Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Eastern boys (2014) Robin Campillo

par Neil 31 Mars 2014, 05:57 Avant-Première

Eastern_Boys.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 2 avril 2014
Durée : 2h08
Genre : relation compliquée
Scénario : Robin Campillo
Image : Jeanne Lapoirie
Musique : Arnaud Rebotini
Avec Olivier Rabourdin (Daniel), Kirill Emelyanov (Marek), Edea Darcque (Chelsea), Daniil Vorobjev (Boss), Bislan Yakhiaev (Bislan), Camila Chanirova (Camila)...


Résumé
: Daniel aborde Marek dans une gare parisienne où ce dernier traîne avec sa bande. Il lui propose de le retrouver chez lui le jour suivant. Mais lorsque Daniel ouvre la porte de son appartement le lendemain, il est loin d'imaginer le piège dans lequel il s'apprête à tomber et qui va bouleverser sa vie.

Mon avis
: homme célibataire d'âge mûr rencontre jeune homme venant de l'est

En septembre 2013, Eastern boys remporte le prix du meilleur film de la Mostra de Venise, dans la catégorie « Horizons ». Cette compétition parallèle a été créée en 1988 afin de donner, dixit ses créateurs, un écho plus large à des nouvelles tendances qui pourraient émerger dans l'art cinématographique. Son réalisateur n'est autre que Robin Campillo, qui a travaillé avec Laurent Cantet pour le scénario de quelques-uns de ses films, dont Entre les murs et Vers le sud. Celui-ci fait écho à ce deuxième film, le premier étant Les revenants, dans sa volonté de décrire deux personnages d'un certain âge qui n'hésitent pas à assumer leur attirance vers des jeunes gens. La différence étant qu'ici le caractère homosexuel de la relation est primordiale, Campillo ne cachant nullement son orientation sexuelle, d'autant plus en ces périodes d'actualité chargée.

Une bande de jeunes se retrouvent devant la gare du Nord, à Paris. Ils ont l'air de traîner là, évitant la police, et Daniel remarque leur petit manège. Il les suit jusqu'au fast food où il capte l'attention de l'un d'entre eux. Il le suit e parvient à le retrouver seul à seul, commençant alors à le draguer. Ils s'échangent leur prénom et le jeune Marek lui demande s'ils peuvent aller chez lui. Daniel répond que ça ne l'arrange pas aujourd'hui et préférerait qu'ils se voient chez Marek. Celui-ci ne veut pas et insiste pour aller chez Daniel. Ils finissent par s'y donner rendez-vous le lendemain à 18h et conviennent d'un tarif. Daniel donne son adresse et ils se quittent. Le lendemain, Daniel se prépare dans son grand appartement moderne quand l'interphone sonne et qu'une voix de l'est lui demande d'ouvrir la porte.

Deux spectateurs ont quitté la salle lors de la projection d'Eastern boys, ce qui peut paraître à la fois étonnant et symptomatique. Étonnant car le film n'a rien de provocateur dans sa facture : sa narration est linéaire, aucune violence ostentatoire n'est présentée et l'histoire, si elle n'est pas débordante de rebondissements, possède tout de même en elle une tension palpable qui attire nettement l'attention. Le fait est cependant d'autant plus symptomatique que les lâcheurs sont partis au moment où la relation homosexuelle battait son plein, non pas en terme d'images indécentes mais dans les questionnements de ses protagonistes. Car le film n'est pas, tout du moins de façon flagrante, étiqueté gay : aussi est-on en droit de se poser comme question pourquoi le fait même de faire porter des questionnements LGBT dans un film d'auteur dit « classique », qui traite de beaucoup d'autres sujets, peut choquer ou même si simplement il peut intéresser un large public.

Car Eastern boys est avant tout un instantané de la société française contemporaine. À l'image d'un Chaos, qui a comme point commun le sujet de la prostitution, le film nous dresse un portrait saisissant de personnages parisiens un peu à la marge. Qui plus est la ville est au cœur de l'intrigue, que ce soit au début du film, où la gare du Nord sert de lieu d'errance et de rencontre, que la proche périphérie, finalement rarement dépeinte au cinéma, ou la banlieue plus lointaine, avec cet hôtel de passage qui nous renvoie à l’image de cette sinistre batisse dans le film de Coline Serreau. Entre les deux se tissent des liens compliqués, mais qui ne manquent pourtant pas de grâce, entre cet homme dont on ne sait presque rien et ce jeune homme au visage à la fois angélique et diabolique. C'est au final une tension permanente qui tient ce film à l'intrigue peu banale, qui nous surprend de scène en scène et dont le propos, particulièrement à la fin, mérite largement notre intérêt.


Ma note : ***

commentaires

pierreAfeu 06/04/2014 15:51


Une belle surprise ! Le film n'est malheureusement pas très bien distribué, comme souvent.

Neil 08/04/2014 20:55



Oui, j'imagine, et c'est dommage car le film vaut vraiment le coup.



Haut de page