qui en aurait bien besoin.


Ma note : *

Detachment (2012) Tony Kaye
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commentaires

D&D 12/03/2012 13:58


J'avais failli le voir celui-là, parce qu'à l'époque, j'avais eu du plaisir à découvrir American History X, et j'ignore totalement comment je le verrais aujourd'hui. En tout cas pour
Detachement, le sort semble définitivement scellé :-)

Neil 12/03/2012 14:11



J'avoue que je n'ai pas accroché du tout au traitement apporté dans Detachment. Maintenant, d'autres blogueurs ont visiblement apprécié...



Marcozeblog 10/02/2012 15:07


Salut Neil, c'est vrai que le réalisateur "martèle" en y repensant et en lisant la critique d'autres blogueurs. Mais durant la projection, ça ne m'a pas choqué ... En référénce au comm. de
Mymp, c'est plus de la causticité à ce niveau là ...

Neil 10/02/2012 17:20



Le film laisse un goût différent à de nombreux spectateurs, tu n'es pas le seul. Quant à Mymp, c'est justement ça qu'on aime chez lui ^^



bobmorane75 07/02/2012 07:25


Je suis d'accord, c'est rèsn téléphoné, c'est souvent cliché, mais je l'ai pris brut de décofrage sans rien attendre rien de particulier, et du coup malgré tous les défauts, j'ai b
eaucoup aimé.

Neil 09/02/2012 14:53



Bah oui moi j'ai pas réussi à avoir cet état d'esprit. Et plus je repense au film moins je l'apprécie...



Wilyrah 01/02/2012 00:47


Et j'approuve la causticité :)

Neil 01/02/2012 16:59



Celle de mon article ou celle du film ? lol



Wilyrah 01/02/2012 00:46


Oui ça manque de finesse, mais il y a aussi beaucoup de poésie. 

Neil 01/02/2012 16:58



Ah bon, de la poésie ? j'en ai pas vu... :-/



mymp 27/01/2012 09:20


Ah si si, moi je jette le bébé, l'eau du bain et la baignoire, limite je refais la salle de bains où je change de maison ! Mon rejet envers ce film ne s'est toujours pas calmé, c'est même pire je
crois, et je me demande encore comment un tel film si plein de clichés a pu être produit et validé.

Neil 28/01/2012 19:13



Je t'attendais bien là, et c'est agréable dans ce flot de consensus un peu de causticité. :)



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