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Django Unchained (2013) Quentin Tarantino

par Neil 22 Février 2013, 06:43 En salles

Django_Unchained.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 16 janvier 2013
Duré : 2h44
Genre : histoire revisitée
Scénario : Quentin Tarantino
Image : Robert Richardson
Avec Jamie Foxx (Django), Christoph Waltz (Dr. King Schultz), Kerry Washington (Broomhilda), Leonardo DiCaprio (Calvin Candie), Samuel L. Jackson (Stephen), Laura Cayouette (Lara Lee Candie-Fitzwilly)...


Synopsis: Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle. Mais Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves… (allocine)

Mon avis
: quand le cinéma de genre devient du grand art

Le générique de début de Django Unchained est assez révélateur. Tout d’abord apparaît le vieux logo de la Columbia, un truc que les distributeurs utilisent de plus en plus et qui ici donne le ton : nous sommes dans l’hommage. Puis les premières notes résonnent, celles du Django que réalisa  Sergio Corbucci en 1967 ; le ton est donné : Quentin Tarantino nous embarque une fois de plus dans une histoire inspirée de sa cinéphilie. Qu’on ne s’y trompe pas : le réalisateur est un cinéphile averti qui n’hésite pas à piocher dans le cinéma de genre pour ses propres films. La blaxploitation, les films d’horreur, le cinéma de kung-fu, le western, tout y passe. Avec en plus la volonté de réhabiliter le genre, car les films qu’il prend pour modèles ont longtemps été considéré par la critique comme de la série B.

Dans une clairière, un groupe d’esclaves noirs sont enchaînés et conduits par deux négriers. Ils font la rencontre d’un dentiste, le docteur King Schultz, qui les interpelle. Lors d’un long monologue, il demande en particulier si l’un des esclaves viendrait de la plantation où ont travaillé les frères Brittle. Une petite voix s’élève et Schultz se dirige alors vers Django, quand un des deux négriers l’apostrophe. N’appréciant pas se voir ainsi contrarié, Schultz sort son arme et l’abat d’une seule balle, en profitant également pour blesser son collègue, qui tombe et se voit coincé sous son cheval. Schultz achète tout de même de façon régulière Django et le libère, ainsi que tous les autres esclaves à qui il conseille soit de porter l’homme à l’hôpital se trouvant à des kilomètres soit de l’achever par vengeance et de gagner leur liberté.


Les quasi trois heures que durent Django unchained ne se font absolument pas sentir. Bourré de péripéties toutes plus amusantes et divertissantes les unes que les autres, le film a le mérite d’être très bavard mais jamais ennuyeux, comme la plupart des films de Quentin Tarantino. Dans ses films, les digressions hilarantes et jouissives précèdent toujours des déferlements de violence, jamais inutiles, et il se permet même ici lors d’une scène de faire durer un dialogue pour ensuite en quelques coups de feu rapides d’expédier les adversaires. Ce qui est d’ailleurs amusant puisque c’est cette scène où le réalisateur apparaît et se fait zigouiller d’une traite, montrant ainsi l’autodérision dont il peut faire preuve. Ironie dont il fait usage également durant tout le film, se permettant de référencer et de parodier plusieurs classiques du cinéma de façon très ludique.

Ce trait caractérise Django unchained dès le titre de l’œuvre. Quentin Tarantino se plait à faire référence à un des films de Sergio Corbucci qui n’est pas le plus connu, se gardant bien de citer Le grand silence de façon moins explicite lorsqu’il fait errer ses protagonistes dans la neige. Il prend également un malin plaisir à déconstruire le mythe d’Autant en emporte le vent, faisant littéralement exploser une plantation que l’on peut comparer à Tara, et en expédiant de façon tout aussi jouissive un personnage ressemblant à s’y méprendre à la peste de Mélanie Hamilton, incarnée par Olivia de Havilland dans le film de Victor Fleming. Mais tout cela n’est absolument pas fait de façon didactique, l’important est ici de prendre du plaisir. C’est la philosophie qui guide Tarantino depuis ses débuts, qui pense au spectateur avant tout, n’oubliant pas le côté artistique vu la qualité quasi irréprochable de bon nombre de ses plans.


Ma note : ****

Le point de vue un poil plus mitigé de Phil Siné est à consulter ici

commentaires

Film streaming 08/05/2014 20:40

Je suis d'accord sur à peu près tout ce que tu écris là, Lemmy. Mais contrairement à toi, cette "bouillie" m'a amiusé et distrait (enfin, en partie !).

neil 09/05/2014 18:28

Je ne sais pas qui est Lemmy ni où est la bouillie mais le film m'a beaucoup amusé et distrait également.

Marcozeblog 27/02/2013 22:37


Tu as de belles références pour savoir tout ça. Je me suis contenté de me rendre compte que le film semblait être un hommage au genre western spaghetti à la Sergio Leone, surtout dans sa première
partie. A part l'effusion de sang un peu exagérée à la fin, le film est un pur chef d'oeuvre pour moi.

Neil 28/02/2013 23:13



J'ai vu quelques références mais pas toutes. Reste que j'ai également beaucoup aimé le film.



princécranoir 27/02/2013 22:24


Je souscris totalement à cet avis. Tarantino emprunte son titre à Corbucci mais le contenu tient plus de "l'esclave libre". Pour le western dans la neige, "le grand silence" reste dans la veine
spaghetti , mais on peut aussi faire un détour par "la chevauchée des bannis" de De Toth, un must du genre.

Neil 28/02/2013 23:12



Oui le film est assez référencé, mais est totalement jouissif. Du pur plaisir (et je note le nom de ce western, thanx)



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